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Ma Vie d’Overclockeur, Episode 4 : mon bref record du monde sous Cinebench !

Un plaisir intense, mais bref.

Image 1 : Ma Vie d'Overclockeur, Episode 4 : mon bref record du monde sous Cinebench !

N’ayant pas eu l’occasion de bencher sous froid sérieusement depuis plusieurs mois, voir presque un an, c’est avec plaisir que je me suis accordé une petite pause la semaine dernière pour aller tâter du record du monde. Je vous imagine déjà vous dire « il bench tous les jours ou presque, qu’est-ce qu’il nous raconte ? »

En fait, il y a plusieurs manières de « bencher » :

  • Décontracte : on verse bien de l’azote, mais on garde un œil sur les réseaux sociaux ou sur le petit dernier. Pas grand-chose à attendre de ce genre de session, si ce n’est dégrossir le travail pour une future session.
  • Chercheur : pour débloquer une situation, comprendre la façon dont le matériel répond… Les performances sous froid se dégradant vite, on ne sort souvent rien de bon, c’est pour cela qu’il faut absolument connaître le matériel sur le bout des doigts afin d’aller droit au but. Mais pour bien connaître son matériel, il faut de la pratique. Bref, ça ne s’invente pas!
  • Journaliste : les sessions pour les articles où nous sommes très appliqués, mais où le matériel n’est pas trié suffisamment pour aller chercher les records.
  • Hardcore : la session « je n’arrête pas tant que… », celle qui vous fait tenir toute la nuit, malgré la fatigue.
A lire avant tout :
Ma Vie d’Overclockeur, Episode 3 : mon meilleur Intel Core i7-7700K @ 6,7 GHz
Ma Vie d’Overclockeur, Episode 2 : gagner la compétition RealBench Challenge II
Ma Vie d’Overclockeur, Episode 1 : gagner la compétition RealBench Challenge I

The killer proc

Tout a commencé avec un Core i7-5960X fort prometteur. Je n’avais plus que quelques jours avant de devoir m’en séparer… il fallait savoir jusqu’où je pouvais le pousser ! Comme vous le savez peut-être, il y a une loi universelle qui dit que: « si vous avez encore le temps, ce n’est pas le bon moment ».

Cette loi s’applique aux dissertations de philo, pour préparer sa présentation avant d’aller voir un gros client, pour payer ses impôts… Et comme l’overclockeur est avant tout un homme, il ne déroge pas à la règle. Nous voici donc arrivés au point de non-retour : je n’ai plus le temps ! C’est donc une session en dernière minute, c’est maintenant ou jamais.

The killer mobo

Pour cette mission, nous avons choisi de nous équiper de l’excellente X99A XPOWER TITANIUM de MSI. Conçue pour les Broadwell-E, elle conviendra parfaitement à notre Haswell-E, ce fameux Core i7-5960X.

Image 2 : Ma Vie d'Overclockeur, Episode 4 : mon bref record du monde sous Cinebench !

Overclocking extrême

  • Préparation

La carte a été isolée avec la manière que nous avons présentée lors de notre article sur l’overclocking de Kaby Lake.

  • Première session

On attaque directement sous froid, ce n’est pas la meilleure des chose à faire, mais nous n’avons pas le temps de faire autrement (sans commentaire). Le temps d’essayer se remémorer tous les réglages et de s’apercevoir que l’on a un doute sur l’un d’eux. Flûte. Comme vous vous en doutez, flûte n’est pas le mot que j’avais en tête à ce moment là…

Image 3 : Ma Vie d'Overclockeur, Episode 4 : mon bref record du monde sous Cinebench !

Le temps de lancer un appel à l’aide à mon ami BenchBros et celui-ci m’envoie une capture d’écran des tensions que nous utilisions il y a deux ans pour nos records lors du Computex. Finalement cela correspond à mes réglages. Pas si rouillé que ça le Wiz ! Il faut dire nous en avons passé, des litres et des litres sur ces processeurs.

Nous démarrons avec un petit 5,5 GHz. C’est déjà élevé pour un certain nombre de processeurs, mais celui-ci est très bon, m’a-t-on dit. Cela devrait donc être une simple formalité. Mais visiblement ça ne passe pas. Nous essayons avec plus de volts, plus de froid, mais essuyons échec sur échec. De manière assez surprenante, la configuration se coupe dès le lancement du test, mais pas d’écran bleu ou de retour au système d’exploitation, plutôt une coupure nette de l’alimentation.

