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Les répercussions du séisme japonais sur la high-tech

1 : Introduction 2 : Le marché des LCD est l'un des plus touché 4 : Une rentrée sous le signe de l'austérité ?

Un écosystème fragilisé

Image 1 : Les répercussions du séisme japonais sur la high-techLa pénurie de dalles touche aussi les smartphones, tablettes et ordinateurs portables qui sont en plus concernés, entre autres, par les problèmes de fabrication d’OLED, de mémoires, de disques durs et de batteries.

Pénuries de résines et agents chimiques

Mitsubishi Gas Chemical est l’un des plus grands fabricants de résine bismaleimide triazine (BT) qui est utilisée pour le packaging de puces. Il produit aussi de grandes quantités de peroxyde d’hydrogène ultra pur nécessaires, entre autres, à l’excavation de métaux indésirables lors de la fabrication de transistors. Son usine de Nishishirakawa-gun fabrique un million de mètres carrés de résine par mois. Gravement touchée par le tremblement de terre, elle a officiellement retrouvé un niveau normal de production le 19 mai dernier seulement.

L’usine de Kashima qui s’occupe de la production de peroxyde d’hydrogène et de polycarbonate a quant à elle retrouvé un niveau d’avant la catastrophe le 23 juin dernier. Ces pénuries avaient eu un effet négatif sur de nombreuses fonderies, dont TSMC, selon un rapport de Barclays cité par Bloomberg. Le fondeur a aussi souffert des pénuries de Tokyo Electron Limited (cf. « TSMC sera affecté par le tremblement de terre »).

Image 2 : Les répercussions du séisme japonais sur la high-techPénuries de puces et batteries li-ion

On comprend donc pourquoi Sony parlait de retard pour la PSP Vita en avril dernier (cf. « Tablette Playstation et NGP retardée ; Sony passe aux aveux »). Elle devrait tout de même sortir à la fin de l’année. Sony fut lui aussi gravement touché par le tremblement de terre. Ses usines produisant des disques Blu-ray, des lecteurs optiques, des lasers et des batteries Li-ion ont dû fermer leurs portes. Les bâtiments ont partiellement repris leurs activités au début du mois d’avril, mais il a fallu attendre la fin avril pour voir un retour à la normale. Le site chargé de la fabrication de disques Blu-ray est toujours en travaux.

De même, Freescale a dû fermer son usine de Sendai qui produisait les puces destinées à des liseuses, comme le Kindle d’Amazon. Les dommages étaient si importants qu’il a décidé de ne pas la rouvrir. L’usine aurait dû cesser ses activités à la fin de cette année et la transition avait déjà commencé, mais il est indéniable que le tremblement de terre a eu des conséquences logistiques et financières importantes. La firme a annoncé avoir dépensé 90 millions de dollars (env. 60 millions d’euros) et aurait souffert de pénurie.

Texas Instruments, lui aussi sévèrement touché, a rapidement fait savoir que ses usines reprendraient leurs activités à la mi-avril, que les rendements reviendraient à la normale à la mi-juillet et que les livraisons retrouveraient un rythme d’avant la catastrophe en septembre prochain (cf. « Texas Instruments va souffrir du tsunami pendant 6 mois »). Nous l’avons contacté pour savoir si les délais allaient être respectés et attendons toujours une réponse de sa part.

Image 3 : Les répercussions du séisme japonais sur la high-techLes fabricants de disques durs ont du mal à s’approvisionner

Enfin, nous terminerons notre tour d’horizon en soulignant que des documents que nous avons eus entre les mains montrent de sérieuses pénuries de disques durs Hitachi, qui sont quasi absents des grossistes français et dont les dates d’approvisionnement restent incertaines pour le moment. Il est vrai que le rachat de Western Digital signifie qu’ils vont disparaître (cf. « Western Digital rachète Hitachi GST »), mais les autorités de régulation des marchés n’ont pas encore donné leur aval. Le rachat n’est donc pas la raison de ce problème.

Les analystes de GLG Research affirment que Hitachi GST et Toshiba ont eu des problèmes pour s’approvisionner en composants électriques. Hitachi GST aurait envoyé un message à ses clients pour les prévenir de pénuries de disques durs pour ordinateurs de bureau pendant le deuxième trimestre. Toshiba aurait aussi eu des problèmes pour s’approvisionner en SoC et moteurs qui proviendraient en partie de Texas Instrument.

Showa Denko, qui fabrique les galettes des disques durs, a dû arrêter deux de ses usines pendant plusieurs jours et à annoncé qu’il souffrirait de difficultés logistiques. De même Kobe Steel, qui fabrique les substrats d’aluminium qui sont surtout utilisés dans les disques durs pour ordinateur de bureau, à fermer son usine de Moka pendant une semaine.

Sommaire :

  1. Introduction
  2. Le marché des LCD est l'un des plus touché
  3. Un écosystème fragilisé
  4. Une rentrée sous le signe de l'austérité ?