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[MAJ] La Corée du Nord déconnectée : la faute à qui ?

Mise à jour

La Corée du Nord a encore été coupée d’Internet durant la journée de mardi. Depuis la grosse coupure de lundi (qui a duré plus de 9H30), la société de sécurité Dyn Research constate que les quatre opérateurs coréens – qui passent tous par une passerelle chinoise – continuent de connaître bien des aléas de connexion au réseau international. Un caractère erratique qui évoque des attaques par déni de services (DOS). Reste la grande question : qui se cache derrière ces attaques ? Pour l’instant, le gouvernement Américain [pointé du doigt par bien des observateurs qui y voient des cyber-représailles après le hacking de Sony Picture] n’a pas émis la moindre dénégation de son implication ni même fait le moindre commentaire sur cette affaire.

Publication du 23/12/2014

La Corée du Nord s’est retrouvée déconnectée d’Internet et du reste du monde pendant plusieurs heures hier soir. Dyn Research, une société américaine de sécurité informatique a indiqué à l’AFP que les 1024 IP publiques officielles du régime de Pyongyang avaient cessé de répondre durant 9 heures et 31 minutes. L’information est loin d’être anodine. Car elle soulève une autre question « S’agit-il d’une simple panne ou de représailles ? ».

Des cyber-représailles à l’affaire Sony Pictures?

Rappelons que la Corée du Nord est pointée du doigt par les américains suite au hacking massif de Sony, menée par un groupuscule qui se fait appeler les Gardiens de la Paix (GOP : Guardians of Peace).
L’entreprise s’est fait dérober les emails de plus de 47000 employés, des scripts et scénarios de blockbusters à venir, les masters numériques de plusieurs films dont certains n’étaient pas encore sortis, et a vu fuiter sur le Web des courriels pour le moins embarrassant de ses têtes dirigeantes à l’égard de Angelina Jolie et autres stars d’Hollywood.
Pire encore, suite à diverses menaces d’attentats liées à la divulgation précoce du film, Sony s’est retrouvé contraint d’annuler la sortie en salle de « The Interview », une satire du dictateur de la Corée du Nord.

Un gouvernement américain menaçant

Image 1 : [MAJ] La Corée du Nord déconnectée : la faute à qui ?Le FBI a rapidement fait de cette attaque une affaire nationale et imputé la responsabilité au gouvernement de Pyongyang qui lui-même a totalement démenti toute implication dans le hacking des Gardiens de la Paix. Et dans le même temps, les GOP se moquent ouvertement du FBI en publiant des messages Pastebin des plus ironiques saluant la vitesse d’investigation du FBI tout en s’étonnant de ne pas avoir encore été arrêtés.
Barack Obama avait ce dimanche affirmé sur CNN prendre très au sérieux cet acte de cyber-vandalisme. Dans la foulée, la porte-parole de la Maison Blanche avait affirmé que l’administration américaine examinait « une série d’options » en réponse à cette attaque. Et que certaines de ces réponses « seraient visibles et d’autres pas ».

Panne, attaque ou entourloupe?

Bien évidemment, il peut ne s’agir que d’une panne informatique. On sait que l’infrastructure Internet de la Corée du Nord est très centralisée afin de filtrer au maximum les accès et surveiller tous les flux de communication. Une panne sur les éléments clés de cette infrastructure se traduirait effectivement par une déconnexion de la Corée du Nord du reste du réseau.

Mais le timing est bien trop proche des événements de la semaine dernière pour ne pas faire de parallèle. S’il s’agit bien de représailles, c’est la première fois qu’une cyber-attaque du gouvernement américain (voire même d’un gouvernement tout court) serait aussi grossière et visible. Pour l’instant, les USA n’ont pas démenti, contrairement au gouvernement Chinois – habitué à être systématiquement pointé du doigt dans toutes les affaires de cyber-espionnage –  qui s’est empressé d’affirmer qu’il n’y était pour rien dans cette histoire. Il peut aussi s’agir de représailles de hackers occidentaux, mais l’action aurait alors probablement été revendiquée. Enfin, il peut aussi s’agir d’un jeu de dupes de la Corée du Nord elle-même pour s’afficher en victime et accuser les américains de l’avoir ouvertement attaquée.

A suivre donc…