SAS ou SATA pour un serveur ?

Les avantages supplémentaires du SAS

La norme SAS (Serial Attached SCSI) trouve ses origines dans le protocole SCSI, mais repose sur une interface sérielle de point à point plutôt que sur un bus parallèle. Elle ne se limite par ailleurs pas à la gestion des périphériques de stockage, mais permet au contraire de créer des infrastructures de stockage complètes, appelées domaines de stockage. Dans un domaine de stockage, les connexions SAS peuvent être regroupées et distribuées à l’instar des connexions Ethernet, via des commutateurs nommés « expandeurs ».

Ces expandeurs fonctionnent avec des câbles SAS et peuvent gérer jusqu’à 128 périphériques SAS, lesquels peuvent être d’autres expandeurs. Il est donc possible de créer des domaines de stockage SAS comportant 16 384 périphériques (128 x 128).

L’un des grandes avantages du SAS réside dans le fait que la bande passante (300 ou 600 Mo/s selon qu’il s’agisse de SAS 1.0 ou 2.0) est dédiée à chaque périphérique, alors qu’elle était partagée en SCSI (160 ou 320 Mo/s pour l’ensemble des périphériques connectés au bus). Le SAS fonctionne par ailleurs en mode Full Duplex, ce qui signifie que la bande passante en question est disponible dans chacun des deux sens. La norme prend également en charge deux ports par périphérique, ce qui permet soit de bénéficier d’encore plus de bande passante, soit de mettre en place un mécanisme de redondance ; mieux encore, il est possible dans ce cadre de connecter un même lecteur à deux systèmes différents (par exemple un serveur primaire et un serveur de secours).

La norme SAS accepte plusieurs types de câbles et connecteurs, toujours au format SFF, et la plupart contiennent plusieurs liaisons à la fois (généralement quatre). Il est donc possible de relier un système hôte à une cible quelconque, par exemple une grappe RAID, et de faire en sorte que chaque disque de la grappe bénéficie de sa propre liaison SAS sans pour autant multiplier les câbles. Fiabilité et polyvalence : ce sont ces deux éléments qui font la force du SAS en entreprise. Le nombre total de ports dépend du contrôleur, mais comme il suffit d’ajouter des expandeurs pour multiplier les périphériques connectables, une infrastructure SAS peut très bien se contenter d’un seul et unique contrôleur !

Le SAS gère l’ensemble des fonctionnalités du SATA, mais également trois protocoles différents :

  • Le SSP (Serial Attached SCSI Protocol) pour la communication avec les périphériques
  • Le STP (SATA Tunneling Protocol) pour la gestion des disques SATA sur infrastructure SAS
  • Le SMP (SAS Management Protocol) pour la gestion des expandeurs, dans les grandes infrastructures

Le matériel SAS le plus puissant, comme le commutateur LSI SAS6110 par exemple, permet de créer des infrastructures extrêmement polyvalentes. Les appareils de ce type autorisent ainsi la connexion d’un très grand nombre de disques en RAID (aux fins d’optimisation des performances ou de la redondance), mais également l’utilisation dans un même domaine d’hôtes et de cibles SAS très différentes, allant des simples disques aux boîtiers complets, ce qui réduit considérablement les problèmes de maintenance et offre une flexibilité hors du commun. À titre d’information, il convient de faire la distinction entre les multiplicateurs de ports SAS et les domaines SAS, ces derniers faisant reposer les fonctions nécessitant de la bande passante (découverte et routage des périphériques) sur les périphériques eux-mêmes plutôt que sur le contrôleur, ce qui réduit les besoins en bande passante.

Pour des raisons de robustesse, le SAS a besoin d’une tension plus élevée que le SATA (1600 mV au lieu de 900 mV maximum). Enfin, la fonction NCQ du SATA est remplacée par le TCQ (Tagged Command Queuing), dont la profondeur de file n’est pas limitée à 32 commandes et qui autorise la réorganisation des commandes par le contrôleur afin de donner la priorité à certaines plutôt qu’à d’autres.