Accueil » Actualité » Nintendo empereur du Japon

Nintendo empereur du Japon

Chez Microsoft Japon, ça ne doit pas être la grande joie ces derniers jours. Les ventes de Xbox 360 sont en effet plus que décevantes sur l’archipel nippon. Chez Sony Japon, l’ambiance est meilleure, mais n’atteint probablement pas des sommets historiques. Pourtant, les ventes de PSP se portent bien avec pas loin de 100 000 unités vendues la semaine précédant Noël et les ventes de PS2 continuent à se maintenir à un niveau respectable. Pourquoi si peu d’enthousiasme? Probablement parce qu’en haut lieu on se dit qu’on a raté le coche et qu’un énorme marché vient d’être accaparé par celui qu’on attendait plus : Nintendo.

Un marché capital

Le marché japonais est particulièrement regardé par les spécialistes, car il donne souvent le ton au marché mondial en ce qui concerne les consoles. S’il n’y a rien de cartésien dans cette assertion et que le marché japonais possède de très nombreuses spécificités, il n’en reste pas moins que le pays du soleil levant constitue un débouché en soi et qu’il est un formidable laboratoire d’essais pour les nouveautés tant la société de consommation y est poussée. Rares sont les nouveautés qui ont échoué là-bas et qui arrivent jusqu’à nos rivages. Les statistiques de ventes provenant de cette contrée aussi éloignée qu’atypique sont souvent annonciatrices d’une onde qui nous parviendra quelques mois plus tard. (Hors produits spécifiquement japonais)

Une stratégie silencieuse, mais payante

C’est sur ce marché stratégique que Nintendo a frappé un grand coup pour les fêtes de fin d’année. Chantre d’une stratégie d’élargissement de la clientèle vidéo ludique, Nintendo a poussé le concept plus que Sony ne l’a fait en proposant des titres qui s’adressent au public féminin comme aux seniors. Avec bonheur comme l’attestent les succès de titres comme Nintendogs ou Nintendo DS Brain training, tout en préservant bien entendu son cœur de cible avec des titres comme Mario Kart DS, Animal Crossing Wild World ou encore l’inoxydable Pokémon. Stratégie résumée dans une déclaration du président de Nintendo, M. Satoru Iwata: «[…], nous nous devions de conquérir plus qu’un public de joueurs réguliers, et d’attirer un public qui s’est éloigné du jeu vidéo et même le public qui ne s’y est jamais adonné»

Un raz de marée et plus encore

Le succès est même plus qu’au rendez-vous ! Les chiffres parlent d’eux même, la semaine de Noël, Nintendo a écoulé plus de 400 000 unités de sa console portable Nintendo DS, soit quatre fois plus que le score de la PSP qui écrase elle-même déjà la concurrence. Et les chiffres ne s’arrêtent pas là. Le succès n’est pas qu’un feu de paille, car la Nintendo DS a franchi en moins de 13 mois (depuis son lancement en décembre 2004) la barre symbolique des 5 millions de machines vendues au Japon. Elle détrône ainsi le Game Boy Advance qui détenait le record en atteignant cette barre en 14 mois et laisse la PS2 loin derrière du même coup puisque cette dernière a mis 17 mois avant d’atteindre ce seuil. Plus qu’un succès matériel, la console du constructeur de Kyoto s’accompagne de nombreux «hits» faits maison gage de recettes substantielles.

Ce succès incontestable de la DS montre que malgré son succès européen et américain, la PSP n’arrive pas à faire la différence avec la console aux deux écrans. Avec le retard que la console portable de Sony accumule sur son «home market», la PSP déçoit quelque peu et n’est pas pour le moment la réussite tant annoncée par le géant japonais de l’électronique. Pour preuve, la santé boursière de Nintendo est étincelante tandis que son concurrent se souvient de ses plus glorieuses heures.