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Test : comment améliorer le refroidissement de sa carte graphique

2 : Démonter et réassembler sa carte graphique 3 : Résultats des tests et remarques 4 : Adhésifs thermiques, refroidissement de la backplate et conclusion

Introduction et règles de base

Image 1 : Test : comment améliorer le refroidissement de sa carte graphique

Votre carte graphique est trop bruyante ? C’est peut-être parce qu’elle est trop chaude. Et c’est certainement car son système de refroidissement n’est pas à la hauteur : pas adapté, ou peu optimisé. Nous allons donc vous expliquer en détail comment améliorer le refroidissement de votre GPU, tests à l’appui.

Nous ne nous sommes donc pas restreints à un simple test de pâte thermique. Nous allons tout vous expliquer : pourquoi le refroidissement de certaines cartes graphiques peut, ou ne peut pas être amélioré. Il nous fallait aussi enquêter sur la légende urbaine qui court : les fabricants de cartes graphiques utilisent-ils vraiment des pâtes thermiques bas de gamme aux performances médiocres ?

Une XFX Radeon RX 470 4 Go comme cobaye

Les tests qui suivent ont été conduits avec une XFX Radeon RX 470 4 Go : cette carte accepte de multiples modifications et tire plus ou moins parti de chaque changement. De plus, elle illustre assez bien ce qui peut mal tourner sur les chaines de montage, même si l’intention n’y était pas. Nous ajouterons d’autres cartes graphiques pour aborder d’autres points qui ne sont pas nécessairement applicables à la RX 470.

Rappelons qu’il est indispensable de lire les conditions de garantie applicables avant de faire la moindre modification : une légère amélioration du refroidissement est difficile à justifier si l’on perd la garantie du fabricant au passage !

Le démontage du système de refroidissement nécessite de retirer une vis dont la tête est couverte par un autocollant (voir l’imageci-dessous), il ne faut donc pas aller plus loin avant d’être conscient des conséquences. Les sceaux de garantie ne sont pas remplaçables et si certaines marques, comme EVGA, autorisent explicitement les modifications, d’autres comme XFX les interdisent purement et simplement.

Image 2 : Test : comment améliorer le refroidissement de sa carte graphique

Entre ces deux extrêmes, certains acteurs comme MSI sont plus ambigus: les modifications ne sont pas clairement interdites, mais en cas de retour SAV, la marque pourrait très bien affirmer que l’installation d’un nouveau système de refroidissement doit être faite en fonction de normes industrielles et que tout dégât constaté sur une carte graphique ne doit pas être le résultat direct ou indirect des modifications que l’on a pu y apporter.  On atteint le paroxysme de la zone grise lorsqu’un fabricant n’installe pas de sceaux de garantie sur ses produits, et n’aborde pas explicitement les modifications du système de refroidissement dans sa documentation ou sur son site.

Note #1: vérifier les conditions de garantie et/ou la bonne volonté de n’importe quel constructeur, de préférence avant achat, quitte à envoyer un mail ou téléphoner.

Outils adaptés et minutie de rigueur

Il n’y a rien de pire qu’une vis « foirée » parce qu’on y est allé un peu trop fort dessus. On ne devrait travailler qu’avec les meilleurs outils. Certes, le kit de tournevis premier prix dans les magasins de bricolages et grandes surface a l’air d’une bonne affaire au premier coup d’œil, mais dans la plupart des cas, le métal est trop tendre, les poignées laissent à désirer…

L’idéal est d’investir dans un tournevis à couple de serrage limité, ce qui protège également contre les dégâts accidentels (ce type d’outils est utilisé par de nombreux fabricants). D’une manière générale, il faut toujours éviter de forcer vu que de nombreux composants sont petits, fragiles et demandent donc d’être traités avec soin.

Image 3 : Test : comment améliorer le refroidissement de sa carte graphique

Les petites pointes de tournevis interchangeables sont souvent préférables à leurs équivalents grand format, mais nécessitent un adaptateur pour être installées sur un modèle avec embout 1/4″ à couple de serrage limité. Ce genre de tournevis se trouve à partir de 50 euros et devrait être en possession de tous ceux qui comptent modifier les composants de leur PC. Vu le champ d’application, un modèle certifié de 0,2 à 0,4 Nm comme limite basse fera l’affaire : nous avons très rarement besoin de valeurs supérieurs tant qu’il s’agit de modifier des composants tels qu’une carte graphique.

