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Quota sur le haut débit : la seule solution ?

Image 1 : Quota sur le haut débit : la seule solution ?

L’illimité « limité », à la manière des opérateurs de téléphonie mobile, va-t-il devenir la norme ? Alors que les débits explosent (100 mégabits/s en fibre optique), il semble que les fournisseurs d’accès à Internet aient des factures de plus en plus grosses pour la bande passante. Rappelons le principe : il y a une liaison entre votre domicile et le NRA, limité à quelques mégabits/s en général, suivie d’une liaison entre le NRA et les infrastructures de votre FAI (bien évidemment plus rapide et dimensionnée sur le nombre d’abonnés) et enfin une liaison entre votre FAI et le reste du monde. La première appartient à France Telecom, la seconde à votre FAI, du moins en zone dégroupée, et la dernière est louée par votre opérateur pour la liaison vers l’extérieur.

Un problème de coût

Il existe deux problèmes : soit l’opérateur manque de bande passante en interne, cas typique avec une technologie comme le câble où la bande passante est partagée, soit les liens entre le FAI et l’extérieur est saturé et/ou onéreux. Prenons un cas simple : vous êtes en France et allez voir un site stocké sur les pages perso de votre FAI. Si vous êtes dégroupés, c’est virtuellement gratuit pour votre FAI, le trafic restant dans ses propres tuyaux. Il y a peu de problèmes, tout du moins si les liens sont bien dimensionnés. Maintenant, vous décidez d’aller visiter un site sud-américain hébergé dans son pays. Votre demande va devoir traverser les tuyaux de votre FAI mais aussi traverser l’Atlantique et quelques autres liens. Et tous les transferts ont un coût, que votre FAI doit régler. Ensuite, les liens océaniques ont une bande passante limitée, et plus la demande est forte, plus le prix est élevé.

Les quotas

La solution la plus simple, en place depuis des années dans des petits pays (comme la Belgique) et aussi utilisées de plus en plus par certains opérateurs câble (comme aux USA) consiste à imposer des quotas. Typiquement, vous disposez d’une limite de volume (en download et en upload) et une fois cette dernière dépassée, soit vous payez soit la vitesse est limitée. En Belgique, les offres sont en général limitées à 25 Go par mois et le Go supplémentaire vaut 1 €. Aux États-Unis, les dernières offres sont à 15 $ pour 1 Go, avec un surcoût de 2 $ par Go. Par ailleurs de l’illimité est proposé pour 150 $ par mois. Cette solution est pratique pour les FAI, tout du moins si la limite est dimensionnée par rapport aux usages actuels d’Internet, ce qui n’est pas réellement le cas. Avec l’avènement de la vidéo, de la HD et des jeux on-line, il est très simple de dépasser cette limite et de se retrouver ensuite avec un débit digne d’une ligne du XXe siècle. 

D’autres solutions ?

Malgré tout, il n’y a pas vraiment d’autres solutions : les lignes océaniques ne sont pas extensibles à l’infini et les coûts augmentent. En dehors des quotas, l’autre solution consiste à augmenter les prix, ce qui n’est pas vraiment une idée plaisante. Reste que le problème pourrait être réglé, du moins pour un temps, en limitant l’usage du P2P : certaines études montrent que les contenus illégaux (et les distributions Linux) représentent près de 80 % du trafic dans certaines zones.

Au final, il reste à espérer que les FAI trouveront une solution au problème, mais étant donné que les offres « à quota » sont de plus en plus courantes, il n’est pas certain que ce soit une de leurs priorités (sans prendre en compte le fait que ce type d’offre est financièrement avantageux pour eux).