Overclocker sa carte graphique : pourquoi, comment ?

Dans le BIOS avec NiBiTor

En préambule, insistons sur un point : avant toute modification du BIOS, il faut que la stabilité de la carte aux fréquences choisies ait été testée au préalable via logiciel. En effet si vous poussez trop loin votre carte, vous n’aurez tout simplement plus d’affichage, et ne pourrez donc pas facilement revenir en arrière. De même, assurez-vous bien sûr que rien ne viendra perturber les quatre secondes que dure le flashage, sans quoi vous vous retrouveriez avec une carte inutilisable dans les mains.

Les limites de NiBiTor

Une fois les meilleures fréquences tolérées par la carte déterminées grâce à RivaTuner ou nTune, il est tentant de les inscrire en dur dans le BIOS de la carte. Pour cela, il faut tout d’abord se munir d’un éditeur de BIOS. Pour les Geforce, il s’agit de NiBiTor (Nvidia Bios ediTor). Une fois ce logiciel installé, la première étape consiste à lire et sauvegarder le BIOS original de la carte, via le menu Tools, Read Bios, Read into File. Le nom du BIOS doit être de huit caractères au maximum, non accentués. Par exemple 9600base.rom.

NiBiTor allows changes to the BIOS, while remaining simple access

Une fois le BIOS sauvé, on peut le modifier. L’onglet ouvert par défaut laisse voir quatre ensembles de fréquences différents Extra, 3D, Throttle et 2D. 3D et 2D n’appellent pas d’explication, mais Extra et throttle sont plus mystérieux. Throttle désigne les fréquences auxquelles le GPU doit descendre lorsqu’il détecte que sa température est trop haute. Extra est en fait un nouveau mode introduit par Nvidia sur les Geforce 8, qui a rendu obsolète les précédents. C’est à cause de ce mode extra que les dernières Geforce 8 ne modifient plus leur fréquence automatiquement selon 2D ou 3D. Nous avons essayé bien sûr de contourner ce fonctionnement. Nous avons d’abord essayé en ajoutant des fréquences 2D en plus des Extra, puis même supprimant les fréquences "Extra" et en les remplaçant par des 2D et 3D, mais aucune de ces tactiques ne fut efficace : la carte fonctionnait toujours en permanence aux fréquences "Extra".

We were unable to add frequencies 2DThe fan control via NiBiTor

De même, nous espérions que NiBiTor nous permette de contrôler finement la ventilation. En effet, comme RivaTuner ou nTune, NiBiTor donne la main sur d’autres paramètres que les fréquences de fonctionnement de la carte. La régulation thermique est cachée dans l’onglet "Temperatures". Mais aucune des modifications que nous y avons apportées n’a eu d’effet.

Qui a une disquette ?

Bref, la seule modification que nous ayons pu apporter au BIOS est le passage des fréquences extra de 650/1625/900 MHz d’origine à 767/1950/1116 MHz. Une fois le BIOS modifié, il faut l’enregistrer sous un nom clairement identifiable, par exemple 9600OC.rom. Ce fichier doit alors être transféré sur un support de stockage amorçable. En effet, le flashage ne peut se faire sous Windows, il faut démarrer sur un volume en mode DOS. Quel volume ? Une disquette par exemple. Comment ? Vous avez sacrifié ce bon vieux lecteur 3,5" sur l’autel de la modernité ? Pas de panique, il est possible de formater une clé USB de manière à la rendre amorçable. La méthode la plus simple est encore d’utiliser un petit utilitaire, en provenance de chez HP, téléchargeable à cette adresse. Ce programme automatise la création d’une clé USB amorçable en y copiant les fichiers systèmes DOS de Windows 98.

Une fois la clé ou la disquette correctement formatée, copier le fichier du BIOS modifié dessus. Copiez également l’original, de sorte à pouvoir revenir en arrière si les choses tournent mal. Enfin, copiez l’utilitaire NVFlash, au nom évocateur. C’est lui qui va réaliser le flashage de l’EEPROM proprement dit. Au redémarrage, il suffit de taper la ligne de commande

nvflash -4 -5 -6 9600OC.rom

On valide, et... voilà !

NVFlash : 1...... et 2 !