Accueil » Actualité » L’UE contre Microsoft : nouvel épisode

L’UE contre Microsoft : nouvel épisode

Image 1 : L'UE contre Microsoft : nouvel épisodeVous voyez ce que c’est d’avoir marché sur un bout de chewing-gum ? Vous vous êtes déjà retrouvé avec ce truc collé à votre semelle, et qui reste accroché là, pénible, quoi que vous essayiez pour vous en débarrasser ? Oui ? Alors, vous devez pouvoir imaginer l’état d’esprit dans lequel doivent être les responsables de Microsoft quand ils pensent à la commission européenne.

Car les poursuites de notre chère commission contre le géant du logiciel ne sont pas terminées. Oh, certes, il ne s’agit pas des mêmes problèmes que ceux qui ont amené Microsoft à payer 497,2 millions d’euros en 2004, puis 280,5 millions d’euros en 2007. Mais cela y ressemble :

La Commission considère que la vente liée de l’Internet Explorer avec Windows, qui a pour effet d’équiper de l’Internet Explorer 90 % des PC dans le monde, porte préjudice à une concurrence par les mérites entre navigateurs web concurrents dès lors qu’elle confère à l’Internet Explorer un avantage artificiel en matière de distribution, avantage que les autres navigateurs web sont incapables d’offrir. La Commission s’inquiète du fait que cette vente liée permet à Microsoft de soustraire l’Internet Explorer à une concurrence directe avec d’autres navigateurs, ce qui porte préjudice au rythme de l’innovation et à la qualité des produits que les consommateurs obtiennent en fin de compte. La Commission est également préoccupée par le fait que l’omniprésence de l’Internet Explorer incite artificiellement les fournisseurs de contenu et les développeurs à concevoir des sites web ou des logiciels essentiellement pour l’Internet Explorer, ce qui risque, à terme, de compromettre la concurrence et l’innovation en matière de fourniture de services aux consommateurs.

Dans le détail, la procédure a commencé en janvier 2008, suite au dépôt d’une plainte par Opera (lire Opera dépose une nouvelle plainte antitrust contre Microsoft). Aujourd’hui, l’enquête préliminaire est close, et a conduit à l’envoi à Microsoft d’une « communication des griefs ». Microsoft a dorénavant huit jours pour répondre à ces griefs. La commission précise que :

si l’analyse préliminaire exposée dans la communication des griefs est confirmée, [elle] pourra infliger une amende à Microsoft, l’obliger à mettre fin à l’abus et lui imposer une mesure corrective qui permettra d’offrir à nouveau un véritable choix au consommateur et d’assurer une concurrence par les mérites.

Enfin, sachez que cette procédure n’est pas le seul fer que la commission garde au feu contre le père de Windows. Elle a également entamé une enquête pour déterminer si Microsoft a illégalement refusé de divulguer des informations relatives à l’interopérabilité pour un large éventail de produits et notamment « si le nouveau format de fichier Office Open XML de Microsoft, mis en place dans Office, permet une interopérabilité suffisante avec les produits de ses concurrents ».

Saleté de chewing gum !