Accueil » Actualité » Lucibel vend le premier luminaire LiFi, mais il n’est pas pour vous

Lucibel vend le premier luminaire LiFi, mais il n’est pas pour vous

Une PME française commercialise en première mondiale un luminaire LiFi, technologie qui encode des données non pas sur des ondes radio mais sur de la lumière. Malheureusement, il est pour le moment réservé aux entreprises.

Ce n’est pas tous les jours qu’une entreprise française réalise une première mondiale, alors saluons le lancement par Lucibel du premier luminaire LiFi. Ce spot encastrable apportera non seulement un éclairage, mais aussi un accès réseau. Toutefois, il n’est pas encore prêt à être mis entre toutes les mains et les premières installations seront faites dans des locaux d’entreprise.

Aller là où le WiFi ne peut

La technologie LiFi existe depuis plusieurs années : elle utilise le clignotement à haute fréquence de LED pour transmettre des données par de la lumière visible. Par rapport au WiFi, elle peut cependant faire valoir plusieurs avantages.

Tout d’abord, la connexion n’est effective que sous le luminaire (dans un cône de lumière d’angle de 60°), ce qui évite le piratage du réseau à distance (les données sont également sécurisée par chiffrement WPA et authentification Radius).

Ensuite, la lumière est compatible avec les environnements où les ondes radio du WiFi sont interdites (hôpitaux, centrales nucléaires, et même les établissements accueillant des enfants de moins de trois ans, après l’adoption de la loi abeille).

Enfin, la forte densité des luminaires dans les bureaux entraîne une couverture étendue et des débits garantis, au contraire du WiFi qui peut souffrir de zones mortes ou d’un trop grand nombre de clients par point d’accès.

Débits limités, coûts prohibitifs

Mais le LiFi a aussi ses inconvénients. Le premier est qu’aucun terminal n’est compatible ! Il faut donc connecter un récepteur dédié, qui prend la forme d’une grosse clé USB (de la taille d’une batterie USB).  Autre inconvénient, les débits sont aujourd’hui limités à 42 Mbit/s théoriques ; pendant les démonstrations auxquelles nous avons assistés, ils restaient plutôt sous les 30 Mbit/s réels. Ces débits pourront augmenter à mesure que la technologie s’améliore (jusqu’à 224 Gbit/s en laboratoire), mais seulement dans le sens descendant : la remontée des données utilise le spectre infrarouge et ne saura dépasser les 50 Mbit/s (environ).

Dernier gros obstacle : le prix. Lucibel vend son luminaire 1500 euros, auxquels il faut ajouter 800 euros pour le récepteur USB. Heureusement, la société a bon espoir de pouvoir diviser son tarif par trois d’ici 2018. Elle vise même l’intégration de récepteurs LiFi dans les PC ou les smartphones à l’horizon 2020.