Si les espoirs d’Apple se tournaient vers la Chine pour la RAM de ses prochains appareils, ces derniers pourraient être balayés. En cause, le gouvernement chinois, le gouvernement américain, mais aussi l’entreprise elle-même, qui ne pourrait pas suivre la demande.

Les espoirs d’Apple de se fournir en puces mémoire auprès du fabricant chinois CXMT se heurtent à plusieurs obstacles de taille, selon des analystes sud-coréens. Entre les restrictions potentielles de Pékin et les capacités de production limitées de l’entreprise, la piste chinoise semble difficile à concrétiser.
Le contexte : une pénurie qui fait monter les prix
La pénurie de mémoire est revenue au centre des discussions ces dernières semaines. Apple a récemment relevé les prix de plusieurs de ses produits, invoquant des tensions sur l’approvisionnement en puces mémoire. Ces tensions sont en grande partie alimentées par la demande soutenue liée aux processeurs d’intelligence artificielle, qui consomment des volumes importants de mémoire à haute bande passante.

Dans ce contexte, des rapports ont fait état de démarches d’Apple auprès du gouvernement américain pour obtenir une exemption lui permettant de s’approvisionner auprès de CXMT, un fabricant chinois de semi-conducteurs. Une démarche notable, sachant que le Pentagone a classé CXMT parmi les entreprises militaires chinoises sous l’administration Biden, et que la société figure également sur la liste des entités soumises à des restrictions commerciales établie par le département du Commerce, selon Reuters.
Pourquoi CMXT attire tant de convoitises ?
CXMT a fait parler de lui à plusieurs reprises ces derniers mois. En juin, le Seoul Economic Daily affirmait que l’entreprise aurait atteint un niveau comparable à ses concurrents sud-coréens en matière de mémoire HBM3, un type de mémoire utilisé notamment dans les GPU H100 de Nvidia, des puces qui représentent aujourd’hui deux générations de retard par rapport aux dernières Rubin. Par ailleurs, Google évaluerait également la pertinence de l’usage des puces de CXMT, selon d’autres sources.
La mise en garde des analystes coréens
Pour la banque d’investissement sud-coréenne Korea Investment & Securities (KIS), la probabilité qu’Apple parvienne réellement à s’approvisionner auprès de CXMT reste très faible, même si Washington accordait l’exemption demandée.
Leur raisonnement tient en deux points. D’abord, le gouvernement chinois pourrait lui-même bloquer toute exportation de puces mémoire vers des entreprises étrangères. En cause, CXMT a récemment réorienté une partie de sa production de mémoire LPDDR vers de la DDR, afin de répondre à la demande intérieure chinoise. Ce changement a provoqué une pénurie de DRAM sur le marché domestique, qui pénalise déjà les fabricants de smartphones chinois. Dans ce cadre, Pékin aurait toutes les raisons de privilégier ses propres industriels.
Ensuite, KIS souligne que CXMT peine déjà à satisfaire la demande intérieure. Ses capacités de production seraient donc insuffisantes pour peser sur le marché mondial, indépendamment de toute question réglementaire ou politique.