Désinformation pro-russe : comment des comptes ChatGPT ont été utilisés pour tromper les réseaux sociaux

OpenAI a annoncé mardi avoir suspendu un groupe de comptes ChatGPT utilisés dans le cadre d’une opération d’influence en ligne attribuée à des acteurs pro-russes. L’entreprise a découvert cette activité après avoir analysé des publications sur les réseaux sociaux générées par intelligence artificielle, ce qui l’a conduite à identifier une « opération d’influence bien plus large ».

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Dans un billet de blog publié le même jour, OpenAI précise que cette campagne s’articulait autour d’un site web diffusant des travaux académiques copiés et mal attribués, d’un « indice de souveraineté » présentant la Russie sous un jour favorable, ainsi que d’efforts pour masquer l’origine russe des opérateurs.

Cette affaire s’ajoute à d’autres cas signalés d’utilisation de l’IA par des acteurs pro-russes pour propager de la désinformation. Bien qu’OpenAI n’autorise pas l’accès à ses modèles depuis la Russie, les responsables de la campagne ont contourné cette restriction en utilisant des VPN pour dissimuler leur localisation géographique.

Une opération coordonnée sur plusieurs plateformes

Les opérateurs, communiquant en russe, ont exploité ChatGPT pour générer des commentaires destinés à des publications sur Substack, Telegram, X (anciennement Twitter), Facebook et LinkedIn. Ils ont également demandé à l’outil de supprimer toute trace linguistique pouvant révéler leur nationalité, selon OpenAI.

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© FlyD / Unsplash

Une partie des contenus produits promouvait une organisation nommée International Burke Institute (IBI), dont le site reprend des articles académiques existants, parfois avec de fausses attributions. La campagne incluait aussi un « indice de souveraineté », conçu pour valoriser la Russie tout en critiquant les pays occidentaux.

Si l’impact immédiat de cette opération semble limité, OpenAI souligne que son intérêt réside davantage dans l’infrastructure mise en place. Les publications issues de ChatGPT renvoient vers une institution en apparence crédible, dotée de prétendus experts, d’articles académiques recyclés et d’un indice de risque présenté comme propriétaire.

Un outil parmi d’autres pour manipuler l’information

Pour OpenAI, cet exemple illustre la manière dont des acteurs malveillants peuvent utiliser l’IA comme un outil complémentaire pour « fabriquer une autorité fictive, brouiller l’origine des récits diffusés et constituer des actifs réutilisables à plus grande échelle ». L’entreprise ajoute que l’emploi de l’IA dans de telles opérations peut aussi, paradoxalement, faciliter leur détection.

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En février 2026, OpenAI avait déjà fermé des comptes ChatGPT liés à Rybar, un média pro-russe que le gouvernement britannique décrit comme « partiellement coordonné par l’administration présidentielle russe », financé par la société d’État Rostec et collaborant avec des membres des services de renseignement russes.

OpenAI indique avoir sollicité une réaction de l’ambassade de Russie à Londres et du ministère russe des Affaires étrangères. Aucune réponse n’a été mentionnée dans son communiqué.