À vouloir copier le MacBook Pro, ce constructeur se prend les pieds dans le tapis, son PC surchauffe

Alors que certains fabricants cherchent à rivaliser avec le MacBook Pro sur le plan du design, des problèmes de conception commencent à émerger sur des machines vendues à prix élevé.

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La tendance à produire des ordinateurs portables de plus en plus fins n’est pas nouvelle, mais elle commence à poser des problèmes concrets pour les machines équipées de composants puissants. Le Razer Blade 16, l’un des PC portables Windows les plus chers du marché, en offre une illustration récente.

Un châssis trop fin pour ses composants

Le Blade 16 embarque une carte graphique RTX 5090, un choix ambitieux dans un boîtier conçu pour être compact. Selon des tests menés par les chaînes YouTube ShortCircuit et Hardware Canucks, cette combinaison engendre plusieurs problèmes mesurables.

Le premier concerne la conception mécanique. Lorsqu’une pression légère est exercée sur le panneau arrière de l’appareil, le ventilateur entre en contact avec ce même panneau. Si cette situation se produit pendant une session de travail intensive, le frottement répété pourrait endommager les roulements du ventilateur et nécessiter un remplacement prématuré de la pièce.

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Photo : ShortCircuit

Le second problème touche aux températures de surface. Lors des tests, une zone de l’appareil a atteint un niveau de chaleur jugé trop élevé pour être touché sans inconfort. Les réglementations habituelles sur les produits grand public fixent des seuils maximaux de température en surface, précisément pour éviter tout risque de brûlure. La façon dont le Blade 16 a obtenu ses certifications sur ce point n’a pas été clarifiée par Razer.

Une consommation au repos anormalement élevée

Au-delà des problèmes physiques, les tests ont révélé un dysfonctionnement logiciel. À l’état inactif, la machine affichait une consommation électrique d’environ 30 à 40 watts, un niveau inhabituellement élevé pour un appareil ne réalisant aucune tâche active. La cause identifiée est la RTX 5090, qui devrait normalement consommer entre 4 et 5 watts au repos, mais qui restait sollicitée par un processus non identifié.

Razer a publié une mise à jour du firmware pour tenter de corriger ce comportement. Selon Hardware Canucks, cette mise à jour n’a pas résolu le problème de manière satisfaisante au moment des tests.

Un rapport qualité-prix interrogé

Le Blade 16 est proposé à 4 899 dollars. À titre de comparaison, le MacBook Pro équipé de la puce M5 Max, avec 48 Go de mémoire unifiée et un SSD de 2 To, est affiché à un prix inférieur. Cette différence tarifaire, combinée aux problèmes identifiés, amène naturellement à s’interroger sur ce que l’acheteur obtient concrètement pour ce budget.

Razer est généralement considéré comme l’un des rares fabricants de PC portables Windows à soigner sérieusement la qualité de construction de ses machines. C’est précisément pourquoi les défauts observés sur le Blade 16 retiennent l’attention : ils semblent indiquer que la recherche d’un profil fin a conduit à des choix de conception qui pénalisent l’utilisateur final.

La minceur comme objectif, pas comme contrainte

Le MacBook Pro repose sur les puces Apple Silicon, dont l’efficacité énergétique permet de maintenir des températures gérables dans un format compact. Apple annonce une autonomie allant jusqu’à 24 heures pour ses modèles actuels, ce qui témoigne de l’efficience de cette architecture. C’est cette cohérence entre le matériel et le format qui lui permet d’être fin sans générer les mêmes problèmes.

Pour les fabricants de PC sous Windows, l’équation est différente. Les composants comme la RTX 5090 dégagent davantage de chaleur et ont besoin de plus d’espace pour fonctionner dans de bonnes conditions. Opter pour un châssis légèrement plus épais permettrait aux ventilateurs de fonctionner sans contrainte mécanique, aux températures de surface de rester dans des limites acceptables, et probablement à la gestion de l’alimentation de se stabiliser.

L’enjeu n’est pas de copier le design du MacBook Pro, mais de trouver le format adapté aux composants que l’on choisit d’intégrer. Sur une machine à près de 5 000 dollars, ce compromis semble d’autant plus difficile à justifier.