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Le VDSL2 : 100 Mbit/s, pour qui ?

1 : Le VDSL2 en théorie 3 : Questions/Réponses 4 : Le VDSL2 nuira-t-il à la fibre ?

En pratique en France

Après ce tour d’horizon des capacités théoriques de la norme, voyons ce qu’il sera en pratique. Les opérateurs, tels OVH ou Free, communiquent volontiers sur les 100 Mbit/s maximum, mais la vérité est qu’ils seront rarement atteints.

L’ARCEP se montre beaucoup plus prudente. Selon elle, compte tenu des difficultés techniques, « le débit réel maximum observé sur le territoire devrait se situer autour de 50 Mbit/s (débit descendant) pour les lignes les plus courtes ». L’atténuation en fonction de la longueur de la ligne n’est en effet pas le seul obstacle sur le trajet du VDSL2.

L’un des principaux problèmes est la sensibilité du VDSL2 aux perturbations électromagnétiques, encore plus forte que celle de l’ADSL2 qui utilise des fréquences plus basses. Les équipements installés chez l’abonné ou sur le trajet de la ligne (ascenseurs notamment), la qualité du câblage du domicile, la qualité des filtres auront une influence tangible sur les débits réels. 

Image 1 : Le VDSL2 : 100 Mbit/s, pour qui ?
Pire, en quittant le domicile des particuliers, les lignes téléphoniques sont regroupées sous la forme de torons, où elles sont enroulées les unes sur les autres. Or les câbles téléphoniques sont mal blindés. D’un foyer à l’autre, les résultats ne seront donc pas identiques.

Pour limiter les problèmes, l’ARCEP n’a autorisé les opérateurs à exploiter le VDSL2 que sur des lignes en distribution directe, c’est-à-dire reliant directement l’abonné au noeud de raccordement (NRA) sans passer par un sous-répartiteur. 

Image 2 : Le VDSL2 : 100 Mbit/s, pour qui ?

Cette décision, cumulée à la faible portée du VDSL limite le nombre de logements éligibles. Selon les calculs de l’ARCEP, environ 7 millions de logements pourront bénéficier du VDSL2 à l’automne. Toutefois, parmi ceux-ci, seuls 5 millions sont raccordés par des lignes suffisamment courtes pour constater une réelle augmentation du débit. Et seulement 2 millions d’abonnés pourront profiter d’un débit supérieur à 30 Mbit/s !

Image 3 : Le VDSL2 : 100 Mbit/s, pour qui ?

En outre, toutes les box ne sont pas compatibles VDSL2. Chez Orange, il vous faudra la dernière Livebox Play, chez Free, une Freebox Revolution, chez Bouygues une Bbox Sensation. SFR a prévu une version spécifique de sa Neufbox Evolution.

Malgré tous ces prérequis, le VDSL2 est capable de tenir ses promesses. Depuis la fin mai, les opérateurs ont lancé un déploiement pilote à l’échelle de deux départements, la Dordogne et la Gironde. Les premiers retours d’utilisateurs sont positifs : quelques Freenautes ont constaté des débits réels de 100 Mbit/s environ dans le sens descendant (et environ 20 Mbit/s dans le sens montant). OVH a montré des résultats similaires : 100 Mbit/s en descendants et 30 Mbit/s montants. Ces débits étaient atteints sur des lignes très courtes toutefois (environ 250 m) et ne représentent donc pas la situation de la majorité des clients éligibles.

Sommaire :

  1. Le VDSL2 en théorie
  2. En pratique en France
  3. Questions/Réponses
  4. Le VDSL2 nuira-t-il à la fibre ?