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Le VDSL2 : 100 Mbit/s, pour qui ?

1 : Le VDSL2 en théorie 2 : En pratique en France 3 : Questions/Réponses

Le VDSL2 nuira-t-il à la fibre ?

Le VDSL2 apparaît comme une excellente solution permettant d’amener le très haut débit à moindre coût dans une partie – certes restreinte – du territoire, mais certains craignent que son apparition retarde le déploiement du vrai très haut débit, la fibre optique. Ces craintes ont notamment été exprimées par Olivier Henrard, secrétaire général de SFR. M. Henrard a expliqué à nos confrères des Échos que « les déploiements VDSL2 vont avoir nécessairement un impact sur le déploiement de la fibre optique, car ils créent une confusion sur les messages commerciaux dans l’esprit à la fois des abonnés potentiels et des investisseurs : il faut donc les limiter au maximum, sans quoi le modèle économique de la fibre sera plombé ». Autrement dit, comment convaincre de la nécessité des investissements en fibre optique quand le cuivre peut faire apparemment aussi bien ? Ces craintes nous semblent exagérées, mais expliquent sans doute que SFR ait récemment augmenté le débit de ses offres fibre optique à 300 Mbit/s.

Un réseau FTTdp plutôt que FTTH

En vérité, loin de s’opposer VDSL2 et fibre optique pourraient s’avérer complémentaires pour assurer la couverture en très haut débit du territoire. D’une part, l’ARCEP estime que les lignes éligibles au VDSL2 à l’automne prochain « sont [concentrées] dans les zones qui ne bénéficieront pas de déploiements FttH à court terme. » (ce qui s’explique notamment par la limitation aux lignes en distribution directe). Ainsi, le VDSL2 ira porter le très haut débit là où la fibre est trop coûteuse à tirer, dans les zones peu denses.

D’autre part, le VDSL2 pourra accélérer le déploiement de la fibre en permettant aux opérateurs d’économiser le fibrage des immeubles, le plus complexe à réaliser. Plutôt que de réaliser un réseau FTTH (fibre jusqu’à l’abonné), les opérateurs pourraient réaliser un réseau FTTdp, où la fibre est amenée jusqu’à un point de distribution desservant un quartier, une rue ou immeuble, les dernières dizaines ou centaines de mètres étant couvertes par le VDSL2. Cette approche est déjà employée dans d’autres pays, Orange a annoncé vouloir l’employer dès cette année, on en saura sans doute plus à l’automne.Image 1 : Le VDSL2 : 100 Mbit/s, pour qui ?

Et après ?

Alcatel Lucent a récemment fait la démonstration du G.fast, une technologie encore plus sophistiquée et utilisant un spectre de fréquences encore plus large (jusqu’à 200 MHz) permettant d’atteindre 1 Gbit/s sur une ligne en cuivre en laboratoire et environ 500 Mbit/s en pratique. Seule limite, le débit s’effondre avec la distance : 500 Mbit/s à 100 m maximum, 200 Mbit/s à 200 m, 150 Mbit/s à 250 m. Le G.fast est cependant encore loin d’être prêt pour une exploitation commerciale : l’UIT devrait finaliser le standard en 2014, ce qui implique que les premiers équipements compatibles seraient disponibles fin 2015.

Sommaire :

  1. Le VDSL2 en théorie
  2. En pratique en France
  3. Questions/Réponses
  4. Le VDSL2 nuira-t-il à la fibre ?