Accueil » Dossier » Reportage : comment Seagate martyrise ses disques durs » Page 7

Reportage : comment Seagate martyrise ses disques durs

1 : Introduction 2 : Phase de tests – 1ère partie 3 : Phase de tests – Vibrations 4 : Phase de tests - Chutes 5 : Phase de tests – 4ème partie 6 : Analyses

Conclusion

Il nous faut insister sur le fait que les tests et analyses évoqués au travers de cet article et bien d’autres sont répétés à nombreuses reprises. Un changement de composant dans une nouvelle conception peut donner de bons résultats à température ambiante, comme dégager des résidus s’il est exposé de manière prolongée à des températures élevées. La résolution de ce problème est susceptible de perturber l’équilibre du disque ou encore d’engendrer une faiblesse structurelle, ce qui forcera également les ingénieurs à trouver des solutions. Bien souvent, on en vient à évaluer le pourcentage de composants défectueux par million d’unités (DPPM), un des principaux indicateurs utilisés au fil du processus de développement des produits (PDP), de la fabrication et enfin de l’intégration. Lorsque le taux de DPPM est suffisamment faible et qu’en parallèle, les autres indicateurs de performance et d’endurance pour un stade d’Intégration donné sont satisfaisants, la nouvelle conception avance vers la phase de tests suivante. La production augmente, tandis que les tests et analyses reprennent depuis le début avec des critères encore plus élevées. Le fait qu’une nouvelle conception puisse passer de quelques heures de fonctionnement à plus d’un million au cours des six mois sur lesquels s’étend la phase d’intégration tient un peu du miracle au final.

Comme si le centre de Longmont n’était pas assez occupé avec ses propres projets de PDP, les usines de Seagate lui envoient régulièrement des échantillons issus de la production à fins de tests et d’analyse. Le but est de confirmer que les produits répondent bien à la conception originale bien que le processus de fabrication soit différent. Si les nouvelles  conceptions sont généralement passées au crible avant d’arriver chez les consommateurs, on a déjà vu des équipementiers découvrir un problème durant leur propre cycle d’intégration et transmettre une solution au centre de Longmont pour examen approfondi.

Pour couronner le tout, les ingénieurs doivent également préparer l’avenir. Sur la photo ci-dessous, on peut apercevoir la ligne de production dédiée à la prochaine génération de disques durs chez Seagate : répondant au nom de code « Falcon », elle promet d’étendre les capacités actuelles. Cette ligne de production était en cours d’assemblage lorsque nous sommes passés, mais elle se destine bien entendu aux usines de production à terme. Une fois finalisée, elle sera elle aussi produite à grande échelle de manière à débiter des disques durs proposant 10 téraoctets d’espace et plus.

Image 1 : Reportage : comment Seagate martyrise ses disques durs

Nous avons concentré ce reportage sur les disques durs, mais il ne faudrait pas oublier que Seagate travaille également sur sa gamme de SSD à Longmont comme on peut le voir ci-dessous.

Image 2 : Reportage : comment Seagate martyrise ses disques durs

Image 3 : Reportage : comment Seagate martyrise ses disques durs

C’est l’une des dernières étapes de notre visite qui nous a probablement le plus marqués. Sur les deux dernières images de cet article, on voit l’un des cinq testeurs Gemini présents sur le site : il s’agit d’une énorme machine robotisée pouvant accueillir 6288 disques durs. Elle sert à faire tourner une quantité impressionnante de scripts sur de nouvelles conceptions, tout particulièrement celles destinés aux applications cloud. Gemini facilite par ailleurs les changements de firmware suivant les scripts utilisés et permet d’exécuter de nombreux tests. Seagate nous a confié que par rapport à son prédécesseur, Gemini occupait 60 % de place en moins tout en réduisant sa consommation de 28 %, permettant ainsi d’arriver à une baisse de 40 % des coûts de fonctionnement.

Image 4 : Reportage : comment Seagate martyrise ses disques durs

Image 5 : Reportage : comment Seagate martyrise ses disques durs

Tout ce que nous avons vu mène à la commercialisation de disques durs fiables et abordables tels qu’utilisés dans nos PC comme chez d’énormes entreprises comme Seagate. On comprend mieux pourquoi la recherche et le développement représente un investissement annuel de 2 milliards de dollars à la marque américaine, ainsi que le taux de panne annuel de 1,2% à l’échelle de l’ensemble des disques durs qu’elle produit. Les indicateurs constituent une source d’information appréciable, mais il est autrement plus enrichissant de se retrouver au cœur des processus et prendre la mesure des milliers d’heures passées à tester et re-tester les produits de manière à pouvoir afficher de telles promesses en termes de fiabilité. Pour notre part, l’expérience a été suffisamment marquante pour que l’on ne regarde plus jamais un disque dur (a fortiori un modèle professionnel) de la même manière.

Image 6 : Reportage : comment Seagate martyrise ses disques durs

Sommaire :

  1. Introduction
  2. Phase de tests – 1ère partie
  3. Phase de tests – Vibrations
  4. Phase de tests - Chutes
  5. Phase de tests – 4ème partie
  6. Analyses
  7. Conclusion