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Papier, nouilles, crayons, les débuts cocasses des marques high-tech

Vous pensiez que toutes les grandes marques high-tech avaient d’emblée les mains rivées dans les puces et les transistors ? Plongez dans notre grande rétrospective et découvrez leurs débuts insolites !

Image 1 : Papier, nouilles, crayons, les débuts cocasses des marques high-tech

Apple, Microsoft, Google, Facebook… les entreprises les plus célèbres aujourd’hui ont encore la même raison d’être qu’à leurs débuts. Mais ce n’est pas vrai de toutes les marques qui naviguent dans la galaxie high-tech, bien au contraire.

Certaines, plus que centenaires, ont commencé dans un tout autre domaine, avant de bifurquer vers les nouvelles technologies. Embarquez dans notre machine à voyager dans le temps pour découvrir les plus curieux exemples de reconversion.

Sega

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À l’origine fut Standard Games, en 1940, qui devint vite Service Games après la seconde guerre mondiale. Son activité : fabriquer des machines à sous. En 1951, l’entreprise s’est exilée au Japon pour continuer son activité alors que les Etats-Unis avaient interdit les machines à sous sur son territoire.

La marque Sega (contraction de Service Games) est apparue pour la première fois en 1954, sur la machine à sous Diamond Star. Revendue à un conglomérat américain, Sega fera succès dans les premières bornes d’arcades dans les années 70, son premier jeu vidéo est alors Pong-Tron, en 1973. La première console de salon Sega est ensuite arrivée en 1983, c’était la Sega Game 1000. Vous connaissez la suite !

Toshiba

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L’histoire de Toshiba est particulièrement intéressante, car elle remonte certainement au plus loin dans l’histoire des grandes marques de la technologie. Il faut revenir à un certain Tanaka Hisashige (à gauche sur l’image ci-dessus), né en 1799 ! Il fut un brillant inventeur et ingénieur, dont la première création était un « proto-robot » tirant des flèches sur une cible. Il est même surnommé le « Thomas Edison du Japon ». À peine 6 ans avant sa mort, il fonde l’entreprise Tanaka Seisakusho, qui sera l’un des ancêtres de Toshiba, et fabricant du premier télégraphe japonais.

Tanaka Seisakusho devint Shibaura Seisakusho en 1893, puis fusionna en 1939 avec Tokyo Denki. Il s’agit du second ancêtre de Toshiba, fondé par un autre petit génie japonais : Ichisuke Fujioka (à droite de l’image), un pionnier de l’ampoule l’électrique. En 1939, cette fusion donne l’entreprise Tokyo Shibaura Denki, très vite surnommée Toshiba par contraction. Ce surnom ne devint pourtant officiel qu’en 1978, sous le nom de Toshiba Corporation.

Nokia

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Le finlandais Nokia n’a pas éclos au début des 1990 en fabriquant des téléphones portables. Son histoire remonte à bien plus loin ; Nokia est l’une des rares marques high-tech nées au 19e siècle. Tout commence en 1871 à Nokia, petite ville située sur le cours de la rivière Nokianvirta. Fredrik Idestam et Leo Mechelin y possèdent un moulin à pâte à papier et baptisent leur entreprise, Nokia.

L’évolution vers le Nokia que nous connaissons aujourd’hui fut tortueuse. Nokia se diversifia en premier lieu dans la fourniture d’électricité. L’entreprise échappa de peu à la banqueroute après la première guerre mondiale en étant rachetée par son principal client, une fabrique de caoutchouc. Quelques années plus tard, en 1922, cette société en rachète encore une autre, spécialisée dans les câbles télégraphiques. Les trois entreprises utilisent toutes le nom de Nokia sur leurs produits, mais elles ne seront formellement réunies au sein du groupe Nokia qu’en 1967.

Samsung

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Nouveau roi des télécommunications ayant détrôné Nokia, le coréen Samsung a connu lui aussi des débuts tout à fait éloignés de la high-tech. En 1938, Lee Byung-Chull fonde Samsung Sanghoe, une entreprise d’import-export près de la ville de Daegu. L’entreprise fabrique rapidement ses propres produits à commencer par des nouilles, puis du sucre, de la laine.

