Accueil » Dossier » Retour sur les Bitcoins : peut-on créer de l’argent ? » Page 3

Retour sur les Bitcoins : peut-on créer de l’argent ?

1 : Introduction 2 : Confessions d’un mineur de Bitcoin 4 : Extraction GPU et programmes d’extraction 5 : Matériel FPGA et ASIC 6 : Aspects financiers : recettes 7 : Aspects financiers : coûts 8 : Recettes et profits 9 : Autres monnaies chiffrées 10 : Conclusion

L’algorithme d’extraction et l’extraction CPU

Ce que l’on qualifie d’ « extraction » (mining) de Bitcoin est en fait la création d’un nouveau bloc au sein d’une chaine. Au lieu de faciliter le processus de création des blocs, Satoshi Nakamoto a pris conscience qu’il faudrait une opération coûteuse en termes de calcul, exécutée comme une sorte de tombola, pour éviter que des faussaires ne subvertissent la monnaie virtuelle. Cependant, des calculs complexes et donc coûteux en ressources CPU comme en électricité nécessitent une récompense en contrepartie. Sans cela, seuls les gens mal intentionnés participeraient à la création de blocs.

Un des problèmes les plus complexes qui soit en sciences informatiques est la rétro-ingénierie d’un hash sécurisé (trouver le texte d’entrée pour un résultat donné, la signature numérique). Pour prendre un exemple simple, imaginons  Alice, une personne riche atteinte d’une maladie en phase terminale qui a écrit son testament et le stocke sur son ordinateur. Sachant que son ordinateur peut être piraté et son testament altéré, Alice a signé numériquement ce dernier avec l’algorithme de hachage SHA-256. Elle a par ailleurs envoyé par email la signature numérique à tous ses légataires, leur permettant ainsi de vérifier l’authenticité du testament. François veut hacker l’ordinateur d’Alice pour modifier le document de manière à être l’unique héritier mais fait face à un problème : il lui faut altérer le testament de manière à ce que la signature SHA-256 largement communiquée reste la même. Sans cela, tous les autres prendront conscience de la supercherie. On parle ici du problème, particulièrement complexe en termes de calculs, de rétro-ingénierie ou attaque par force brute du hachage SHA-256 : il s’agit de trouver une entrée qui corresponde à une sortie prédéfinie. Satoshi Nakamoto a décidé que pour trouver un nouveau bloc, tous les utilisateurs devraient se concurrencer pour casser le hachage, ce qui transforme donc la création de blocs en tombola géante.

Image 1 : Retour sur les Bitcoins : peut-on créer de l'argent ?

Vu qu’il s’agit d’un problème intraitable en termes de calcul, Satoshi Nakamoto l’a rendu un peu plus facile : il n’est pas nécessaire de trouver la signature exacte, mais seulement un résultat qui soit satisfaisant dans son inexactitude. En d’autre termes, une signature qui ne diffère que d’un nombre donné (et ajustable) de caractères par rapport à la signature exacte permet tout de même de créer un bloc. Ce nombre baisse au fur et à mesure que les difficultés d’extraction augmentent, rendant ainsi la résolution du problème par force brute de plus en plus complexe et limitant le rythme de création des blocs à un toutes les dix minutes. Le fait de contrôler l’ « approvisionnement monétaire » en maintenant un rythme de création des blocs constants permet d’éviter une inflation galopante.

Extraction Bitcoin sur CPU

A la base, les mineurs de Bitcoin se contentaient de faire tourner le code de Satoshi Nakamoto sur leurs configurations et d’ajouter d’autres ordinateurs pour prendre l’avantage sur les autres mineurs. Mais après le portage de l’algorithme en OpenCL (le langage parallèle similaire au C qui permet aux cartes graphiques de se comporter comme un supercalculateur du pauvre), la difficulté s’est tellement corsée que l’extraction sur CPU est devenue obsolète. En d’autres termes, l’extraction Bitcoin CPU revient bien plus cher en consommation électrique qu’elle ne rapporte.

Extraction solitaire et extraction en coopérative

Un mineur isolé participe à la tombola de création des blocs dans son coin et revient bredouille la plupart du temps. A de très rares occasions, il trouvera un bloc qui lui rapportera instantanément 25 Bitcoins (ainsi qu’un petit bonus transactionnel). Cependant, l’extraction solitaire n’a de sens qu’avec une puissance de calcul massive, c’est-à-dire 50 GH/s et plus. La plupart des mineurs préfèrent donc s’inscrire à l’une des douzaines de coopératives (comme par exemple deepbit.net ou eligius.st) pour profiter d’un revenu régulier en Bitcoins. La plupart de ces coopératives (mais pas toutes) prélèvent un petit pourcentage des revenus issus de l’extraction pour payer l’hébergement des serveurs ainsi que la protection contre les attaques DdoS.

Sommaire :

  1. Introduction
  2. Confessions d’un mineur de Bitcoin
  3. L’algorithme d’extraction et l’extraction CPU
  4. Extraction GPU et programmes d’extraction
  5. Matériel FPGA et ASIC
  6. Aspects financiers : recettes
  7. Aspects financiers : coûts
  8. Recettes et profits
  9. Autres monnaies chiffrées
  10. Conclusion