Adata, Apacer et TeamGroup ont levé collectivement plus de 880 millions de dollars via des obligations et des prêts bancaires.

Les fabricants taïwanais de mémoire vive traversent une période de tensions financières croissantes. Pour faire face à la hausse des coûts et aux perturbations des chaînes d’approvisionnement, plusieurs d’entre eux ont eu recours à des emprunts importants, selon un rapport récent publié par le quotidien économique taïwanais Commercial Times.
Trois groupes totalisent 880 millions de dette
Adata, Apacer et TeamGroup, trois acteurs majeurs du secteur des modules DRAM, ont mobilisé au total environ 28 milliards de dollars taïwanais, soit plus de 880 millions de dollars américains, à travers l’émission d’obligations convertibles et la souscription de nouveaux prêts bancaires. Dans le détail, Adata a émis pour 2 milliards de yuans d’obligations convertibles, auxquels s’ajoutent 12 milliards de yuans de prêts bancaires.
Apacer et TeamGroup ont quant à elles émis des obligations convertibles à hauteur de, respectivement, 1 milliard et 2 milliards de dollars taïwanais. D’autres entreprises du secteur, comme Innolux Corporation et Transcend Information, envisagent également des émissions obligataires de 3 milliards de dollars taïwanais chacune.
Cette situation survient pourtant dans un contexte de croissance des résultats financiers. Selon Commercial Times, la plupart de ces entreprises auraient déjà dépassé, en seulement quatre mois, leurs chiffres d’affaires annuels des années précédentes. Mais cette dynamique commerciale ne suffit pas à absorber la hausse des coûts des matières premières et des contrats de fabrication, qui contraint les entreprises à investir davantage pour rester compétitives.
Les fabricants à fond sur la RAM serveur
Une part croissante de la production est désormais orientée vers des produits à marges plus élevées : modules DRAM pour serveurs, mémoires à haute bande passante (HBM) destinées aux accélérateurs d’intelligence artificielle, DDR5, ou encore SSD. Cette réorientation répond en grande partie aux besoins des centres de données déployés pour soutenir des charges de travail liées à l’IA.
Cette concentration sur un segment de marché particulier soulève toutefois des interrogations. La capacité des clients traditionnels, particuliers et entreprises de taille modeste, à continuer d’acheter des modules DRAM ou des SSD à des prix accessibles reste incertaine. Monter son PC devient de plus en plus cher. Par ailleurs, le recours massif à l’endettement auprès de banques pose des questions sur la solidité financière à long terme de ces fabricants, notamment si la demande portée par l’IA ne se traduisait pas par les niveaux de rentabilité attendus par l’industrie.