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Sale temps pour les pirates

Ca y est, le syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (Sell) est passé à l’action dans sa campagne contre les pirates informatiques, et plus particulièrement contre ceux qui téléchargent illégalement des jeux vidéos.

La chasse est ouverte

En fait, le syndicat cherche à capturer d’abord les « gros poissons », à savoir ceux qui téléchargent à outrance ce type de logiciels et qui en font commerce. Ceux-ci recevront bientôt, si ce n’est déjà fait, un message d’avertissement qui sera le dernier ultimatum avant une attaque en justice. Leur fournisseur d’accès sera également prévenu. 30 000 de ces messages ont déjà été envoyés depuis une quinzaine de jours. Bien entendu, une bonne partie des pirates passera au travers des mailles du filet mais cette action devrait tout de même en refroidir quelques uns.

C’est l’entreprise CoPeer Right Agency qui a été chargée de scruter les réseaux P2P à la recherche des gros téléchargeurs. Le Sell lui a ainsi communiqué une liste de 45 jeux récents à surveiller et le syndicat part du principe que les plus gros téléchargeurs sont aussi les plus gros partageurs. Ce sont donc ces partageurs qui seront visés dans un premier temps. Cela n’est pas anodin puisque c’est ici le cœur du réseau peer-to-peer qui est visé. En effet, on voit mal comment pourrait subsister un tel réseau si plus personne ne partage ses fichiers.

Autre nouveauté, des fichiers d’infraction seront créés dès cet été. Auparavant interdit, ce type de fichier a été autorisé par la loi du 6 août 2004 et pour mener à bien ce projet le Sell a déjà mis au travail une demi-douzaine d’agents ayant reçu l’approbation du ministère de la Culture.

Un début ?

Une telle action nous amène à quelques réflexions, notamment le fait que des syndicats tels que celui précédemment cités aient leur propre police pour effectuer une recherche « pro-active » des pirates, alors que le groupe article 29, qui réunit l’ensemble des autorités européennes de protection des données, a clairement rappelé en janvier dernier : « que la recherche pro-active d’infractions est une activité réservée aux autorités judiciaires ». Comprenne qui pourra…

Le comble, c’est que la Commission nationale Informatique et Liberté (Cnil) approuve ce projet et a donné son feu vert à ces recherches « pro-actives ». On peut dès lors se poser des questions quant au lobbying exercé par les éditeurs sur ladite Commission…

Et ce n’est pas fini, cette mesure ne s’applique pour l’instant qu’aux jeux vidéos mais elle pourrait bientôt concerner également la musique et les films. En effet, la société civile des producteurs phonographiques (SCPP), ainsi que la Sacem (qui a déjà choisi son prestataire : Adversigo) sont déjà en négociation avec la Cnil concernant des mesures similaires.

Conclusions

Bien entendu, il n’est pas question ici de cautionner le téléchargement illégal puisque rien n’est gratuit et forcément des gens travaillent comme des malades pour créer un jeu, et ces gens, comme toutes les personnes normalement constituées, désirent être payés pour leur dur labeur. Mais ce sont plutôt les mesure prises pour l’endiguer qui posent problème.

En effet, ces mesures se montrent de plus en plus agressives envers les utilisateurs. De plus, rien ne nous dit que tous les jeux téléchargés auraient été achetés car beaucoup téléchargent un jeu et n’y jouent que quelques heures, simplement pour avoir un aperçu du jeu complet plutôt que de se contenter d’une démo limitée. Pour les autres, qui téléchargent systématiquement tous les jeux et qui en font commerce, il est vrai qu’il serait intolérable de les laisser agir en tout impunité. 

Des mesures allant dans le sens des consommateurs seraient au contraire les bienvenues et pourraient être profitable pour tout le monde. A quand une baisse de la TVA sur ce type de produit, ou même une baisse générale des tarifs, ne serait-ce que de 10 Euros ? On peut toujours rêver…