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Le processeur reconfigurable de STMicro

STMicroelectronics vient de produire le premier prototype du processeur reconfigurable, Morpheus, issue du programme de recherche du même nom.

Image 1 : Le processeur reconfigurable de STMicroMorpheus

Morpheus intègre 97 millions de transistors et consomme 1 W. La particularité de son architecture vient de son jeu d’instruction reconfigurable et des unités programmables. Ainsi, la puce peut être reprogrammée suivant l’application que l’on compte en faire, ce qui permet de l’intégrer dans de nombreux appareils et l’utiliser dans de nombreuses situations. Le prototype vise ainsi l’édition vidéo, les routeurs, des systèmes de sécurité et de défense, bref du multimédia, de la communication et de la robotique.

La puce passe-partout

Morpheus est parti d’un constat simple : l’informatique est partout et de la machine à laver au lecteur Blu-ray, on trouve des systèmes embarqués. Néanmoins, au lieu de développer une puce différente pour chaque application, Morpheus permet aux fabricants de profiter d’une seule et même architecture qui s’adaptera aux conditions d’utilisation.

Ce projet est européen et inclut des acteurs comme Thales, Thomson, Alcatel-Lucent et Intracom. Le projet Morpheus n’en est qu’à ses débuts, ce qui explique que la puce fut gravée en 90 nm et qu’elle ne monte pas bien haut en fréquence. On est encore loin de la commercialisation et on s’attend à ce que le projet murisse avant que des puces soient mises sur le marché. Il faudra aussi sortir un compilateur adéquat. Il faut dire qu’une telle puce est plus difficile à programmer, mais le groupe de recherche a déjà conçu des outils visant à résoudre ce problème.

Portée importante

L’idée de processeur configurable n’est pas nouvelle. Nos GPU ont des unités programmables qui permettent aux développeurs d’écrire des programmes spécialisés afin de manipuler des vertex et pixels. Intel parle déjà de son processeur terascale intégrant 80 cores programmables. Néanmoins, le projet Morpheus vise les systèmes embarqués et s’il est trop tôt pour se faire un avis, il a une portée théorique beaucoup plus importante que les GPU ou CPU. Son succès dépendera néanmoins de ses performances et son pragmatisme en situations réelles.