Accueil » Actualité » Les standards ouverts et l’Europe

Les standards ouverts et l’Europe


On entend souvent parler de l’Europe et de ses problèmes avec Microsoft : La Commission Européenne veut fragiliser Vista ? ou encore Microsoft se bat encore avec l’Europe .

L’Europe dit oui aux formats ouverts et aux logiciels libres

Ce que l’on entends moins c’est la position de l’europe vis à vis des formats ouverts et des logiciels libres. Tout a commencé en 2004 lorsque le premier rapport EIF ( EIF European Interoperability Framework ) a été publié. Le rapport recommande fortement l’usage de logiciels libres et de formats ouverts pour la communication entre les administrations européennes et les citoyens. Cette position de l’Europe a été relayée dans de nombreux pays membres et on a vu depuis quelques préparations de migrations importantes comme en France ou bien ces derniers jours en Italie.

L’Europe et un avis moins tranché

Un second rapport, appelé l’EIF V2, réalisé par le bureau Gartner a été publié le 29 Juin 2007. Ce rapport est la suite logique de la version 1 et donc il continue de soutenir les formats ouverts et les logiciels libres, mais la nouveauté est la présence des formats fermés et des logiciels propriétaires.

Quelques extraits traduits en français par le site openstandards :

« EIF v2.0 devrait faciliter le(s) modèle(s) commercial(aux) générant le plus de profits financiers plutôt que ceux créant de la valeur publique en reconnaissant les droits de propriété intellectuelle si il y en a. Le support de formats multiples permet une migration vers les formats ouverts quand cela sera approprié sur le long terme. »

« L’utilisation de logiciels libres pourrait faciliter le développement de services publics. Cependant, à nouveau, qu’ils soient libres ou non, c’est le logiciel le plus viable auquel il faudrait donner l’occasion de survivre dans l’infrastructure. A nouveau, EIF v2.0 devrait faciliter la coexistence et la compétition de plusieurs options. »

L’arrivée des formats et logiciels propriétaires, bien que surprenante vis à vis de l’EIF v1, est plutôt calme et pas complètement négatif. Utiliser des formats multiples pour finalement utiliser des formats ouverts, ceci permet d’effectuer une migration en douceur ce qui n’est pas complètement mauvais mais pas non plus ce qui favorisera le plus l’émergence des formats ouverts. La partie concernant les logiciels est plus négative car il ne fait pas mention de finalement migrer vers le libre mais simplement d’utiliser le logiciel le plus viable (ndr : le logiciel libre, par son mode de développement, est souvent considéré comme étant le plus viable).

Mais alors quel est le problème ?

Le problème de ce rapport est lié à la situation actuelle qui est la présence d’un monopole dans le domaine des systèmes d’exploitations (Microsoft Windows), de la bureautique (la suite Microsoft Office) et des formats bureautiques (les formats de la suite Microsoft Office) tous les 3 détenues par une seule société. Le premier rapport avait pour but d’empêcher l’utilisation de ces logiciels et formats par l’Europe. En effet ces 3 monopoles présentent des désavantages dont le principal est le manque de concurrence. En ce qui concerne l’utilisation des formats fermés de la suite Microsoft Office, de multiple problèmes sont présents dont le plus important pour l’Europe : on ne peut garantir qu’il soit lisible par tout le monde.

Ce second rapport ne donne plus une ligne de conduite aussi tranchée or l’histoire nous a montré que bien souvent lorsqu’on a le choix on décide de ne pas changer car c’est la solution la plus simple. On retrouve un rapport des plus banales avec en gros l’idée de prendre ce que l’on juge être le meilleur.

Ce revirement n’a pas plus à tous le monde et surtout pas à la communauté des formats ouverts et des logiciels libres. C’est pourquoi une pétition européenne est apparu sur le site OpenStandards avec laquelle le signataire recommande l’utilisation des formats ouverts et des logiciels libres ainsi que plus généralement l’utilisation des standards ouverts.