Accueil » Actualité » Surcouf : une erreur qui peut coûter cher

Surcouf : une erreur qui peut coûter cher

Dimanche dernier et une partie de la journée de lundi, le site marchand Surcouf a vendu un PDA Toshiba E800 Bluetooth à 269€, soit environ 400€ de moins que le prix pratiqué dans les autres boutiques. Des membres du forum du site PDAFrance ont vite répercuté la nouvelle et c'est environ 650 PDA qui ont été vendus en 24 heures avant que l'erreur ne soit réparée. Surcouf pourrait ainsi perdre plus de 200000€ pour cette erreur d'étiquettage (en supposant une marge de 50 euros sur le prix normal). Mais le site ne semble pas l'entendre de cette oreille et voici le courriel reçu par les personnes ayant passé commande du PDA :

« Cher Surcoufiste bonjour,

Nous faisons suite à votre commande n°**** du **/04/2004 d'un Organiseur e800 Bluetooth de marque Toshiba passée sur notre site Internet SURCOUF.COM.

Nous vous confirmons que le prix de cet organiseur au jour de votre commande n'était pas de 269 euros TTC, comme annoncé par erreur sur notre site Internet SURCOUF.COM, mais de 699 euros TTC et qu'à ce titre, de par le caractère évident de l'erreur, nous ne sommes en aucune façon obligé de vous le procurer au prix annoncé.

Toutefois, nous comprenons votre déception.

Aussi, nous avons décidé, à titre strictement commercial et pour être agréable à nos clients, d'honorer les commandes passées dans la limite des stocks dont nous pouvons disposer.

En effet, cette erreur de prix, a généré un nombre de commandes extrêmement important, dépassant de loin le nombre de produits que nous avons normalement en stock (150 unités). Par ailleurs, ce produit étant en fin de vie, notre fournisseur, Toshiba France, nous a informé de son impossibilité de nous réapprovisionner sur cette référence malgré notre demande immédiate.

Nous honorerons donc les commandes passées en fonction de l'ordre chronologique de passation de commande sur notre site Internet SURCOUF.COM à raison d'un produit maximum par client -même nom, même adresse- pour satisfaire un maximum de nos clients.

Pour les commandes passées et pour lesquelles nous ne disposons pas du stock nécessaire, nous proposerons aux internautes concernés l'achat de la prochaine version de cet organiseur à notre prix d'achat. Ce produit, le Toshiba e830, devrait être disponible vers la fin du mois de juillet. Il s'agira d'un Organiseur WIFI-Bluetooth, équipé d'un processeur 520MHz, de 128 Mo de RAM, 64 Mo de ROM et d'un écran TFT couleur tactile 4 pouces, haute résolution en 640*480. Le prix de vente de Toshiba a ses distributeurs n'est pas encore connu mais devrait se situer aux environ des 500 euros HT.

Dans l'espoir d'avoir répondu à votre attente nous espérons vous retrouver très bientôt sur SURCOUF.COM et vous prions de croire, cher Client, à nos sentiments les plus respectueux.

L'équipe Surcouf.com »

Plusieurs remarques appellent ce courriel.

Tout d'abord, contrairement à ce que dit Surcouf, « le caractère évident de l'erreur » ne les dispense pas d'exécuter le contrat. En effet, un arrêt « Cartier » de la Cour de cassation a très clairement énoncé que seul un prix dérisoire dans le cas d'une erreur d'étiquettage peut dispenser le commerçant de son obligation contractuelle. En l'espèce, un bijoutier avait vendu à un particulier une bague en or pour une somme 4 fois inférieure à son prix réel, et les juges avaient estimé que ce prix n'était pas dérisoire, seul cas ou le commerçant peut échapper à son engagement. Il est donc plus que probable que dans l'affaire Surcouf le prix ne soit pas dérisoire.

Ensuite, il faut tout de même souligner le fait que Surcouf accepte de livrer le produit au prix indiqué sur le site dans la limite de ses stocks. Certains sites marchands (comme Amazon par exemple) ont déja par le passé annulé bonnement et simplement toutes les commandes lors d'une erreur d'étiquettage, sans se soucier du droit applicable et de la satisfaction de leurs clients. De même le geste commercial fait pour les acheteurs ne pouvant être livrés est appréciable.

En tout cas cette affaire illustre les conséquences désastreuses que peut avoir une simple erreur de saisie sur un site marchand. Il est fort probable que Surcouf y regardera à 2 fois désormais lors des saisies des prix de ses articles sur son site internet.