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NVIDIA Shield : la tablette de jeu nomade idéale ?

1 : Introduction 2 : Disponibilité, versions et accessoires 3 : Shield Tablet : tour du propriétaire 4 : Shield Controller : tour du propriétaire 5 : OS et suite logicielle 6 : Stylet 7 : Mode console et GameStream 8 : Grid, ShadowPlay et Twitch 9 : Les jeux 10 : Configuration du test 11 : Benchmarks CPU 12 : HTML5 et JavaScript 13 : Benchmarks GPU 14 : Benchmarks GPGPU 15 : Luminosité, profondeur du noir, contraste et gamma 16 : Autonomie

Conclusion

Image 2 : NVIDIA Shield : la tablette de jeu nomade idéale ?

NVIDIA Shield Tablet

Verdict :

Dans un contexte très fortement concurrentiel entre les tablettes compactes, NVIDIA tire son épingle du jeu grâce à d’excellentes performances ainsi que des fonctionnalités aussi uniques que bien pensées.

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Avec du recul, on se dit que NVIDIA a imaginé une tablette qui excelle dans la consommation de contenus multimédias, la productivité et le jeu nomade avant d’être capable de la produire. Cette quête a donné naissance à la Tegra Note 7, une tablette à usage généraliste correcte, ainsi qu’à Shield Portable, une sorte de console portable efficace. Fort de ces deux expérimentations, NVIDIA a réussi à commercialiser la Shield Tablet et le Shield Controller, lesquels doivent très probablement répondre à la vision initiale de la firme au caméléon.

La clé de voute de la Shield Tablet est son  SoC NVIDIA Tegra K1. Les cores Cortex-A15, récemment revenus et désormais fabriqués selon un processus 28 nm, sont capable d’atteindre des fréquences plus élevées que les précédentes versions tout en abaissant la consommation. Il en résulte d’excellentes performances que l’architecture Cyclone d’Apple est la seule à pouvoir dépasser.

Image 3 : NVIDIA Shield : la tablette de jeu nomade idéale ?

Mais la véritable perle au cœur du Tegra K1 est son GPU Kepler : le simple fait que NVIDIA ait été en mesure de prendre une architecture desktop et de diminuer sa consommation au point de pouvoir l’utiliser dans une tablette est tout simplement incroyable. Certes, ce dérivé de Kepler reste trop énergivore pour trouver sa place dans un smartphone et même au sein d’une tablette, l’autonomie n’a rien d’extraordinaire. Mais le gain de performances n’en est pas moins impressionnant : +80 % par rapport au récent Adreno 420.

Avec un tel bond de performances, il semble que le Tegra K1 restera au sommet des benchmarks en 2015 également. La sortie de l’iPhone 6 nous a donné un premier aperçu du dernier GPU en date d’Imagination, à savoir le PowerVR Series6XT. Le fait est que la variante GX6450 qui équipe l’iPhone est loin de pouvoir prétendre égaler les performances de Kepler. Il faudra donc attendre le prochain iPad pour voir si Apple propose un A8X avec des performances supérieures. Le Snapdragon 810 devrait quant à lui faire son apparition avant fin juin 2015. Qualcomm prévoit que l’Adreno 430 sera environ 30 % plus performant que l’Adreno 420 et d’après nos benchmarks, ce sera insuffisant pour battre Kepler. D’ici là, NVIDIA sera passé sur une déclinaison mobile de Maxwell.

La Shield Tablet propose une apparence sobre, aux lignes faisant penser à un avion furtif, avec une bonne qualité de fabrication. Bien qu’étant un peu plus grande et plus lourde que les autres tablettes 8 pouces, son utilisation ne nous a posé aucun problème en situation réelle.

Son écran constitue un compromis raisonnable entre portabilité, utilisabilité et qualité. Il faut avoir la tablette près de soi pour que les jeux proposent une certaine immersion et que les objets à l’écran, tout particulièrement le texte, restent visibles. On peut préférer les écrans plus généreux que proposent les tablettes 10 pouces, mais la Shield Tablet a au moins l’avantage d’utiliser le ratio 16:10 que nous préférons au 16:9. Comme pour la taille de l’écran, la qualité de la dalle constitue un compromis : d’autres tablettes plus compactes proposent une meilleure densité de pixels, une luminosité plus importante et un meilleur gamut. Fort heureusement, ces petits points faibles ne se sont que rarement fait remarquer.

Les haut-parleurs stéréo en façade sont bons à prendre même si leur qualité sonore est moyenne. Ils ont toutefois le mérite de bien restituer la spatialisation du son en jeu.

