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SAS ou SATA pour un serveur ?

SAS ou SATA pour un serveur ?
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En matière de stockage, les produits utilisés dépendent principalement du profil de l’utilisateur : les amateurs de performances préfèrent les SSD alors que ceux pour qui la capacité prime ne jurent que par les disques durs, pour autant qu’ils offrent un bon rapport volume/prix, qu’ils soient suffisamment rapides, silencieux et économes ; ces deux critères revêtent par contre souvent une importance secondaire dans les serveurs d’entreprises, où les éléments les plus critiques sont généralement la fiabilité et la stabilité des performances.

SSD ou disque dur ?

Plus le temps passe, et plus on entend que les SSD représentent l’avenir du stockage, comme si les disques durs pouvaient d’ores et déjà être relégués au musée de l’informatique. Certes, les SSD offrent des performances en E/S que seules les grappes RAID de disques durs sont capables d’atteindre et des débits qui ne font qu’augmenter (et déjà jusqu’à trois fois supérieurs à ceux des disques durs à l’heure actuelle), mais en termes de fiabilité, de capacité de stockage ou de rapport consommation/capacité, ils sont encore loin de pouvoir rivaliser avec leurs aînés.

En règle générale, les SSD actuels ont une capacité limitée à 256 Go ; les modèles offrant plus sont relativement rares et surtout nettement plus onéreux. Il est pour l’instant impensable d’utiliser ce type de supports pour créer une grappe de stockage servant d’archive ou de sauvegarde réseau (ce qui nécessite souvent plusieurs téraoctets) : leur capacité est trop faible et leur coût bien trop élevé par rapport aux disques durs. Enfin, personne ne peut encore affirmer avec certitude si les SSD sont aussi fiables qu’une grappe de disques durs.

Conclusion : les SSD sont des produits parfaitement adaptés à certains scénarios, mais uniquement si ceux-ci nécessitent des performances élevées et pour autant que vous prévoyiez une certaine redondance.

3,5" ou 2,5" ?

Nous avons déjà abordé dans le détail la question du format, le stockage professionnel étant rapidement en train d’abandonner le 3,5 pouces au profit du 2,5 pouces. Cette transition résulte essentiellement d’une amélioration des rapports performances/consommation/capacité par rapport au volume physique occupé dans les racks : un module 1U peut en effet accueillir 12 disques durs 2,5" contre seulement 4 disques durs 3,5".

Les modèles 3,5 pouces ne sont toutefois pas prêts de disparaître, dans la mesure où ce sont eux qui offrent les capacités les plus élevées à l’unité. À l’heure où nous publions cet article, un disque dur 3,5" peut contenir jusqu’à 3 To, et des modèles 4 To sont prévus pour la fin de l’année.

SAS ou SATA ?

Il nous reste donc à passer en revue les interfaces disponibles. Auparavant, il y avait d’une part l’IDE (Integrated Drive Electronics) pour le grand public et le SCSI pour les professionnels, deux interfaces parallèles assez différentes : si la première permettait de connecter deux disques (durs ou optiques) par port, la seconde faisait appel à un protocole plus complexe et permettait de connecter non seulement les disques durs professionnels, mais également d’autres périphériques comme des scanners par exemple. L’IDE a depuis été remplacé par le SATA (Serial ATA), une interface série autorisant la connexion d’autant de lecteurs qu’il y a de ports.

Aujourd’hui, par contre, la ligne qui sépare le monde professionnel de celui du grand public n’est plus uniquement définie par l’interface. Le SCSI a été remplacé par le SAS (Serial Attached SCSI), qui fonctionne en mode série comme le SATA, mais offre, tant sur le plan de l’infrastructure que des lecteurs proprement dits, un certain nombre de fonctions qui ont un intérêt stratégique pour les environnements professionnels, à commencer par la prise en charge des disques SATA sur les contrôleurs SAS.

Il est donc possible de déployer des disques durs grand public dans des grandes grappes de stockage professionnelles ; pour autant que le scénario d’utilisation s’y prête, l’intérêt de la manœuvre peut être d’ordre économique, mais également résider dans la capacité supérieure de ces modèles (au prix toutefois de performances réduites). Sachant que l’interface SAS offre une telle flexibilité, quels disques durs vaut-il mieux choisir : SAS ou SATA ?