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STMicroelectronics : reportage chez un fondeur qui réussit en France

1 : Introduction 2 : Historique du site de Rennes 4 : Processus de sélection exigeants 5 : Des tests très rigoureux 6 : Les opérations du site 7 : Les défis du site de Rennes 8 : Perspectives d'avenir 9 : Conclusion

Les débuts et les évolutions du back-end de Rennes

L’agence spatiale européenne (ESA – European Space Agency) a été créée en 1975 pour coordonner les programmes spatiaux européens et certifier les fournisseurs autorisés à vendre leurs produits sur ce marché. Deux ans plus tard, le premier fournisseur européen à être qualifié fut SGS. La qualification était d’abord destinée à une usine en Italie, mais en 1979, cette activité et la qualification européenne furent transférées à Rennes.

En 1985, l’Inde a reconnu la certification européenne, ce qui a ouvert SGS à l’agence spatiale indienne. Le Japon a suivi en 1990. L’activité spatiale était donc déjà fructueuse à l’époque, mais les perspectives de croissance étaient limitées par l’impossibilité de pénétrer le marché américain qui ne reconnait évidemment pas la qualification européenne.

Image 1 : STMicroelectronics : reportage chez un fondeur qui réussit en FranceUne des deux salles blanches.

L’Eldorado de STMicro

Dans les années 95, la société a donc décidé de travailler à l’obtention des certifications américaines. Il y en a deux, l’une portant sur les circuits intégrés et l’autre sur les composants dédiés (diodes, transistors, etc.). STMicroelectronics a reçu la première en 2000 après avoir satisfait les critères de la Defense Logistic Agency du ministère américain de la Défense. Néanmoins, la société devra attendre cinq à six ans de plus avant d’être acceptée par les industriels du nouveau continent. Le marché spatial est très frileux aux nouveaux arrivants et l’obtention d’une certification ne signifie pas le décrochage automatique d’un contrat. Il faut se faire un nom et une réputation.

En 2011, STMicroelectronics a reçu la seconde certification qui lui permet de vendre l’ensemble de son catalogue sur le sol de l’Oncle Sam. Concrètement, le marché américain qui représentait 1 % à 2 % du chiffre d’affaires de l’activité spatiale de la société a aujourd’hui atteint les 25 %. Bref, le développement de l’activité de Rennes est passé par une plus grande pénétration géographique et cela continue. En plus du marché américain, le franco-italien prend de l’ampleur sur les marchés russe et chinois qui représentent un potentiel de croissance important.

Croître sous la contrainte

Il n’y a pas de grandes différences entre les certifications américaines et européennes et les composants vendus en Europe sont identiques à ceux qui sont proposés outre-Atlantique. Il y a des petites divergences dans les protocoles de tests, mais rien de fondamentalement important. Accepter ces inconvénients bureaucratiques est le prix à payer si l’on veut vendre ses produits sur les marchés mondiaux et c’est ce qui fait en partie la force du site de Rennes, car peu d’usines dans le monde ont aujourd’hui toutes ces qualifications à la fois.

Lors de l’entretien, nous avons clairement senti qu’entretenir trois systèmes qualité pour le même composant était une lourde contrainte et monsieur Vadrot nous a avoué que s’il possédait une baguette magique, son souhait le plus cher serait d’unifier ces certifications de manière plus cohérente et efficace. Néanmoins, malgré ces inconvénients, Rennes a su non seulement s’adapter, mais aussi se développer pour proposer un savoir-faire et des technologies qui font de cette usine française un leader sur le marché spatial. Mais que se passe-t-il à Rennes ?

Sommaire :

  1. Introduction
  2. Historique du site de Rennes
  3. Les débuts et les évolutions du back-end de Rennes
  4. Processus de sélection exigeants
  5. Des tests très rigoureux
  6. Les opérations du site
  7. Les défis du site de Rennes
  8. Perspectives d'avenir
  9. Conclusion