Le fabricant de puces graphiques prépare son retour sur le marché grand public du PC avec des processeurs complets conçus en interne, selon le Wall Street Journal.

Nvidia s’apprête à franchir une nouvelle étape dans son développement. Selon des informations rapportées par le Wall Street Journal, l’entreprise californienne travaille sur des ordinateurs portables intégrant ses propres processeurs, avec un lancement envisagé avant la fin de l’année en cours.
Des puces complètes, et non plus seulement des cartes graphiques
Jusqu’ici, Nvidia fournissait principalement des puces graphiques (GPU) destinées à fonctionner aux côtés de processeurs centraux fabriqués par Intel ou AMD. Le projet actuel est d’une autre nature : l’entreprise développe des systèmes sur puce (SoC) basés sur l’architecture Arm, réunissant dans un même composant le processeur central (CPU), le processeur graphique (GPU) et une unité dédiée à l’accélération de l’intelligence artificielle.
D’après les informations disponibles, plusieurs grands constructeurs, dont Dell et Lenovo, travailleraient déjà sur des modèles d’ordinateurs portables intégrant ces nouvelles puces.
Un repositionnement stratégique
Cette initiative marque un tournant pour Nvidia. Si l’entreprise occupe aujourd’hui une position centrale dans le domaine de l’intelligence artificielle et des centres de données, sa présence dans l’informatique grand public s’est progressivement réduite au cours de la dernière décennie.
En proposant des processeurs complets pour ordinateurs portables, Nvidia entrerait en concurrence directe avec Intel, AMD et Qualcomm sur le segment des PC sous Windows. L’entreprise chercherait notamment à rivaliser avec les MacBook d’Apple, dont les puces Apple Silicon ont établi une référence en matière d’efficacité énergétique.
Ce que cela pourrait signifier pour les utilisateurs
Les ordinateurs portables équipés de ces processeurs Nvidia pourraient offrir des designs plus fins, une autonomie prolongée et des fonctionnalités d’intelligence artificielle intégrées au système d’exploitation Windows. L’un des atouts potentiels résiderait dans une intégration matérielle cohérente, à l’image de l’architecture mémoire unifiée mise en œuvre par Apple.

L’ensemble de l’industrie s’oriente actuellement vers des architectures optimisées pour les tâches d’IA exécutées localement sur l’appareil, qu’il s’agisse de traitement du langage en temps réel, de génération d’images ou d’inférence locale.
Des incertitudes demeurent
Plusieurs questions restent toutefois en suspens. Les premiers appareils pourraient se heurter à des problèmes de compatibilité logicielle et à des difficultés d’équilibre entre performances et gestion thermique, des écueils fréquents pour les plateformes de première génération.
Le calendrier prévoit un lancement des premiers modèles d’ici la fin de l’année, avec une disponibilité élargie attendue en 2026. Le positionnement tarifaire de ces machines et leurs performances face à la concurrence établie seront des éléments déterminants pour évaluer la viabilité de cette nouvelle orientation pour Nvidia.