Apple a retiré certaines applications russes de l’AppStore américain, ce qui ne plait évidemment pas à la Russie.

La Russie a demandé à Apple de justifier la suppression de plusieurs applications développées par VK, entreprise technologique sous contrôle de l’État russe, de l’App Store américain.
Des suppressions qui s’accumulent
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large. Apple avait déjà retiré, ces dernières semaines, plusieurs applications bancaires russes dissimulées sous d’autres identités, dont l’une avait réussi à atteindre le top 3 des téléchargements aux États-Unis. Les applications de VK sont venues s’ajouter à cette liste, elles aussi supprimées sans préavis selon la société.
Dans un communiqué, VKontakte a indiqué que ses apps avaient été retirées “sans avertissement ni explication” du magasin d’applications d’Apple, précisant que l’entreprise n’a jamais fait l’objet de sanctions américaines. La société a également souligné que ces suppressions privent les utilisateurs russes d’accès à des services utilisés quotidiennement par des dizaines de millions de personnes, parmi lesquels des réseaux sociaux, des messageries, des plateformes vidéo, des services de messagerie électronique et des outils éducatifs.
Moscou hausse le ton
Un porte-parole du Kremlin a déclaré à Reuters que si Apple ne fournissait pas d’explication, la Russie devrait “tirer des conclusions en conséquence quant à la poursuite de toute coopération avec cette entreprise”. Une formulation qui laisse planer une menace sans en préciser la nature.

Du côté d’Apple, la réponse est lapidaire : la société affirme avoir agi dans le cadre du respect des sanctions en vigueur et rappelle qu’elle applique les lois des pays où elle opère.
Un contexte tendu
Cette controverse survient alors que la Russie continue de renforcer son emprise sur l’espace numérique national. L’an dernier, Moscou a imposé l’installation préalable de MAX, une application de messagerie développée par VK et soutenue par l’État, sur tous les téléphones et tablettes vendus sur le territoire russe. Dans le même temps, les autorités ont restreint l’usage des appels via WhatsApp et Telegram.
Apple, qui a cessé ses ventes officielles en Russie en mars 2022, n’est pas directement concernée par ces mesures.
La situation de VK elle-même mérite d’être précisée : si l’entreprise n’est pas sous sanctions occidentales, son directeur général, Vladimir Kiriyenko, fait lui l’objet de sanctions de la part de l’Union européenne, du Royaume-Uni et des États-Unis. Son père, Sergueï Kiriyenko, occupe quant à lui le poste de premier chef de cabinet adjoint de Vladimir Poutine.