Cette logique de diversification et d’industrialisation est à l’origine d’un groupe tentaculaire. Samsung est arrivé dans l’électronique au début des années 1970, en fabriquant grâce à une alliance avec le japonais Sanyo des télévisions noir et blanc.

LG

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Frère ennemi de Samsung, LG n’a pas non plus débuté dans l’électronique. En 1958, In Hwoi Koo (en photo) fonde Lak Hui Chemical Industrial Corporation. Elle commercialise de la crème Lak Hui. Lak Hui (qui se prononce comme le mot anglais « lucky ») se développe dans les cosmétiques et l’industrie chimique, produisant ensuite du dentifrice et des tuyaux PVC.

En 1958, Lak Hui crée GoldStar. Ltd, filiale spécialisée dans l’électronique, qui produit sa première radio l’année suivante. Le duo Lucky-Goldstar, se renommera en 1995 LG.

HTC et VIA

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Qu’ont en commun HTC et VIA Technologies ou Nanya ? Ils appartiennent tout simplement à la même famille ! Derrière ces trois marques bien connues de l’informatique se cache en effet le Formosa Plastics Group, géant taïwanais de l’industrie pétrochimique.

Créé en 1958, FPG a bâti son succès sur la fabrication de PVC. FPG fut fondé par Wang Yung-Ching, dont la fille, Cher Wang (ci-contre) créa en 1987 VIA Technologies, puis en 1997 HTC.

Sharp

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Heureusement, le pétrole n’est pas à l’origine de tous les leaders de la high-tech. Le japonais Sharp a construit son succès sur une invention moins ambitieuse en apparence : le portemine.

En 1915, Tokuji Hayakawa, fondateur de Sharp, conçut un portemine légèrement différent des modèles en circulation à l’époque et le baptisa Ever Sharp Pencil, autrement dit « crayon toujours taillé ». L’entreprise tira son nom de ce produit. Dès 1925, Sharp s’essaya aux radios, puis aux téléviseurs et enfin aux calculatrices à transistors en 1964.

Philips

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Le groupe néerlandais Philips a cette année 129 ans. Il fut créé par un père et son fils Frederik et Gerard Philips à Eindhoven en 1891 (rejoint ensuite par son frère Anton, ci-contre, avec Gerard). Les premières années, Philips produisait quasi exclusivement des lampes à incandescence.

Assez rapidement, l’entreprise va se diversifier vers les nouvelles technologies d’alors : tubes à vide à rayons X, réception d’ondes hertziennes… En 1927, Philips produit ses premières radios. Philips aura par la suite une forte influence sur la high-tech : on lui doit notamment la cassette audio (1963), puis, conjointement avec Sony, le CD (1981), le DVD (1997) et le Blu-ray (2006).

Nintendo

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L’histoire de Nintendo débute elle aussi au 19e siècle, en 1889. Fusajiro Yamauchi fabrique alors des cartes à jouer (des cartes d’Hanafuda), dessinées à la main. De 1889 à 1956, ce sera la seule activité de Nintendo.

En 1956, toutefois, Yamauchi effectue une visite aux USA et décide de se diversifier. Après de nombreux essais tous azimuts, l’entreprise se lance dans la fabrication de jouets. L’évolution vers le jeu vidéo se fait dans les années 1970, avec le lancement de la console Color TV.

Panasonic

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Panasonic est née grâce à l’obstination de son fondateur Konosuke Matsushita. Le groupe s’appela d’ailleurs Matsushita jusqu’en 2008, Panasonic n’étant qu’une marque commerciale. Matsushita débuta très humblement en 1918, en fabriquant des douilles pour lampes domestiques. Quatre ans plus tard, c’est grâce à une lampe pour vélos que Matsushita connut le succès.

La marque Panasonic est apparue en 1961, sur les premiers téléviseurs de la firme destinés au marché américain.

