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NVIDIA prend le pari dangereux du procès

Image 1 : NVIDIA prend le pari dangereux du procès

NVIDIA vient d’annoncer qu’il n’avait pas l’intention de régler son différend avec Rambus à l’amiable, malgré la dernière décision juridique lui donnant tort.

NVIDIA ressemble à Sony

Le refus de négocier du Caméléon peut surprendre, mais n’est pas totalement inattendu. NVIDIA a la même attitude que Sony lors de son procès contre Immation. Il a pour l’instant annoncé vouloir explorer toutes les issues juridiques possibles. Cela signifie qu’il a déjà fait appel de la décision de première instance (cf. « NVIDIA viole 3 brevets Rambus ») et même si la deuxième décision lui est défavorable, la firme a annoncé saisir une cour spécialisée dans le droit des brevets. Néanmoins, un coup d’œil sur le passé montre que la position de Sony n’a pas été à son avantage, la firme ayant été obligée de retirer ses manettes DualShock du marché (cf. « Sony interdit de vibrations ») car elle n’avait pas voulu négocier avec la société détenant les brevets disputés.

NVIDIA compte sur le soutient de ses partenaires

Il y a tout de même une différence entre Sony et NVIDIA. Si le premier était relativement seul, le second a pour l’instant un soutient massif. En effet, dans le cas où le père des GeForce est finalement déclaré coupable et ne peut plus faire appel, la firme sera obligée de cesser l’importation de ses cartes graphiques sur le marché américain. Cela signifie que tous ses partenaires OEM (HP, Acer, Dell, pour n’en citer que quelques-uns) verraient leurs produits intégrant un GPU vert bannis.

Image 2 : NVIDIA prend le pari dangereux du procèsUne erreur qui pourrait lui coûter cher

NVIDIA a expliqué qu’il était convaincu que ses clients ne laisseraient jamais une telle chose se produire et qu’aucun d’entre eux ne lui avait demandé de négocier avec Rambus. Bref, la firme compte sur le soutient de ses OEM qui risquent aussi beaucoup.

Selon nous, cette attitude est dangereuse. NVIDIA n’est pas le seul sur le marché des GPU et il n’est pas non plus le premier. Intel continue de dominer largement le secteur des IGP tandis que le Caméléon ne fait plus de chipsets en raison d’une lutte juridique avec le fondeur (cf. « NVIDIA suspend le développement de chipsets »). Les fabricants de PC ont donc déjà pris l’habitude de ne plus dépendre des chipsets de la firme, mais de se reposer sur des configurations à base de puces en provenance d’Intel ou AMD.

La présence d’ATI continue de s’intensifier sur le marché des cartes graphiques dédiées. Moins de 5 % de parts de marché le séparent de NVIDIA et les derniers GPU rouges furent plus que convaincants. Au final, il nous semble irréaliste de la part de la firme de Jen-Hsun Huang de penser que ses partenaires sont une assurance tout risque. Si les marchés ont montré une chose, c’est la rapidité avec laquelle un OEM peut retourner sa veste lorsque ses actionnaires se plaignent.

Nous terminerons enfin par dire que si Samsung, le numéro 2 du semiconducteur avec un chiffre d’affaires annuel 50 fois plus important que NVIDIA, a décidé de donner 900 millions de dollars à Rambus pour régler un litige similaire à celui que connait le Caméléon, ce refus catégorique de négocier est un pari audacieux, voire arrogant, qui pourrait pousser la firme au bord du gouffre.

L’action de NVIDIA a perdu 2,4 % après cette annonce.