Un ultraportable à base de mémoire flash, est-ce intéressant ?


La rumeur d’un ultraportable Apple à base de mémoire flash (en lieu et place du disque dur) resurgit. Ce qui est intéressant, c’est qu’on parle de plus en plus de la mémoire flash pour remplacer le disque dur, et pas seulement chez Apple. Sony et Samsung disposent de quelques appareils déjà équipé, d’ailleurs.

La flash va-t-elle vraiment remplacer le disque dur ?

On serait tenté de dire oui, même si à court terme c’est improbable. Il faut bien prendre en compte que la mémoire flash NAND n’est pas la solution miracle qui va remplacer le disque dur du jour au lendemain. On a tendance à souvent parler des avantages de cette mémoire (temps d’accès, silence, consommation), mais pas véritablement des défauts de la technologie. Actuellement, la mémoire flash est viable pour remplacer un disque dur de 1,8 pouce, comme ceux que l’on trouve parfois dans les ultraportables. Face à un disque dur de 2,5 pouces, et a fortiori un 3,5 pouces, c’est nettement moins évident.

La flash NAND et ses problèmes

Il faut prendre en compte le fonctionnement de la mémoire flash NAND, assez particulier. On n’accède pas directement aux données, mais bien à une copie dans un buffer. Chaque fois que l’on veut accéder à une donnée, le contrôleur interne va copier un bloc de données (typiquement 128 Ko) dans le buffer. Le temps de copie des données dans le buffer prend un certain temps, mais l’accès des données dans le buffer est quasi instantané. Si les données sont lues séquentiellement, aucun problème. En cas de lecture (ou d’écriture) aléatoire sur des petits fichiers (plus petits que la taille d’un bloc), les performances risquent de baisser sensiblement. Deuxième problème, on a très peu d’information sur la durée de vie de la mémoire flash. Avec de la NAND, on considère qu’une cellule a une durée de vie d’environ 100 000 écritures. Même si les constructeurs ont des dispositifs censés éviter les problèmes d’usure (bloc en réserve, gestion avancée de l’allocation), on n’a pas assez de recul pour pouvoir affirmer que la durée de vie est élevée.

Que gagne-t-on avec un support flash, alors ?

Un support flash a évidemment des avantages : le temps d’accès très faible (en dessous de la milliseconde) permet aux programmes de se lancer très rapidement, et face à un disque dur 1,8 pouce, les taux de transfert moyens sont comparables (un disque dur 3,5 pouces reste généralement plus rapide). Autre point intéressant dans un ordinateur portable, la consommation est faible, plus basse que celle d’un disque dur. On peut gagner entre 10 et 20 % d’autonomie. Plus anecdotique, un support flash est plus léger qu’un disque dur (quelques grammes) et est totalement silencieux.

Le prix reste le problème principal

Malgré les défauts, la mémoire flash est une bonne solution de remplacement pour un disque dur 1,8 pouce. Pourtant, il reste un problème important : le prix reste élevé. Un support flash avec une capacité intéressante (32 Go) augmente notablement le prix d’un ultraportable, déjà onéreux à la base. Un surcoût compris entre 500 et 1000 € reste une somme élevée. Et bien évidemment, on est limité en capacité maximale : 32 Go actuellement, alors qu’un disque 1,8 pouce peut atteindre 100 Go.