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STMicroelectronics : reportage chez un fondeur qui réussit en France

1 : Introduction 2 : Historique du site de Rennes 3 : Les débuts et les évolutions du back-end de Rennes 4 : Processus de sélection exigeants 5 : Des tests très rigoureux 7 : Les défis du site de Rennes 8 : Perspectives d'avenir 9 : Conclusion

Les opérations du site

La croissance du site STMicroelectronics Rennes durant les dix dernières années s’explique par deux grands facteurs.

Avantages marketing

Le marché spatial croît d’environ 5 % par an et la société a su profiter de cette tendance. Elle a des puces dans le robot Curiosity, mais aussi le système de GPS européen Galiléo, MétéoSat, le lanceur Arianne, les satellites Astra de retransmission de télévision, SPOT (Satellite Pour l’Observation de la Terre) et presque tous les satellites lancés aujourd’hui.

Image 1 : STMicroelectronics : reportage chez un fondeur qui réussit en FranceLe satellite SPOT 5.

Il compte comme client les équipementiers qui vont revendre une partie d’un satellite, mais aussi avec les fabricants de satellites eux-mêmes. Son plus grand partenaire est avant tout l’agence spatiale européenne et son alter ego en France, le CNES (Centre National d’Etudes Spatiales), car STMicroelectronics leur offre une indépendance par rapport aux États-Unis. Cela se concrétise par le financement de projets de développement. Le Franco-Italien travaille aussi avec des acteurs privés dans le monde entier et il a des relations privilégiées avec les intégrateurs européens de satellites Thales-Alenia et EADS-Astrium.

Avantages technologiques

L’autre facteur qui explique la croissance de STMicroelectronics sur ce marché, et ipso facto l’explosion de l’activité de Rennes réside dans les technologies que peut produire le fondeur. Les fabricants de satellites ne recherchent pas les derniers SoC à la mode et les fréquences les plus élevées. Ils privilégient les technologies mûres, qui ont fait leur preuve sur plusieurs années. Pour un satellite qui va passer 20 ans en orbite, la fiabilité est nettement plus importante que d’utiliser la dernière finesse de gravure.

Concrètement, les puces que vend STMicroelectronics ont des finesses de gravure qui datent de 3 à 5 ans (elle est en train de qualifier des puces en 65 nm), mais la société commercialise aussi des wafers gravés en 7,5 µm (7 500 nm). C’est un avantage, car elle dispose de la seule usine dans le monde pouvant graver à cette finesse qui date des années 70 et qui reste intéressante pour les applications de haute fiabilité. De même, l’un des best-sellers parmi les transistors de l’espace est le 2N2222 qui a été présenté par Motorola en 1962.

Image 2 : STMicroelectronics : reportage chez un fondeur qui réussit en FranceUn wafer en cours de découpe.

Évidemment, la production s’est adaptée aux nouvelles normes qui régissent les usines et la maturité de ces technologies a permis d’optimiser les méthodes de fabrication. Néanmoins, la force de STMicroelectronics réside dans le fait qu’il est une des rares sociétés dans le monde à pouvoir sortir des puces d’un autre temps tout en réalisant des bénéfices.

Enfin, l’avantage technologique réside aussi dans le fait de pouvoir prendre le temps nécessaire pour développer les puces de l’espace. Contrairement à certains composants pour terminaux grand public qui demandent six mois entre le développement et la commercialisation, il peut s’écouler entre 4 et 5 ans entre le moment où une puce est développée et le moment où elle est vendue. Pouvoir maintenir les investissements nécessaires durant cette période demande des ressources qui ne sont pas disponibles à tous les fondeurs du marché.


Sommaire :

  1. Introduction
  2. Historique du site de Rennes
  3. Les débuts et les évolutions du back-end de Rennes
  4. Processus de sélection exigeants
  5. Des tests très rigoureux
  6. Les opérations du site
  7. Les défis du site de Rennes
  8. Perspectives d'avenir
  9. Conclusion