Le fabricant chinois CXMT s’apprête à lancer la production de masse de sa mémoire LPDDR6 dès septembre, une première qui le place en rival direct de Samsung et SK hynix. Mais malgré cette avancée, les volumes resteront limités, avec une production initialement réservée au Xiaomi 18 Fold, un smartphone pliable dont les ventes ne devraient pas dépasser 500 000 unités.

Le fabricant chinois de mémoires ChangXin Memory Technologies (CXMT) s’apprête à lancer la production de masse de sa RAM LPDDR6 dès septembre, une première qui positionne l’entreprise comme un concurrent direct de Samsung, SK hynix et Micron. Cependant, malgré cette avancée technologique, les volumes de production devraient rester limités, selon des indices révélés par CXMT lui-même.
Une collaboration ciblée avec Xiaomi
D’après les informations disponibles, les premières puce LPDDR6 seraient réservées au Xiaomi 18 Fold, un smartphone pliable de nouvelle génération dont les livraisons ne devraient pas dépasser 500 000 unités. Un rapport de The Next Web estime même que le processeur XRING 03, compatible avec cette mémoire – ne devrait pas excéder 300 000 unités en termes de volumes totaux. Ces chiffres suggèrent une production restreinte, possiblement liée à des contraintes industrielles du côté de CXMT.
La question se pose alors : pourquoi équiper le Xiaomi 18 Fold de LPDDR6 plutôt que de LPDDR5X, une technologie déjà mature et moins coûteuse à produire ? Une hypothèse avancée est que Xiaomi, positionnant ce modèle comme un flagship haut de gamme, souhaite justifier son prix élevé par une innovation technologique, malgré les défis logistiques.
Des contraintes liées aux restrictions américaines
CXMT, comme d’autres acteurs chinois du secteur des semi-conducteurs, fait face à des restrictions commerciales américaines qui limitent son accès aux équipements de pointe. Contrairement à ses concurrents, l’entreprise doit recourir à des machines Deep Ultraviolet (DUV) plus anciennes, combinées à des techniques de multi-patterning complexes. Ces méthodes augmentent les coûts et réduisent les rendements, ce qui explique en partie les difficultés à scaling la production.

Malgré ces obstacles, CXMT a réussi à devancer ses rivaux sur le développement de la LPDDR6, attirant l’attention de fabricants nationaux comme Huawei et Xiaomi. Cependant, la véritable épreuve pour l’entreprise résidera dans sa capacité à augmenter ses volumes. Sur ce point, Samsung, SK hynix et Micron, disposant d’un parc machine plus moderne, pourraient rapidement combler leur retard une fois leurs propres productions lancées.
Une stratégie de niche pour contourner les limites
En ciblant des appareils haut de gamme à faible volume, comme le Xiaomi 18 Fold, CXMT semble adopter une approche pragmatique : valider sa technologie sur le marché avant d’envisager une production à grande échelle. Reste à voir si cette stratégie permettra à l’entreprise de s’imposer durablement face aux géants établis, ou si les contraintes industrielles finissent par freiner son expansion.