Le fabricant américain de disques durs a profité de la publication de ses résultats financiers pour dévoiler ses prochaines étapes technologiques, avec notamment l’arrivée prévue de drives à très haute capacité basés sur sa technologie HAMR.

Lors de sa conférence téléphonique avec les actionnaires consacrée aux résultats du quatrième trimestre de l’exercice fiscal 2026, Seagate a livré plusieurs informations sur la trajectoire de ses produits de stockage. Le directeur financier Gianluca Romano a indiqué que la société est en bonne voie pour atteindre une densité de stockage supérieure à 5 To par plateau. Concrètement, cela signifie qu’un disque dur composé de dix plateaux pourrait offrir une capacité totale dépassant les 50 To sur un seul appareil. Cette configuration est d’ores et déjà prévue pour une mise sur le marché à la fin de l’année 2027.
La plateforme Mozaic en progression
Ces futurs disques reposeront sur la plateforme Mozaic 5+, qui constitue la troisième génération de la technologie HAMR, pour heat-assisted magnetic recording, ou enregistrement magnétique assisté par chaleur, développée par Seagate sous le nom de Mozaic. Les premiers exemplaires de drives Mozaic 5+ sont attendus chez les clients pour qualification dans le courant de 2027. Après avoir passé les procédures internes de test et de validation de Seagate, les disques seront transmis aux clients OEM et aux opérateurs de datacenters pour approbation finale, avant d’être éventuellement déployés à plus grande échelle.

La génération actuelle, Mozaic 4+, prend en charge des disques durs d’une capacité maximale de 44 To. D’ici la fin de l’année 2026, les modèles issus de cette plateforme devraient représenter 50 % des exaoctets HAMR expédiés par Seagate à ses clients sélectionnés. À noter que dans ce contexte, la notion de « clients » désigne les grandes entreprises technologiques et les sociétés spécialisées dans l’intelligence artificielle, et non le grand public.
Des résultats portés par la demande en IA
Sur le plan financier, Seagate a clôturé le trimestre de juin avec un chiffre d’affaires de 3,6 milliards de dollars, en hausse de 17 % par rapport au trimestre précédent et de 48 % sur un an. Le PDG Dave Mosley a précisé que la demande pour les dispositifs de stockage dit « froid », comme les disques durs, est actuellement si soutenue que la majeure partie de la production nearline en exaoctets est déjà allouée jusqu’en 2028.
Seagate tire désormais l’essentiel de ses revenus des centres de données dédiés à l’IA et des grands acteurs du cloud. Selon Dave Mosley, ces opérateurs utilisent les disques durs pour gérer la partie la moins sollicitée en temps réel de leurs charges de travail liées à l’IA. Le stockage froid est devenu nécessaire pour fournir aux modèles d’IA et aux systèmes d’IA agentique un accès à du « contexte », c’est-à-dire une base de données persistante couvrant les interactions avec les utilisateurs. C’est ce besoin qui alimente la demande en solutions de stockage, et par ricochet, les revenus de Seagate.