Lancé en 2012, Candy Crush Saga continue de peser près d’un milliard de dollars de revenus annuels et de rassembler des dizaines de millions de joueurs chaque mois. Un cas à part dans l’industrie du jeu mobile, que chercheurs et responsables du titre peinent encore à expliquer pleinement.

Quatorze ans après sa sortie, Candy Crush Saga reste l’un des jeux mobiles les plus rentables au monde. Développé par le studio suédois King et lancé en 2012, le titre a engendré un chiffre d’affaires de 876,5 millions de dollars lors de l’exercice 2025, principalement grâce aux achats intégrés. Bien que ce montant représente une légère baisse par rapport aux six années précédentes, où le jeu dépassait le milliard de dollars annuels, il confirme la pérennité d’une franchise qui compte désormais plus de 5 milliards d’installations à travers ses différents opus.
Un modèle économique basé sur le freemium
Candy Crush Saga fonctionne selon un modèle freemium : gratuit à télécharger, il propose aux joueurs d’acheter des vies supplémentaires, des boosters ou des passes spéciaux pour progresser plus rapidement parmi ses 23 000 niveaux. Selon les données compilées par David Curry, rédacteur en chef des données chez Business of Apps, le jeu affiche encore 81,5 millions d’utilisateurs actifs mensuels en 2025 et a été installé plus de 190 millions de fois cette même année sur Android et iOS.
En 2013, lors de son introduction en Bourse, King revendiquait 93 millions d’utilisateurs quotidiens pour Candy Crush Saga. Si les estimations actuelles sont exactes, la base de joueurs n’a donc pas connu d’effondrement majeur en douze ans, malgré une concurrence accrue sur le marché du mobile gaming. Microsoft a par ailleurs de grandes ambitions pour le jeu.
Une popularité difficile à expliquer
Le succès durable du jeu intrigue toujours les observateurs du secteur. Plusieurs facteurs sont avancés pour l’expliquer. Paula Ingvar, directrice générale de Candy Crush Saga, souligne que le titre mise sur des sessions courtes (10 à 20 minutes), offrant aux joueurs « la satisfaction de progresser par petites victoires », sans les contraindre à terminer un niveau en une seule fois. Le gameplay tour par tour permet également de reprendre une partie à tout moment, sans pénalité.

David Nieborg, professeur en études des médias et des plateformes à l’université de Toronto, ajoute que le jeu doit une partie de son attrait à son caractère « non localisé, non genré et non racialisé ». Cette neutralité lui permettrait de toucher un public varié, au-delà des barrières géographiques, linguistiques ou socio-économiques.
Une franchise étendue et des événements dédiés
Outre le titre original, la franchise Candy Crush comprend plusieurs déclinaisons (Soda Saga, Jelly Saga, Friends Saga), contribuant à son rayonnement. En 2023, King annonçait avoir franchi le cap des 20 milliards de dollars de revenus cumulés depuis sa création. La même année, le jeu a aussi organisé des compétitions esports, comme le tournoi All Stars à Los Angeles en 2025, preuve d’une volonté de diversifier son audience.
Malgré une légère érosion de ses revenus, Candy Crush Saga demeure un cas d’étude dans l’industrie du jeu vidéo mobile, où la longévité des titres reste rare. Son modèle, alliant accessibilité et monétisation discrète, continue de séduire des millions de joueurs à travers le monde.