Accueil » Dossier » Reportage : comment Seagate martyrise ses disques durs » Page 5

Reportage : comment Seagate martyrise ses disques durs

1 : Introduction 2 : Phase de tests – 1ère partie 3 : Phase de tests – Vibrations 4 : Phase de tests - Chutes 6 : Analyses 7 : Conclusion

Phase de tests – 4ème partie

Nous voici dans le laboratoire dédié aux interférences électromagnétiques (EMI) du centre de Longmont, passage obligé pour les produits afin qu’ils répondent  aux normes électroniques en vigueur. Pour simplifier, Seagate teste trois aspects à ce stade :

  • L’énergie électromagnétique émise par les disques durs en fonctionnement
  • La sensibilité des disques durs aux EMI
  • La tolérance des disques durs aux chocs électrostatiques

A l’aide d’un détecteur d’EMI (structure rouge ci-dessous), Seagate mesure les émissions des disques durs, depuis le boitier d’un serveur dans le cas de la photo ci-dessous. L’antenne peut tout à fait subir une rotation afin de mieux déceler les émissions suivant différentes polarités. Notons également que le serveur et sa table sont posés sur une plateforme circulaire, ce qui permet aux ingénieurs d’orienter l’ensemble de diverses manières afin que les émissions puissent être étudiées sous tous les angles.

Image 1 : Reportage : comment Seagate martyrise ses disques durs

On voit ici l’autre versant des tests EMI, c’est-à-dire la sensibilité des disques durs aux interférences électromagnétiques. Dans une chambre anéchoïque comme celle-ci, les meubles et accessoires tendent à être conçus en bois ou en mousse : les composants métalliques risqueraient de renvoyer des EMI et donc de fausser les tests. C’est également pour cette raison que les murs sont recouverts de mousse découpée en pyramides. Tout comme l’isolation sonore, cette mousse sert à absorber les radiations électromagnétiques et minimiser les renvois de signaux, d’où l’appellation an-échoïque.

Image 2 : Reportage : comment Seagate martyrise ses disques durs

L’appareil utilisé ici ressemble à un taser et pour cause : c’en est un. Naturellement, les ingénieurs peuvent moduler la charge envoyée par l’appareil, suite à quoi les composants comme les performances des disques durs testés sont examinés dans le détail. L’opération représentée ci-dessous consiste à envoyer un choc électrostatique modéré à un pc, d’une intensité comparable à ce que l’on peut obtenir avec sa propre main après avoir par exemple marché sur un tapis lors d’une journée sèche. Les PC sont supposés être reliés à la terre, mais Seagate ne souhaite pas prendre de risques quant à la fiabilité de ses produits.

Image 3 : Reportage : comment Seagate martyrise ses disques durs

L’acoustique peut constituer un critère très important dans certaines applications pratiques du stockage, comme par exemple les disques durs équipant les boitiers multimédia et certains systèmes embarqués. Même au sein d’une tour, nous savons tous combien un disque dur peut devenir excessivement bruyant lors des opérations de recherche. La pièce que l’on voit ci-dessous est l’une des trois sur le site de Longmont permettant à Seagate de s’assurer du niveau sonore de ses produits. Il s’agit de la plus petite des trois : la seconde permet plus de mouvements autour du matériel de test, tandis que la troisième est encore plus grande afin de permettre la prise de mesures sur des préliminaires de prototypes qui ne sont pas nécessairement montés comme le sont nos disques durs.

Image 4 : Reportage : comment Seagate martyrise ses disques durs

Comme le montre la photo, de nombreux micros sont disposés de manière à entourer les produits testés. Précisons que pour certains tests, la configuration que l’on distingue sur son rack peut être éloignée afin de ne pas perturber les mesures. Particulièrement optimisés pour un bruit électrique le plus faible possible, les micros utilisés sont chacun accompagnés de leur propre préamplificateur et coûtent environ 7000 € pièce. Le buste qui sert à mesurer la qualité sonore (et non pas la puissance sonore), vaut à peu près 50 000 € à lui seul. La pièce dans lequel nous avons pris la photo a été construite sur sa propre dalle en béton afin de limiter les vibrations et coûte la bagatelle de 400 000 €. La valorisation de ces éléments permet de mieux prendre la mesure des efforts et coûts déployés pour concevoir des disques durs capables d’atteindre les valeurs acoustiques annoncés.

Image 5 : Reportage : comment Seagate martyrise ses disques durs

Sommaire :

  1. Introduction
  2. Phase de tests – 1ère partie
  3. Phase de tests – Vibrations
  4. Phase de tests - Chutes
  5. Phase de tests – 4ème partie
  6. Analyses
  7. Conclusion