L’AGP, encore en vie ?
Même en 2009, l’AGP existe encore. NVIDIA ne propose plus de cartes avec cette interface depuis les GeForce 8 (fin 2006) mais AMD a encore quelques références récentes dans sa gamme, avec un pont PCI-Express vers AGP adapté aux dernières générations (HD 4650, par exemple).
Après PCI et PCI-Express, petit retour sur l’AGP, un connecteur qui a fait le bonheur des joueurs et n’a pas dit son dernier mot…
Du PCI… en mieux
L’AGP a été pensé pour pallier aux limites du PCI pour les cartes graphiques. Premier point, le bus est point à point et dédié à la carte graphique : sauf cas particulier, le bus AGP est limité à un seul connecteur. Deuxième point, qui découle du premier, la fréquence est plus élevée (il est plus simple de travailler à hautes fréquences sur un seul connecteur que sur cinq ou six). L’AGP travaille en 32 bits, comme le PCI, mais à 66 MHz au minimum (AGP 1x, 266 Mo/s). L’AGP existe aussi en version 2x (533 Mo/s, DDR), 4x (1 Go/s, QDR) et 8x (2 Go/s, ODR). Notons que le bus travaille en 3,3 V en 1x et 2x, 1,5 V en 4x et 0,8 V en 8x. Enfin, des versions 64 bits et Pro ont été proposées : la première n’a jamais vu le jour, en dehors du développement de la norme, et l’AGP Pro a simplement été utilisé sur de rares cartes mères pour alimenter la carte graphique avec plus de puissance. Enfin, la norme AGP 3.0 permet d’intégrer plusieurs bus sur la même machine (et donc plusieurs connecteurs) mais cette possibilité n’a été que rarement utilisée, le PCI-Express rendant cette option plus simple.
Plusieurs connecteurs

Les usages de l’AGP
Les usages de l’AGP sont simples, et le nom le confirme : l’Accelerated Graphics Port est prévu pour les cartes graphiques. La majorité des cartes AGP sont des cartes 2D/3D mais des cartes accélératrices 3D en AGP existent aussi (comme des Voodoo 2). L’interface a été utilisée entre 1999 et 2005 environ comme connecteur principal pour les cartes graphiques. Les premiers modèles (en 1998) l’utilisaient en fait comme un PCI rapide alors que les derniers modèles utilisent une puce qui fait office de pont entre l’AGP et l’interface native des cartes (le PCI-Express).
La gestion au niveau du chipset
L’AGP est pris en charge par le chipset, au niveau du northbridge. La norme est disponible depuis l’arrivée du Pentium II (chipset 440LX chez Intel) et
a été de la partie jusqu’au i975, avant l’arrivée du PCI-Express. Via, AMD et d’autres ont aussi proposés des chipsets AGP pour Pentium (et K6) et certaines cartes mères récentes disposent aussi de chipset compatible AGP (ce qui est plus simple chez AMD, avec l’HyperTransport). Dans les faits, l’intégration au northbridge est nécessaire pour exploiter une des fonctions (peu utilisée) de l’AGP : la possibilité d’utiliser de la mémoire système comme mémoire vidéo. Expliquons. Avec le PCI, pour accéder à une donnée, il est nécessaire de la copier de la mémoire système (RAM) à la mémoire vidéo, ce qui a le défaut d’occuper le bus, la mémoire vidéo et la mémoire centrale. En AGP, il est possible de lire directement en mémoire centrale. Cette option devait permettre de proposer des cartes peu onéreuses, sans mémoire dédiée, mais les performances limitées font que le tout n’a jamais été utilisé, sauf dans quelques rares IGP.
Dans la pratique, l’AGP a été remplacé par le PCI-Express, plus rapide et plus souple, même si le gain en performance est assez faible dans la pratique.
- Gros plan sur les interfaces : PCI-Express
- Gros plan sur les interfaces : PCI
