Accueil » Actualité » .XXX : la guerre n’est pas finie

.XXX : la guerre n’est pas finie

ICM Registry, vient de porter plainte devant les instances commerciales américaines protestant que le vote rejetant l’établissement d’un nom de domaine .XXX fût en fait influencé par le gouvernement américain. À titre d’information, sachez qu’ICM Registry aurait dû hériter de la gestion des sites .XXX, leur faisant payer 60$ par an.

Une indépendance violée ?

L’ICANN soutenait le projet qui consistait à établir un domaine de premier niveau réservé aux sites pornographiques, le célèbre .XXX, jusqu’à ce que l’Administration Bush rende public sa désapprobation et son indignation. Depuis, l’ICANN a tout fait pour enterrer ce projet, ce qu’il a réussi comme nous le relatons dans notre actualité « ICANN dit non aux « .xxx » ». Pourtant, cette corporation est censée être indépendante et l’ICM Registry souhaite justement que la lumière se fasse sur les rapports entretenus entre le gouvernement américain et l’ICANN.

Les partisans contre la sectorisation de la pornographie

Cela fait maintenant quelque temps que les partisans du pour et du contre .XXX se livrent une bataille pour le moins acharnée. Il suffit de voir les réactions sur notre forum pour le comprendre.

D’un côté, il existe deux types de partisans contre ce domaine de premier niveau. Il y a tout d’abord les moteurs de l’industrie pornographique (acteurs, producteurs) qui estiment que ce nom de domaine serait préjudiciable pour leurs commerces puisqu’il limiterait les visites et les enfermerait dans un coin du web. Il y a aussi les associations conservatrices qui dénoncent une justification de la décadence et une légitimation de la débauche. Beaucoup s’entonnent du fait que ces deux parties, pourtant si opposés, se trouvent main dans la main dans cette histoire.

Il y a enfin ceux qui prônent la liberté et qui estiment qu’obliger des sites à rentrer dans le cadre du .XXX posent de nouvelles questions trop sensibles tels que l’autorité qui aura la charge de définir quel site doit basculer sur ce domaine de premier niveau. Il voit donc la porte ouverte aux dérives et au contrôle de l’information.

Les partisans pour la séparation du hot

De l’autre côté, nous avons ceux qui sont pour le .XXX et qui répondent aux pornographes qu’il sera toujours aussi simple d’accéder aux sites de charmes pour ceux qui le souhaitent, mais que cela permettra de réduire le nombre de visites accidentelles grâce à l’élaboration de filtres plus élaborés qu’aujourd’hui. On pense à la protection des enfants et les partisans pour le .XXX ont justement du mal à comprendre pourquoi les associations conservatrices sont finalement si opposées à cela. En effet, la pornographie est là et si dans le monde utopique de ces chasseurs de chairs exposées, il faut que cela cesse complètement, la réalité voit une prolifération des sites de charmes, avec ou sans .XXX. Le nombre de sites pornographiques a en effet augmenté de 1 800% en cinq ans.

Certains répondent aux partisans de la liberté, en rétorquant que ces sites ont un caractère spécial et qu’il n’y a pas de raison de croire que ce genre d’obligation s’applique à d’autres sites. De plus, ils mettent en avant l’apparition des .biz, .edu, .pro et .travel qui n’ont pas causé de problème. Enfin, ils répondent à ceux qui affirment que l’on ne pourra pas contrôler tous les sites de charmes sur la Toile en clamant que si cette solution est loin d’être parfaite, elle est mieux que les outils dont nous disposons actuellement et qui montrent vite leurs limites.