La fin du disque se précise : Sony et Microsoft tournent la page du physique

Sony a annoncé la fin de la production de disques pour janvier 2028. Microsoft envisagerait de faire de même avec sa prochaine console. Le marché du jeu vidéo physique s’efface progressivement au profit du tout-numérique.

Xbox et PS6 sans lecteur disque
© Microsoft

Sony a créé la surprise ce 1er juillet 2026 en annonçant officiellement l’arrêt de la production de disques physiques à compter de janvier 2028. L’information a rapidement circulé dans la communauté PlayStation, suscitant des réactions mitigées, voire franchement hostiles chez une partie des joueurs.

L’annonce ne mentionne pas explicitement que la PlayStation 6 sera dépourvue de lecteur de disque, mais le calendrier parle de lui-même : la fin de production coïncide peu ou prou avec la période à laquelle la prochaine console de Sony est attendue sur le marché. L’implication est difficile à ignorer.

Microsoft sur la même trajectoire

Microsoft envisagerait une décision similaire pour sa prochaine console, dont le nom de code interne est “Project Helix”. Celle-ci serait elle aussi entièrement dépourvue de lecteur optique. Pour l’heure, Microsoft n’a pas confirmé cette information officiellement.

Xbox Series X blanche digitale 1 To
© Microsoft

Ce scénario n’est pas sans précédent. Les deux constructeurs ont déjà amorcé ce virage lors de la génération actuelle : Sony a progressivement orienté sa production vers l’édition numérique de la PS5, qui dépasse en volumes de ventes le modèle avec lecteur dans la plupart des grands marchés depuis 2023. Du côté de Microsoft, la Xbox Series S avec lecteur de disque a tout simplement été abandonnée, laissant place uniquement à la version sans lecteur.

Des chiffres qui illustrent un glissement durable

Les données de marché disponibles vont dans le sens de cette évolution. Au Royaume-Uni, les ventes de jeux en boîte ont reculé d’environ 40 % entre 2019 et 2024. À l’échelle des plateformes PC et console confondues, le numérique représente désormais plus de 90 % des dépenses totales en jeux vidéo. Aux États-Unis, le cabinet Circana, anciennement NPD Group, documente depuis plusieurs années une baisse continue des ventes physiques, pendant que le marché dématérialisé absorbe l’essentiel de la croissance du secteur.

Sony a d’ailleurs explicitement invoqué ces tendances dans son annonce pour justifier sa décision.

La question du prix, argument supplémentaire

Un autre facteur entre en jeu : le coût des composants. Les prochaines consoles, tant la PS6 que le Project Helix, pourraient afficher des tarifs proches de 1 000 dollars, selon plusieurs estimations, notamment en raison de la hausse des prix de la mémoire et du stockage. Supprimer le lecteur optique constitue l’un des rares leviers disponibles pour contenir ce prix de vente.

Un choix qui ne fait pas l’unanimité

Cette transition ne se fait pas sans heurts. Une partie du public tient au format physique, et pas sans raisons valables. Les collectionneurs, les joueurs vivant dans des zones à faible débit internet, ou encore ceux qui évoluent dans des marchés où les prix numériques sont moins compétitifs que les versions boîte se retrouveront dans une position inconfortable.

playstation-5-slim
Fini le lecteur de disques sur la PS6 ? © Sony

Ces profils représentent une minorité, mais une minorité qui, précisément, accorde une importance particulière à ce mode d’accès au jeu. Passer outre leurs usages est un choix qui a ses propres conséquences, même si les indicateurs économiques plaident pour le tout-numérique.