Après avoir intégré la fabrication de ses moteurs et de nombreux composants de ses fusées, SpaceX pourrait appliquer la même stratégie aux réseaux en fibre optique. Un choix qui accompagnerait ses immenses projets de datacenters, avec jusqu’à 20 GW de capacité envisagés d’ici 2028 et même un centre de données lunaire dans sa feuille de route.

SpaceX étudierait actuellement la possibilité de fabriquer son propre matériel en fibre optique. Ce projet s’appliquerait à son service d’accès à Internet par satellite Starlink ainsi qu’à ses activités liées aux datacenters, en reproduisant le modèle d’intégration industrielle déjà employé pour ses activités spatiales.
Une stratégie d’intégration issue de l’aérospatiale
SpaceX doit réduire les coûts de lancement de ses prochaines fusées et garantir sa chaîne d’approvisionnement. Pour cela, l’entreprise a l’habitude de construire ses composants en interne. Alors que des acteurs traditionnels comme United Launch Alliance (alliance entre Boeing et Lockheed Martin) s’appuyaient sur des fournisseurs externes pour la motorisation, SpaceX a développé ses propres moteurs Merlin pour ses lanceurs Falcon.
L’entreprise poursuit cette démarche avec les fusées Starship, dont elle produit elle-même les moteurs Raptor 3, mais également les réservoirs de carburant.
SpaceX envisagerait maintenant de transposer ce principe aux équipements de télécommunication, et plus particulièrement à la production de câbles en fibre optique.
Repenser l’approvisionnement face aux contraintes géopolitiques
SpaceX s’approvisionne actuellement auprès de trois fournisseurs : Corning et les entreprises chinoises Hengtong et YOFC (Yangtze Optical Fiber and Cable). Ces deux dernières fabriquent de la fibre optique ainsi que des émetteurs-récepteurs optiques, des composants clés permettant de convertir les signaux électriques en signaux lumineux au sein des réseaux de communication et des datacenters.

Cependant, l’utilisation de matériel chinois dans le secteur des datacenters fait l’objet de restrictions de la part du gouvernement américain pour des raisons de sécurité. Ces tensions entre les États-Unis et la Chine amènent SpaceX à rechercher des alternatives d’approvisionnement ou à envisager sa propre chaîne de fabrication.
Répartition des capacités de calcul et projets d’infrastructures
Cette démarche dévoile le futur projet d’infrastructure de SpaceX visant à développer une capacité de 10 gigawatts (GW) dédiée à l’intelligence artificielle. La répartition prévue pour cette capacité initiale s’établirait de la manière suivante :
- 60 % de la capacité seront réservés aux besoins internes de SpaceX, de Tesla et de l’entreprise xAI.
- 40 % de la capacité seront mis à la disposition d’entreprises spécialisées dans l’IA, telles que Google et Anthropic.
À plus long terme, SpaceX ambitionne d’atteindre une capacité de 20 GW d’ici 2028 et d’élargir sa base de clients. La feuille de route mentionne également le lancement d’un datacenter baptisé « Star Mine » en 2027, suivi par le projet de construction d’un datacenter lunaire en 2028, assemblé à l’aide des robots humanoïdes Optimus de Tesla.