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L’iPad est-il une idée de Xerox ?

Image 1 : L’iPad est-il une idée de Xerox ?

Un article intitulé « Un ordinateur personnel pour les enfants de tout age » et écrit il y a 38 ans par Alan Kay travaillant alors pour le centre de recherche Xerox à Palo Alto (Xerox PARC) décrit une tablette ressemblant à l’iPad d’Apple.

Alan Kay et Steve Jobs

M. Kay est un chercheur connu. On estime qu’il est derrière l’interface graphique, un des inventeurs de la programmation orientée objet et l’auteur de la célèbre phrase : « le meilleur moyen de prédire le futur est de l’inventer ». Inutile de dire que Steve Jobs est familier avec les travaux d’Alan Kay puisqu’il a non seulement visité Xerox PARC en 1979 pour prendre connaissance de certaines de ses démos et plus tard, porter certaines de ses technologies dans Lisa et Macintosh, mais M. Kay a aussi travaillé pour l’une des divisions recherche et développement de la firme de Cupertino dans les années 90.

La tablette selon Xerox

Le document, disponible en ligne, décrit le Dynabook, un outil de « science-fiction » reflétant les tendances perceptibles par l’auteur en terme de prix et miniaturisation, garantissant l’émergence d’un produit similaire « dans un futur proche ». Certaines ressemblances entre le Dynabook et l’iPad sont intéressantes.

La tablette des années 70 est censée être utilisée par tout type de personne, même des enfants ou ses parents et grands parents. Elle représente un outil pouvant être amené de partout et capable d’accéder à des informations globales. À l’époque, M. Kay pensait que les trois composants les plus importants étaient l’écran, le processeur et le prix. Il est intéressant de noter que ces trois aspects furent aussi les pivots de la présentation de l’iPad si l’on exclut l’iPhone OS.

Le Dynabook devait avoir un écran plat d’une résolution d’au moins 512 x 512 et un contraste approchant celui d’un livre classique. Le clavier ne devait pas contenir de touches amovibles, le processeur devait tout regrouper dans un package et coûter 40 $ ou moins, la batterie devait peser moins de 2 kg et le support de stockage devait pouvoir contenir au moins 500 livres et des heures de musiques.

Il était aussi censé être capable de se connecter à un réseau sans fil d’un débit de 300 Kbit/s voire plus, de stocker et éditer des fichiers, offrir la possibilité de télécharger et acheter du contenu grâce à un système de paiement sûr et pouvant se connecter à un service ressemblant à une bibliothèque, tout en offrant aussi des fonctionnalités destinées aux divertissements et jeux vidéo. Le Dynabook était aussi une plateforme de développement permettant aux enfants de programmer directement sur la machine. Ce dernier aspect est peut-être l’élément qui le distingue le plus de l’iPad qui est plus utilisé pour consommer du contenu que pour en créer.

Enfin, M. Kay estimait que le prix de vente du Dynabook devait être de 500 $ et si cette somme n’a pas le même pouvoir d’achat qu’en 1972, l’idée était d’adopter une politique tarifaire qui permettrait au Dynabook de remplacer les livres scolaires.

Image 2 : L’iPad est-il une idée de Xerox ?L’héritage qui donna naissance à l’iPad

Nous n’avons absolument pas l’intention de dénigrer le travail d’Apple, ni les avancées apportées par l’iPad. Avec 300 000 ventes le premier jour, seulement aux États-Unis, la firme à la pomme a réalisé ce que beaucoup de compagnies n’osent même pas rêver. Néanmoins, une lecture, même superficielle, de l’article d’Alan Kay montre que l’idée derrière la tablette à la pomme n’est pas née avec Steve Jobs. Les similitudes matérielles entre l’iPad et le Dynabook ou le fait que les deux outils visent le marché de l’éducation, du divertissement et tentent de mettre une bibliothèque mondiale entre les mains de personnes de tout âge ne sont pas des coïncidences. Au final, le mérite d’Apple est d’avoir popularisé la vision d’un homme qui a su lire l’avenir technologique avant tout le monde.