Google a annoncé que son assistant Gemini a franchi le cap du milliard d’utilisateurs actifs mensuels, un seuil qu’aucun autre produit de l’entreprise n’avait atteint aussi rapidement. Cette croissance s’accompagne toutefois d’incertitudes sur le plan du développement technologique.

Le PDG de Google, Sundar Pichai, a annoncé le 11 août 2026 que Gemini comptait désormais un milliard d’utilisateurs actifs mensuels. Si treize autres produits Google ont déjà atteint ce seuil, aucun n’y est parvenu en aussi peu de temps. Il convient de préciser ce que recouvre ce chiffre : il s’agit uniquement des personnes qui ouvrent l’application Gemini ou qui se rendent sur l’interface web pour soumettre une requête ou utiliser Gemini Live. Les utilisateurs qui croisent Gemini intégré dans Gmail, Google Drive ou dans les résultats de recherche ne sont pas comptabilisés dans cette statistique.
Ce que font ces utilisateurs
Josh Woodward, vice-président de Google en charge de Gemini, a apporté plusieurs précisions sur les usages. Parmi les utilisateurs actifs, 63 % ont recours à la saisie vocale, et une part croissante d’entre eux utilisent exclusivement la voix. Concernant Gemini Live spécifiquement, 20 % des utilisateurs partagent leur caméra ou leur écran avec l’assistant pour obtenir de l’aide.
Du côté des étudiants, 38 % des requêtes liées à la scolarité incluent une pièce jointe. Google a indiqué travailler sur de nouveaux outils dédiés aux études, dont la sortie est prévue dans les prochaines semaines.

Sur le plan de la génération d’images, les utilisateurs produisent 150 millions d’images par jour via Gemini. Woodward a mentionné que des entreprises s’en servent pour créer des supports marketing. Toutes ces images sont marquées avec SynthID, le filigrane numérique de Google.
Une base d’utilisateurs aux origines variées
Google bénéficie d’un avantage structurel certain : l’application Gemini est préinstallée sur la quasi-totalité des téléphones Android dans le monde. Cela dit, Woodward a précisé que plus de 100 millions des utilisateurs actifs mensuels se trouvent sur iOS, où l’application doit être téléchargée manuellement, en concurrence directe avec des alternatives comme ChatGPT ou Claude.
Des signaux moins favorables sur le plan technologique
Si les chiffres d’usage sont en hausse, la situation est plus nuancée du côté du développement des modèles. Google a perdu plusieurs chercheurs et scientifiques clés ces derniers mois. Demis Hassabis, cofondateur de DeepMind, a quitté son rôle de direction. Il reste au sein de Google, mais des rapports indiquent qu’il n’adhère pas à l’approche de mise à l’échelle massive que l’entreprise poursuit actuellement.

Ces turbulences internes semblent avoir eu des répercussions sur le calendrier de sortie des modèles. Lors de la conférence Google I/O de cette année, l’entreprise avait annoncé la sortie de Gemini 3.5 Pro pour le mois de juin. Cette échéance n’a pas été respectée. En juillet, Google a indiqué travailler toujours sur ce modèle tout en ayant déjà commencé l’entraînement de Gemini 4. Des rapports font également état de performances insuffisantes de Gemini Pro en matière de génération de code, en retrait par rapport aux modèles d’OpenAI et d’Anthropic. À ce stade, il n’est pas certain que Gemini 3.5 Pro soit un jour publié.
Le milliard d’utilisateurs constitue une étape significative, mais la question de savoir si Gemini parviendra à maintenir cette dynamique face à une concurrence en progression et à des difficultés internes reste ouverte.