Avec un tel accent porté sur les performances et les jeux, on oublierait presque le stylet inclus, or la technologie DirectStylus 2 fonctionne extrêmement bien : précise, gérant la sensibilité à la pression, presque entièrement épargnée par l’input lag. La pointe biseautée du stylet donne l’impression d’utiliser un stylo et non pas un crayon non taillé. La reconnaissance d’écriture manuscrite est également très précise et nous apprécions le fait que le traitement se fasse au niveau de la tablette et non pas dans le cloud.

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L’intérêt du Shield Controller vient de toutes les fonctionnalités qui lui permettent de former un ensemble cohérent avec la Shield Tablet : l’intégration de Google Now simplifie l’interaction avec la tablette, l’utilisation du petit touchpad ou du joystick pour contrôler la souris améliore la navigation lorsque la tablette est hors de portée. La manette propose par ailleurs les boutons de navigation standard pour Android, lesquels trouvent une seconde utilité avec la navigation au sein des jeux.  La très bonne interaction avec le Shield Hub a pour effet de supprimer tout reste de dépendance que l’on pouvait éprouver vis-à-vis de l’interface tactile.

L’environnement logiciel de la Shield Tablet correspond bien à sa conception, propre et efficace. Il s’agit tout simplement d’Android enrichi par quelques applications offrant des fonctionnalités supplémentaires. Le Shield Hub s’appuie sur une interface claire pour centraliser efficacement l’accès à toutes les fonctionnalités spécifiques de la Shield Tablet. Rappelons tout de même que l’on aimerait avoir une plus grande liberté quant au choix des programmes apparaissant dans le Shield Hub.

Grâce au lanceur DirectStylus ainsi que les boutons ajoutés à la barre de navigation Android, on a l’impression que le stylet fait partie intégrante de la tablette, bien que l’on aimerait pouvoir passer plus rapidement du mode clavier virtuel au mode reconnaissance d’écriture manuscrite.

La dernière tablette de NVIDIA se distingue surtout de la concurrence au niveau des jeux et fonctionnalités dédiées aux jeux. Il existe d’ores et déjà un univers de jeux sur Android avec graphismes améliorés qui tirent parti de la puissance de Tegra K1. Des fonctionnalités comme NVIDIA Grid et GameStream permettent d’accéder aux jeux stockés sur le cloud ou sur son propre PC (à condition d’avoir un bon routeur et une GeForce suffisamment puissante). Dans un cas comme dans l’autre, l’expérience s’est avéree satisfaisante au cours des tests malgré quelques soucis de compatibilité avec des jeux sortis il y a quelques années.

Par ailleurs, nous avons rencontré des difficultés mineures avec la connectivité Wi-Fi : la Shield Tablet s’est montré systématiquement incapable de se reconnecter au réseau après activation/désactivation du mode avion. Il aura suffi d’éteindre puis rallumer le Wi-Fi pour résoudre le problème. Précisons que nous avons rencontré le même problème à plusieurs reprises en associant le Shield Controller à la tablette, sachant que la solution évoquée plus tôt s’est une fois encore avérée efficace. Nous espérons cependant qu’il s’agit juste d’un problème au niveau des pilotes et que NVIDIA le règlera à court terme.

A 300 euros pour le modèle Wi-Fi, la Shield Tablet fait envie quand bien même on ne compte pas jouer dessus. En ajoutant la couverture rabattable et le Shield Controller, on s’approche des 400 euros, soit le prix d’une Xbox One ou PS4 tout en sachant que ni l’une ni l’autre de ces consoles n’est portable. Si l’on est seulement attiré par la perspective de diffuser ses jeux PC sur un téléviseur dans une autre pièce, un portable entrée de gamme pourrait faire l’affaire avec le streaming proposé par Steam. La Shield tablet n’a donc de sens qu’à condition d’avoir besoin d’une tablette : le stylet et les capacités de jeu nomade sont des arguments que l’on qualifierait de secondaires.

Sommaire :

  1. Introduction
  2. Disponibilité, versions et accessoires
  3. Shield Tablet : tour du propriétaire
  4. Shield Controller : tour du propriétaire
  5. OS et suite logicielle
  6. Stylet
  7. Mode console et GameStream
  8. Grid, ShadowPlay et Twitch
  9. Les jeux
  10. Configuration du test
  11. Benchmarks CPU
  12. HTML5 et JavaScript
  13. Benchmarks GPU
  14. Benchmarks GPGPU
  15. Luminosité, profondeur du noir, contraste et gamma
  16. Autonomie
  17. Conclusion