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Le Who’s Who des alimentations

1 : Introduction 3 : Comment savoir qui fabrique ? 4 : Marques : 0-9 et A-B 5 : Marques : C-D 6 : Marques : E-H 7 : Marques : I-M 8 : Marques : N-R 9 : Marques : S-T 10 : Marques : U-Z 11 : Galerie photo : who’s who ? 12 : Conclusion

Feu d’artifice potentiel ou centrale électrique ?

Voici quelques points de vigilance simples pour savoir si l’on a affaire à un mauvais produit avant de l’acheter :

  • Une alimentation à très forte puissance proposée à tout petit prix est suspecte : il n’existe tout simplement pas de bon modèle 750 Watts à 50 euros. Pour chaque classe de produits définie par des critères de performance et de fonctionnalités, il existe nécessairement un prix plancher. Il faut donc se méfier des modèles qui se positionnent nettement en dessous de ce niveau. On peut trouver une alimentation « 400 Watts » pour 20 euros, sachant que ces produits potentiellement incendiaires sont installés tous les jours dans des configurations low cost. Les marques qui les commercialisent savent parfaitement les risques qu’elles font prendre aux clients finaux.
  • Il faut vérifier les caractéristiques annoncées. Lorsqu’une alimentation annonce par exemple de très bonnes performances sur les rails 3,3 et 5 Volts tout en affichant des chiffres faibles pour le rail 12 Volts, on sait tout de suite que quelque chose ne tourne pas rond.
  • La marque ne précise pas la puissance maximale combinée, mais seulement la charge maximale pour chaque rail : impossible de savoir ce que l’alimentation peut délivrer lorsque tous les rails sont sollicités en même temps. Une alimentation qui n’affiche pas cette information est une alimentation à éviter.
  • Attention aux expressions marketing ainsi qu’au jargon commercial, par exemple « Super », « Extreme », « Gaming », « Combat » etc. L’utilisation de ces termes pour décrire quelque chose d’assez normal doit susciter notre méfiance et nous pousser à bien vérifier les spécifications en détail, plutôt deux fois qu’une.
  • Un PFC (Power Factor Correction) passif ne permet pas d’obtenir un bon rendement
  • Des câbles très peu nombreux/courts peuvent poser problème. Une alimentation 750 Watts dispose en général de 4 connecteurs PCIe pour cartes graphiques (deux à 6 broches et deux à 6+2 broches). Dans une perspective d’évolutivité, il faut bien réfléchir avant d’acheter un modèle qui n’en propose que deux : on pourrait avoir envie de passer à un SLI/CrossFire un jour ou l’autre.
  • L’isolation des câbles peut être franchement mauvaise, voire inexistante, sur les modèles à bas prix. La gaine à la base du câble d’alimentation appelle une vigilance particulière.
  • S’il n’y a pas ou peu d’indications par rapport aux circuits de protection, méfiance : une alimentation qui ne met uniquement en avant le sigle « OPP » (protection surcharge) ou « SCP » (protection court-circuit) se contente très probablement d’un fusible tout ce qu’il y a de plus classique. « OVP » (protection surtension) signifie généralement la présence d’une simple résistance variable d’oxydes métalliques. Ces mesures de sécurité sont complètement insuffisantes si elles ne sont pas accompagnées par une puce numérique dédiée à la régulation.


Malheureusement, il n’est pas toujours possible de savoir au premier coup d’œil à quoi s’en tenir. Nous avons donc ouvert deux alimentations d’entrée de gamme, représentatives de ce que l’on peut trouver dans les PC d’assembleurs, pour illustrer les points et fonctionnalités qu’il faut surveiller.

