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↑ ↑ ↓ ↓ ← → ← → B A Start, l’auteur du Konami Code est décédé

Kazuhisa Hashimoto, le père du fameux Konami Code, nous a quittés la nuit dernière. Censée faciliter le débogage de Gradius, en 1986, sa manipulation a très largement dépassé le cadre du jeu vidéo.

Onze pressions successives, enchaînées dans un réflexe pavlovien tant on les a pratiquées face à l’adversité pixellisée d’une génération de jeux vidéo. Le « Konami Code », cette fameuse séquence consistant à appuyer sur les touches « Haut Haut Bas Bas Gauche Droite Gauche Droite B A Start » sur NES pour débloquer des bonus, des options ou des vies infinies, pleure aujourd’hui son père fondateur. Kazuhisa Hashimoto, l’un des producteurs emblématiques de l’éditeur Konami, nous a quittés dans la nuit du 25 au 26 février 2020, à Tokyo.

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Milieu des années 80. Après le krach du jeu vidéo de 1983 aux États-Unis, qui laisse pantois toute une industrie après qu’elle ait publiée frénétiquement quantité de titres de piètre qualité, les feux des projecteurs sont braqués sur le Japon. On connaît la suite : devenu ce nouvel eldorado, le pays du Soleil Levant a réinterprété puis façonné, développé et réinventé ce média. Premier étendard et jonction entre les deux continents, le shoot-em-up est naturellement un terrain de jeu tout trouvé pour que les jeunes équipes expriment leur talent. Chez Konami, après un Scramble en 1981 qui évolue précisément sur ces terres, on réfléchit à un digne concurrent au Xevious de Namco qui rafle tous les suffrages à l’époque. C’est ainsi que naît Gradius, l’un des shoot-em-up vedette de l’éditeur. 

Gradius, l’improbable point de départ pour des raisons de débogage

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Une équipe se compose autour de Machiguchi Hiroyasu, l’un des principaux lieutenants de l’éditeur. « On m’a confié une équipe, mais puisque vous ne pouvez pas réellement concevoir un jeu vidéo avec vos seules idées, j’ai demandé à tout le monde le type de jeu qu’ils voulaient créer, explique-t-il. À ma surprise, tout le monde a répondu « un shoot-em-up ! » et c’est ainsi que le projet a pris forme. À cette époque, c’était l’âge d’or de Xevious de Namco, et on a tous eu le sentiment enthousiaste que, si on allait créer un shoot-em-up, il fallait surpasser Xevious. Quant au choix d’un scrolling horizontal, c’est parce qu’on disposait encore des éléments de Scramble et qu’on nous a demandé de les réutiliser le plus possible. En réalité, Gradius devait à l’origine être Scramble 2 », se souvient-il.

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Gradius sortit ainsi en 1985 sur borne d’arcade, le terrain de jeu de prédilection de Konami et des éditeurs japonais. Mais il fut rapidement appelé à être décliné à quantité de plates-formes complémentaires … notamment la Famicom (NES) de Nintendo. Comme bien souvent à l’époque, les équipes sont réduites et le portage vers la console 8-bits de Nintendo est confié à une seule personne, Kazuhisa Hashimoto. Jeune programmeur engagé chez Konami, il s’attèle ici à l’un de ses premiers travaux à la sortie de ses études et le jeu sort le 25 avril 1986 au Japon et le 30 novembre 1988 en Europe. Jugeant la difficulté trop élevée alors qu’il devait sans cesse recommencer des parties pour tester son travail, il imagina un code à exécuter à la manette pour débloquer toutes les options du jeu (notamment les armes les plus évoluées et les boosts), qui fut finalement maintenu dans la version finale. Haut, haut, bas, bas, gauche, droite, gauche, droite, B, A, Start : le Konami Code est né.

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Et il est pleinement entré dans la culture populaire. On le retrouve ainsi dans de nombreux autres jeux de l’éditeur, comme Contra (Probotector), Life Force, Parodius ou encore Teenage Mutant Ninja Turtles IV: Turtles in Time. Mais aussi dans les titres d’autres éditeurs, comme Rocket League ou League of Legends, ou au cinéma (Les Mondes de Ralph, en 2012, utilisent ce code), à la télévision (l’épisode 56 de Bref l’évoque), ou en musique (les Deftones ont composé le morceau U, U, D, D, L, R, L, R, A, B, Select, Start sur leur album Saturday Night Wrist). De très nombreux sites web ont également exploité cette possibilité, façon easter egg, comme le site web du parti politique Modem ou encore de la Banque du Canada.