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SMIC écorche TSMC, il va produire des SoC Qualcomm Snapdragon en 28 nm

Image 1 : SMIC écorche TSMC, il va produire des SoC Qualcomm Snapdragon en 28 nmUne usine SMICSMIC (Semiconductor Manufacturing International Corporation) a annoncé qu’il allait fabriquer des processeurs Snapdragon en 28 nm pour Qualcomm. On n’en sait évidemment pas combien ou lesquels, ce genre de détails étant le plus souvent tenu secret. Nous savons par contre que le fondeur fabriquera des transistors utilisant une grille métallique et une couche isolante d’un diélectrique high-k, ce qui laisse penser qu’il est technologiquement proche de TSMC qui va commencer à fabriquer en masse en 16 nm (cf. « Des FinFET 16 nm “Turbo” dès la fin de l’année chez TSMC »).

SMIC, la montée impressionnante d’un jeune fondeur

Cette annonce est symbolique, car elle représente une grande victoire pour SMIC et une grande défaite pour TSMC. SMIC est un fondeur très jeune puisqu’il a été fondé en 2000, comparativement à TSMC (1987), UMC (1980) ou même Globalfoundries qui était auparavant AMD. Son quartier général est situé à Shanghai, il dispose d’usines un peu partout en Chine et de bureaux aux États-Unis, en Italie, au Japon et à Taïwan et il compte Broadcom et Texas Instrument parmi ses clients.

Fondé par Richard Chang, un ancien de Texas Instrument et TSMC, SMIC a pu croître grâce à un modèle économique maintenant connu sous le nom de partenariat public-privé. Le fondeur passe des accords avec des villes chinoises pour qu’elles construisent les usines que SMIC opère. En échange, il emploie les résidants de ces régions et apporte un soutien important à l’économie locale. Cette méthode lui a permis d’augmenter rapidement ses capacités de production tout en limitant grandement ses dépenses d’investissements. Son modèle économique a fait l’objet d’un papier réalisé par la Harvard Business School en 2009.

SMIC devient le David face au Goliath TSMC

Ce n’est pas la première fois que Qualcomm travaille avec SMIC, mais jusqu’à présent, le fondeur se contentait de produire des modules de gestion de la consommation ou de réseaux sans fil. La fabrication d’un SoC montre que les relations entre les deux sont excellentes, mais cette décision est aussi le fruit des relations parfois tendues entre Qualcomm et TSMC, son principal fabricant de SoC.

En effet, depuis quelques années, TSMC a du mal à satisfaire la demande en Snapdragon (cf. « Les SoC Snapdradon S4 en rupture jusqu’en 2013 »), ce qui a obligé Qualcomm a allait voir ailleurs (cf. « Qualcomm résorberait la pénurie de Snapdragon grâce à UMC »). Le recours à SMIC montre que l’Américain a de moins en moins confiance dans les capacités de production futures de TSMC.

En effet, la décision d’aujourd’hui est le fruit de plusieurs années de travail entre Qualcomm et SMIC. Il faut transférer les masques, ajuster les machines et mettre en place les chaînes de production qui vont sortir les puces en question. Cela demande un temps et un investissement important. Le fait que Qualcomm ait décidé de faire le pas montre qu’il estime qu’une relation exclusive avec TSMC n’est plus une solution viable à long terme. TSMC va continuer de fabriquer des Snapdragon, mais Qualcomm a jugé bon il y a quelques années en arrière de partager cette production avec SMIC, car il estime que TSMC ne peut plus assurer cette tâche seul durant les prochaines années. Avec cette annonce, c’est l’image d’un géant qui est aujourd’hui écorchée.