Meta pourrait lancer des lunettes connectées avec reconnaissance faciale

Alors que les critiques sur la protection de la vie privée se multiplient, un nouveau brevet révèle que Meta poursuit l’exploration de la reconnaissance faciale pour ses lunettes connectées. Cette technologie, déjà identifiée sous forme de code dormant dans ses applications, soulève des inquiétudes quant à son utilisation dans l’espace public.

meta ray ban reconnaissance faciale
© Meta

Malgré les critiques répétées, Meta poursuit ses recherches sur l’intégration de la reconnaissance faciale dans ses lunettes connectées. Une nouvelle demande de brevet, rendue publique récemment, confirme que l’entreprise n’a pas abandonné ce projet, malgré les polémiques qu’il suscite depuis plusieurs mois.

Un brevet qui révèle des ambitions persistantes

Repérée en premier par le site Patentlyze, la demande de brevet a été déposée par Meta en février 2026. Le document décrit un système utilisant l’intelligence artificielle pour identifier des personnes via des lunettes intelligentes, puis exploiter des informations les concernant afin de générer du contenu multimédia. Comme pour toute demande de brevet, rien ne garantit que cette technologie sera un jour commercialisée. Toutefois, ce dépôt s’inscrit dans une série d’initiatives montrant que Meta continue d’explorer activement cette piste.

D’après les informations disponibles, il ne s’agit pas d’une simple expérimentation. Dès février, des rapports avaient évoqué une fonctionnalité interne baptisée « Name Tag », conçue pour permettre aux lunettes de reconnaître des individus en temps réel. En juin, des chercheurs avaient par ailleurs découvert, dans le code de l’application Meta AI, des composants inactifs dédiés à la détection de visages et à leur conversion en données biométriques. Meta avait alors supprimé ces éléments, tout en affirmant qu’aucune fonctionnalité de reconnaissance faciale n’avait été déployée.

Meta ray ban
© Meta

Parallèlement, il avait été révélé que Meta avait acquis une licence pour une technologie de reconnaissance faciale auprès de Rank One Computing, une entreprise dont les clients incluent des agences militaires et policières américaines. Là encore, des traces de ce logiciel avaient été retrouvées, sous forme dormante, dans l’application Meta AI.

Des questions sur la protection de la vie privée

La publication de ce brevet a relancé les inquiétudes des défenseurs des droits numériques. Dans une déclaration reprise par CNET, le Center for Democracy and Technology (CDT) a mis en garde contre les risques d’abus, notamment pour les personnes vulnérables, comme les victimes de harcèlement ou de violences conjugales. Le CDT souligne que des lunettes équipées de cette technologie, contrairement à un système de reconnaissance faciale intégré à une bibliothèque de photos, sont portées en public et peuvent filmer discrètement les passants.

Un autre point de préoccupation concerne le design des lunettes Meta Ray-Ban, déjà très proche de celui de lunettes classiques. L’ajout d’une fonctionnalité de reconnaissance faciale rendrait encore plus difficile, pour un tiers, de distinguer si une personne est simplement observée ou identifiée à son insu.

Pour l’heure, Meta n’a pas confirmé si ces recherches aboutiront à un produit grand public. Mais les indices s’accumulent : entre les brevets, les codes sources et les partenariats technologiques, l’entreprise semble déterminée à explorer cette voie, malgré les critiques.