Premier aperçu de l’intérieur : condensateurs principaux et PFC

Image 1 : Le Who's Who des alimentations

En premier lieu, il faut observer les condensateurs sur le circuit primaire : ces derniers agissent comme tampon et protègent donc l’alimentation ainsi que l’ordinateur des variations de tension. L’électrolyte qu’ils contiennent joue un rôle essentiel puisqu’il s’évapore ou sèche en fonction de la chaleur et du temps écoulé. En règle générale, un condensateur voit sa durée de vie divisée par deux pour chaque hausse de 10°C au-dessus de la température spécifiée pour une charge normale. L’utilisation de condensateurs haute qualité capables d’encaisser 105 au lieu de 85°C devrait donc permettre de quasiment doubler la durée de vie, ainsi que de contribuer à la longévité de l’alimentation.

Image 2 : Le Who's Who des alimentations

Une alimentation qui embarque une grosse bobine de réactance comme on le voit ci-dessus indique clairement la présence d’un PFC passif. Seuls les circuits actifs plus complexes permettent d’arriver à des facteurs proches de 1, valeur idéale, tandis que les composants passifs n’atteignent que 0,7 ou 0,8 dans le meilleur des cas. Par ailleurs, le type de PFC employé indique indirectement le rendement que l’on peut attendre d’une alimentation : bien qu’il n’y ait pas de lien direct entre PFC et rendement, le fait est que les alimentations munies d’un PFC actif sont en principe plus complexes et plus modernes, ce qui permet en général d’arriver à un meilleur rendement.

Circuits de protection

Sans même ouvrir une alimentation, la fiche technique permet de voir quelques-unes des mesures de sécurité choisies (ou pas) par la marque qui la commercialise. Une alimentation correcte devrait proposer les suivantes :

  • OCP (protection surintensité)
  • OVP (protection surtension)
  • OPP (protection surcharge)
  • OTP (protection surchauffe)
  • UVP (protection sous-tension)
  • SCP (protection court-circuit)
  • NLO (No Load Operation) : il ne s’agit pas d’une protection au même titre que les précédentes, mais elle permet à l’alimentation de s’allumer et de fonctionner quand bien même la charge est nulle.


À défaut d’informations sur ces dispositifs, il faut regarder à l’intérieur de l’alimentation pour savoir ce qu’il en est.

Image 3 : Le Who's Who des alimentations

Mis à part un simple fusible, nous n’avons pas trouvé de protections sur cette alimentation, sachant qu’elle est disponible sur le marché sous différentes marques.

Image 4 : Le Who's Who des alimentations

Les composants passifs ne peuvent pas garantir une protection suffisante : sans régulateur numérique, les composants d’une configuration sont exposés à des risques majeurs.

Image 5 : Le Who's Who des alimentations

Le régulateur PS223 de Silicon Touch fait partie des plus courants. Mieux vaut éviter les alimentations qui sont dépourvues de cette puce ou de produits similaires, comme la PS332S du même fabricant.

Câbles et courts circuits

Le câblage interne d’une alimentation est particulièrement révélateur : l’absence de gaines thermoformées, les soudures exposées, les composants installés au pistolet à colle sont autant de symptômes d’une fabrication au rabais et dangereuse. Si des câbles non protégés sont placés à proximité de composants calorifiques, le dysfonctionnement de l’alimentation est presque garanti.

Image 6 : Le Who's Who des alimentations

Image 7 : Le Who's Who des alimentations

PCB

Les matériaux employés pour le circuit imprimé donnent un renseignement sans appel sur la qualité d’une alimentation. Le papier laminé imprégné (comme les photos de PCB jaune ci-dessus) est un signe évident de fabrication à moindre coût. Les matériaux fibreux sont bien plus durables et, plus important encore, non inflammables.

Sommaire :

  1. Introduction
  2. Feu d’artifice potentiel ou centrale électrique ?
  3. Comment savoir qui fabrique ?
  4. Marques : 0-9 et A-B
  5. Marques : C-D
  6. Marques : E-H
  7. Marques : I-M
  8. Marques : N-R
  9. Marques : S-T
  10. Marques : U-Z
  11. Galerie photo : who’s who ?
  12. Conclusion