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STMicroelectronics : reportage chez un fondeur qui réussit en France

1 : Introduction 3 : Les débuts et les évolutions du back-end de Rennes 4 : Processus de sélection exigeants 5 : Des tests très rigoureux 6 : Les opérations du site 7 : Les défis du site de Rennes 8 : Perspectives d'avenir 9 : Conclusion

Historique du site de Rennes

Il était une fois un moment douloureux. En 2003, l’activité front-end de Rennes (gravure des wafers) a été délocalisée à Singapour. Dans la mémoire collective (et même Wikipedia), cela a signifié la fermeture du site de Rennes. Or, nos photos montrent que cette réalité propagée par les médias (cf. vidéo de l’INA d’un JT de France 2 diffusé le 15 avril 2004 qui annonce la fermeture complète de l’usine) est fausse. L’usine est toujours ouverte et le back-end (le montage du die dans un boitier) qui est aujourd’hui le cœur de son activité n’est ni nouvelle, ni le fruit d’une transformation en réponse à la délocalisation. Il est donc important de revenir un instant sur l’histoire du site.

Image 1 : STMicroelectronics : reportage chez un fondeur qui réussit en FranceLe site à Rennes, tel que vu par Google Maps.

Le site de Rennes date des années ’60. Initialement bâti par Fairchild, il fut acquis par SGS Microelettronica (Società Generale Semiconduttori), un groupe italien de semiconducteurs qui fusionna avec Thomson Semiconducteurs en 1987 pour devenir SGS-Thomson. En 1998, Thomson SA se retira de la société qui devint alors STMicroelectronics.

Le site de Rennes avait depuis le début une activité front-end qui regroupait la totalité du processus de fabrication d’un die sur un wafer (implantation, diffusion, épitaxie, photolithographie, métallisation et test). Dans les années 2000, l’usine gravait sur des galettes de 150 mm (6 pouces). Le front-end représentait 90 % à 95 % de l’activité du site et il fut transféré à Singapour en 2003–2004 pour des raisons de rationalisation économique.

Mais, l’usine rennaise avait aussi une activité back-end depuis son origine et l’assemblage de puces destinées au marché spatial n’est pas non plus une opération « récente » puisqu’elle a commencé pour le compte de SGS en 1977. Bref, on ne peut pas parler de transformation ou de renaissance d’une activité qui a toujours existé, mais il y a clairement eu une évolution importante due au succès croissant du back-end.

Changement de visage en 2003

Au moment de la délocalisation du front-end, le back-end représentait 44 personnes et 5 % à 10 % de l’activité du site. En 10 ans, STMicroelectronics a multiplié cette activité par huit et emploie aujourd’hui une centaine de personnes.

Cette croissance, la société la doit à un investissement marketing et technologique important qui a accru la présence de ses produits sur le marché spatial. Elle a aussi travaillé à l’obtention de qualifications européennes et américaines qui font de Rennes le seul site de STMicroelectronics à pouvoir sortir des puces pouvant être vendues sur n’importe quel marché spatial dans le monde.

Pour optimiser la gestion de cette activité croissante, Rennes fut rattaché au site de Tours en 2006. Il emploie principalement des opérateurs de production, mais la société a aussi renforcé les équipes techniques. Il y a aujourd’hui deux équipes sur le site avec un petit groupe supplémentaire le week-end pour pouvoir assurer le fonctionnement des tests de fiabilité qui durent environ 1 000 heures, mais qui peuvent prendre 2 000 heures à 4 000 heures dans certains cas. La croissance de son activité va aussi donner naissance très bientôt à une équipe de nuit.

Image 2 : STMicroelectronics : reportage chez un fondeur qui réussit en FranceLe robot Curiosity.L’explosion de l’activité du site est aussi synonyme d’accomplissements notables. La dernière victoire célèbre de l’usine française est l’intégration de puces rennaises au sein du Curiosity (on nous a assuré que les puces mémoires du robot probablement corrompues par les rayons cosmiques ne proviennent pas de leurs locaux) et il est aujourd’hui impossible de dissocier Rennes de l’espace.

Sommaire :

  1. Introduction
  2. Historique du site de Rennes
  3. Les débuts et les évolutions du back-end de Rennes
  4. Processus de sélection exigeants
  5. Des tests très rigoureux
  6. Les opérations du site
  7. Les défis du site de Rennes
  8. Perspectives d'avenir
  9. Conclusion