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Xbox One : mal embarquée, comment Microsoft tente de la redresser

2 : Et Kinect dans tout ça ? 3 : Une baisse de prix salutaire et de bonnes exclus 4 : Un retard impossible à rattraper ?

Un accouchement dans la douleur

Deux ans et demi après sa sortie, la Xbox One n’est plus la console qu’elle était à ses débuts. De nombreux facteurs ont rendu la machine de plus en plus intéressante au fil des années, et aujourd’hui en cette fin d’année 2015, elle atteint sa maturité grâce à la combinaison de multiples facteurs. Comment Microsoft, pourtant soumis à une rude concurrence, a-t-il réussi à redresser la barre alors que les choses étaient mal embarquées au départ ? Voici un tour d’horizon qui abordera les multiples aspects (rationnels et moins rationnels) qui contribuent au succès d’une console de jeux.

La Xbox One a été annoncée le 21 mai 2013 (cf. « La Xbox One dévoilée »). Elle succède à la Xbox 360 qui a été un gros succès pour Microsoft avec 85 millions d’exemplaires vendus en une dizaine d’années. Il faut tout d’abord comprendre combien la Xbox 360 a eu de l’importance pour le constructeur, cette machine qui est seulement sa deuxième console de jeu, après une Xbox première du nom qui a largement vécu dans l’ombre de la PS2. La 360 a clairement rivalisé avec le tout-puissant Sony qui de son côté a eu du mal à imposer sa PS3 aux joueurs, surtout dans les premiers temps (la faute à un prix très élevé au départ et un hardware difficile à dompter pour les développeurs, ce dernier point ayant pénalisé la console tout au long de sa vie).

Une politique au parfum de scandale

Image 1 : Xbox One : mal embarquée, comment Microsoft tente de la redresser
C’est donc un Microsoft sûr de lui qui a annoncé sa troisième console lors de l’événement Xbox Reveal. Une machine « all in one » selon les dires de Don Mattrick « pour changer à jamais le divertissement ». Dès le départ, la Xbox One est vendue comme un centre multimédia qui trônera dans votre salon. Quelque part, c’est peu surprenant quand on considère qu’elle s’adresse avant tout au marché américain que l’on sait friand de divertissements interactifs. Avec la nouvelle version de Kinect, il est possible de commander la console par la voix pour, par exemple, lui faire changer de programme à la volée, sans même utiliser de télécommande. Cette conférence de Microsoft a finalement été beaucoup centrée sur l’aspect multimédia au détriment du jeu vidéo, qui lui s’est logé au second plan de l’événement. C’est quelque part logique puisqu’une manifestation de ce type a pour vocation de présenter la console dans sa vocation première, et pour le coup, Microsoft voulait vraiment faire d’elle un produit où le joueur serait au centre d’un hub, quitte à pousser cette logique jusqu’au bout en restreignant certaines fonctionnalités jusqu’alors sacrées.

Ce que s’est gardé de dévoiler Microsoft lors de la conférence, c’est bien évidemment sa politique du « tout-connecté » nécessaire pour profiter d’un jeu vidéo. Il faudra attendre quelques jours pour apprendre au détour d’une interview que la machine ne pourra lancer les jeux que si elle est reliée à Internet. Cette nécessité de connexion n’est que la concrétisation d’un désir secret pour n’importe quel constructeur de jeu vidéo. Habituer le joueur à la connexion permanente pour un jour distribuer tous les jeux via sa plateforme maison, et ainsi bouleverser le mode de distribution classique qui multiplie les intermédiaires et augmente le prix des jeux (ou réduit la marge des constructeurs, c’est selon). Cette vision finalement compréhensible pour une entreprise se retournera contre Microsoft qui subira de plein fouet la colère des joueurs. L’impossibilité de jouer si la console n’est pas connectée à Internet, mais aussi le fait de lier un jeu à un compte afin de ne pas pouvoir le prêter provoquera un premier tollé envers la firme de Redmond.

Sommaire :

  1. Un accouchement dans la douleur
  2. Et Kinect dans tout ça ?
  3. Une baisse de prix salutaire et de bonnes exclus
  4. Un retard impossible à rattraper ?