Finalement nous décidons de remplacer notre fidèle alimentation Corsair AX1500i par une MasterWatt Maker de 1200 W. La magie opéra, plus de coupure. L’AX1500i avait sans doute une protection un peu trop faible, mais nous n’avons pas pris le temps de modifier les seuils (rappel : nous n’avions pas le temps).

Dès lors, les fréquences montent. Ne sachant pas la température optimale pour ce processeur, nous l’abaissons doucement : -95°C pour 5,7 GHz OK. -105°C pour 5,8 GHz OK. Sous les -100°C, la configuration peut se couper à n’importe quel moment.

Image 4 : Ma Vie d'Overclockeur, Episode 4 : mon bref record du monde sous Cinebench !
Par chance ce processeur aime le froid et n’a pas de coldbug. -120°C pour 5,9 GHz, et toujours pas le moindre plantage, impressionnant. Arrivé à -130°C  le benchmark s’arrête. Nous essayons alors de le relancer, mais celui-ci échoue encore plus rapidement. Il est déjà très tard, nous reprendrons la nuit prochaine.

  • Seconde session

Session catastrophe. Il faut savoir que la pâte thermique souffre du froid. La température critique pour la pâte se situe dans la plage de -120°C à -140°C, pile la zone optimale de notre processeur. Lorsque celle-ci se dégrade (nous utilisons le terme crack pour définir cet instant) le processeur est moins bien refroidit, il n’est alors plus possible de passer de haute fréquence. La seule solution et de réchauffer le système afin de faire retrouver à la pâte sa consistance normale. Durant les 2 à 3 heures de cette session nous avons enchainé les cracks. Impossible d’obtenir une fréquence supérieure à 5,8 GHz.

  • Troisième session

Plus de problème de crack, les fréquences s’envolent. 5940 puis 5960 et même 5980 MHz. Nous commençons à rêver d’un 6 GHz. Il faut savoir qu’un très grand nombre de ces processeurs ne parviennent pas à dépasser 5,5 GHz sous azote liquide, certains échouant même avant la barre des 5,3 GHz. Sur plus de 600 processeurs testés, seuls sept ont réussi à franchir les 5,9 GHz, et seuls trois la barre de 6 GHz, autant dire que ce n’est pas chose courante.

Image 5 : Ma Vie d'Overclockeur, Episode 4 : mon bref record du monde sous Cinebench !

Victoire !

Et voilà, la première place sur processeur 8 cœurs vient de tomber ! Grosse satisfaction ! Nous profitons que tout soit prêt pour lancer un Cinebench R11.5, une seconde place « seulement », le premier est hors de portée.

Image 6 : Ma Vie d'Overclockeur, Episode 4 : mon bref record du monde sous Cinebench !

C’est alors le cœur léger que je démonte, la satisfaction du travail bien fait. La nuit sera courte, mais cela en valait la peine.

Record du monde, mais bref

Quelques heures plus tard, déception. Un score, pourtant daté de 8 mois, apparaît : 2445 points soit 10 points de plus que moi. Comment est-ce possible ? Après avoir contacté un responsable, celui-ci m’explique que le score était bloqué par la modération et qu’il avait été « oublié »… Ne nous mettrons pas en doute leur parole, mais « flûte » !

De plus, ce score ne respecte pas les règles imposées par HWBOT. Celle-ci stipule que la scène doit être visible afin de prouver que le rendu n’a pas été altéré. Or, sur la capture d’écran, toute la scène est masquée. Là encore la magie opère : le score datait de plus de huit mois, et à cette époque, la règle n’existait pas. Flûte et re-flût !

  • Quatrième session

Nous n’allons quand même pas nous laisser faire non ? Mais crack et re-crack et re-re-crack, la pâte thermique ne veut rien savoir. Après plus d’une heure à batailler nous décidons de démonter et de faire subir à notre pâte un petit traitement maison à base de chalumeau en vue de la déshydrater.  
Allez, c’est reparti et cette fois sans crack.

Image 7 : Ma Vie d'Overclockeur, Episode 4 : mon bref record du monde sous Cinebench !

Les fréquences s’affolent et les 6 GHz sont dépassés. Le CPU parviendra même à bencher à 6030 MHz ! Le meilleur score, 2444 point sera fait à 6015 MHz. Juste un petit point de plus et nous reprenions notre titre… Dommage, la chance n’était pas de la partie.

Image 8 : Ma Vie d'Overclockeur, Episode 4 : mon bref record du monde sous Cinebench !

Nous voici arrivés au terme de cet épisode. Nous espérons que vous l’aurez apprécié ! Si vous avez des questions, des suggestions ou des idées pour l’épisode 5, n’hésitez pas à commenter !