Casio

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Casio est célèbre pour ses calculatrices (qui n’a jamais utilisé un Fx-92 Collège ?), mais ce n’est pas le produit qui a lancé la société. Lorsqu’il crée Casio en avril 1946, Tadao Kashio sort la pipe yubiwa, un anneau porte-cigarette qui permet de fumer une cigarette sans se brûler les doigts tout en laissant les mains libres pour d’autres tâches.

Les profits générés par la yubiwa financeront le développement d’un autre produit beaucoup plus complexe : la première calculatrice électrique, à relais, du Japon. Ce modèle 14A (ci-dessus, devant les frères Kashio) qui a demandé presque 10 ans de mise au point innove par rapport à ses concurrents sur de nombreux points. Elle est notamment la première à utiliser un afficheur unique, montrant successivement les différents membres des opérations.

Texas Instruments

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L’autre grand fabricant de calculettes, Texas Instruments, ne doit pas son existence à la cigarette, mais au pétrole. En 1930, Eugene McDermott, cofonda le Geophysical Service Inc. (GSI), entreprise dédiée à la recherche de gisement de pétrole par sismographie. Pendant la seconde guerre mondiale, GSI étendit ses compétences à l’électronique et décrocha des contrats avec l’armée américaine. Cette activité rapportant beaucoup plus, la société fut renommée en Texas Instruments.

En 1954, elle fabrique le premier transistor en silicium commercialisable et lança la première radio à transistors. En 1958, Jack Kilby inventa dans les laboratoires de Texas Instruments le premier circuit intégré.

IBM

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IBM n’est certes plus une marque aussi importante pour le grand public qu’il y a 39 ans, lorsqu’elle lançait le premier PC. Mais la société reste un mastodonte. D’où vient sa puissance ? De l’intuition de l’un de ses fondateurs, Hermann Hollerith. Statisticien au bureau du recensement des États-Unis, il eut l’idée d’utiliser les cartes perforées alors employées sur des métiers à tisser comme support de stockage pour les données informatiques.

Son premier succès fut le recensement de 1890 aux USA. Il fonda alors sa propre société Tabulating Machine Company en 1896. À la suite de nombreuses fusions et acquisitions, la Computing- Tabulating- Recording Company (C-T-R) naquit en 1911, mais c’est seulement en 1924 que l’entreprise prit le nom d’IBM.

Logitech

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Qui n’a pas déjà utilisé une souris, ou un clavier Logitech sans se demander pourquoi la marque portait ce nom si étranger aux périphériques ? Il faut chercher l’explication dans les origines du fabricant.

Logitech est fondé le 2 octobre 1981… à Apples (dans le canton de Vaud, en Suisse). La société devait programmer un éditeur graphique pour Ricoh, or l’équipe eut vent des travaux menés par l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne pour perfectionner la souris inventée par Douglas Engelbart. Puisque ce périphérique était adapté aux interfaces graphiques, Logitech a aidé les chercheurs et mis en vente la première souris, la Logitech P4 dès 1982 (en photo), pour 299 dollars. Le succès vint assez vite, notamment grâce à une commande de HP.

Epson

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Epson est synonyme aujourd’hui d’imprimantes et de vidéoprojecteurs. Ses origines sont très éloignées. En 1942, Hisao Yamazaki, horloger, fonde Daiwa Kogyo, Ltd avec l’aide de la famille Hattori, elle-même à l’origine du groupe Seiko. L’entreprise fabrique des pièces de montres pour Daini Seikosha, avec laquelle elle fusionne en 1959 pour former Suwa Seikosha Co., Ltd.

C’est à cette marque que l’on doit la première montre à quartz. Pour les jeux Olympiques de Tokyo de 1964, l’entreprise est responsable des chronométrages officies et doit inventer une imprimante capable d’imprimer les temps mesurés. Une version commerciale verra la jour en 1968, baptisée EP-101, (en photo). EP, pour Electronic Printer. En 1975, le nom Epson est apposé sur les modèles d’imprimantes suivants : EP-Son, le fils du EP.