Ubisoft s’effondre en bourse, l’action ne vaut quasiment plus rien

Ubisoft a annoncé une restructuration majeure entraînant l’annulation de six jeux et le report de sept autres, provoquant une chute de 34% de son action et portant la perte de valeur boursière de l’entreprise à près de 95% en huit ans.

ubisoft dégringole en bourse

La journée d’hier restera gravée dans l’histoire d’Ubisoft. L’annonce d’une « remise à zéro majeure » a provoqué une chute de 34% du cours de l’action, portant un coup dur à un groupe déjà fragilisé depuis plusieurs années.

Un plan de restructuration aux conséquences lourdes

Le géant français du jeu vidéo a confirmé l’annulation de six projets, dont le remake tant attendu de Prince of Persia : Les Sables du Temps. Sept autres titres non encore dévoilés, parmi lesquels figurerait le remake d’Assassin’s Creed IV : Black Flag selon certaines sources, sont reportés à des dates indéterminées. Au-delà du portefeuille de jeux, c’est l’ensemble du modèle opérationnel de l’entreprise qui sera revu de fond en comble.

Une dégringolade boursière qui dure

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Comme le souligne Jason Schreier de Bloomberg, la capitalisation boursière d’Ubisoft tourne désormais autour de 500 millions d’euros. En 2018, elle atteignait près de 10 milliards d’euros. L’action, à 4,37 euros au moment de la rédaction de cet article, n’était pas tombée sous la barre des 5 euros depuis 2011.

Cette érosion continue explique en partie les tensions qui agitent l’actionnariat depuis 2024, quand certains investisseurs réclamaient déjà le départ de la famille Guillemot des postes de direction. Depuis, les discussions sur d’éventuelles options de sortie, y compris un rachat, n’ont jamais vraiment cessé.

Following yesterday's stock plunge, Ubisoft's market cap is now around half a billion euros. In 2018 it was around 10 billion euros. In eight years, the company has lost around 95% of its value

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— Jason Schreier (@jasonschreier.bsky.social) 22 janvier 2026 à 16:05

Sans le soutien croissant de Tencent, la situation de Yves Guillemot et de sa famille aurait probablement pris une tournure différente. Le géant chinois a progressivement renforcé sa position au sein d’Ubisoft ces dernières années, notamment via la création de Vantage Studios l’an dernier. Un ancrage qui offre à la famille fondatrice un appui non négligeable face aux pressions actionnariales.

La direction d’Ubisoft reste optimiste

Interrogé par GamesIndustry.Biz, le directeur financier Frederick Duguet s’est abstenu de tout commentaire sur les perspectives boursières. Son message se veut tourné vers l’avenir : « Ce que je peux répéter, c’est que nous voulons nous concentrer sur l’exécution. C’est une remise à zéro majeure et nous voulons nous assurer que tout ce que nous avons décidé permettra aux Creative Houses de réussir dans leur rôle spécifique. »

ubisoft battle royale

L’entreprise conserve quatre nouvelles licences en développement, mais Duguet reconnaît que le marché actuel ne pardonne pas la médiocrité. « Nous sommes sur la bonne voie pour revenir à des jeux de haute qualité, comme nous l’avons vu récemment, mais nous devons aller plus loin », a-t-il ajouté.

Pour Ubisoft, les prochains mois s’annoncent décisifs. Reste à savoir si cette restructuration permettra au groupe de retrouver une trajectoire viable, ou si elle ne constitue qu’une étape supplémentaire dans un déclin qui semble, pour l’heure, difficile à enrayer.