A ce stade il nous faut aborder la bonne utilisation des tournevis dynamométriques : notre carte graphique est un très bon exemple du laxisme dont peuvent souffrir certaines lignes de production, un défaut assez courant.

Faut-il serrer les vis ?

Avant d’aller plus loin, on gagne à vérifier toutes les vis importantes au préalable : peut-être est-il possible de s’épargner un démontage intégral du dissipateur en vérifiant la précision (ou plutôt l’absence de précision) du processus d’assemblage chez XFX. Cette carte graphique est une incitation à penser plus souvent au couple de serrage. Jusqu’où faut-il serrer ?


XFX Radeon RX 470 4 Go
Valeur optimale
Vis à ressort (GPU)
0,2/0,3 Nm
~0,4 Nm
Backplate
0,3 Nm
~0,2 Nm
Equerre
0,3 Nm
~0,3 Nm

XFX n’a donc pas suffisamment serré les quatre vis autour du GPU. Il nous a suffi d’utiliser un tournevis dynamométrique pour serrer ces dernières avant de mesurer une amélioration immédiate, laquelle s’est traduite par une légère baisse en régime des ventilateurs. Toutefois, la température du GPU n’a pas baissé pour autant.

Note #2: afin d’éviter d’endommager les vis, il est important de toujours avoir l’outil adapté à portée de main, capable de visser à la perfection. Un tournevis dynamométrique certifié entre 0,2 et 0,4 nm ne constitue peut-être pas une obligation, mais il se montrera toujours utile pour ce genre d’opérations. Les têtes amovibles petit format sont souvent susceptibles de mieux s’enclencher dans les vis, mais elles nécessitent souvent un adaptateur.

Pâte thermique : idée reçue ou nécessité ?

Au sujet de la pâte thermique, l’écart qualitatif entre des produits à petit prix et ceux qu’utilisent les OEM est moins important que la plupart d’entre nous peuvent le penser. Il n’est pas rare de constater qu’un ré-assemblage minutieux des composants assorti d’un serrage adapté des vis se traduit par un bond en avant des performances, ce que l’on a tendance à mettre au crédit d’une pâte thermique cher payée. Nous verrons plus loin les progrès qui peuvent être accomplis sans dépenser plus pour traiter l’interface entre le GPU et le dissipateur.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les véritables fabricants de pâtes thermiques et les matériaux dont elles sont issues sont peu nombreux. Dans la plupart des cas, les formules sont adaptées à la marge pour créer de « nouveaux » produits quasi-identiques, si ce n’est leur consistance et leur couleur. Le reste n’est que marketing et (très souvent) autosuggestion. Au final, bon nombre de pâtes thermiques sont presque identiques alors que les écarts de prix sont considérables. Le fait est qu’on ne peut pas tricher avec les propriétés chimiques et les lois de la physique.

Image 4 : Test : comment améliorer le refroidissement de sa carte graphique

Sachant cela, il n’est pas franchement raisonnable d’investir des dizaines d’euros dans des produits milieu de gamme puisque leur coût surpasse bien souvent tout bénéfice potentiel. Mieux vaut donc acheter une pâte thermique très haut de gamme si l’on veut obtenir des gains mesurables. Des pâtes thermiques à petit prix contenant du silicone, comme l’Arctic MX-2, sont peut-être faciles à appliquer, mais il existe mieux aujourd’hui. A vrai dire, les pâtes thermiques à base de silicone risquent plutôt d’empirer les choses.

Le métal liquide n’est pas recommandé non plus. Premièrement, son application est assez difficile à maitriser : il faut beaucoup d’expérience pour travailler proprement avec. Deuxièmement, le risque d’annuler la garantie d’un produit augmente au cas où un problème survient. En effet, ces « pâtes » sont difficiles à retirer sans laisser de quelconques résidus ou traces sur le produit modifié.

Afin de prouver ce qui vient d’être évoqué, nous avons comparé une solution récemment appliquée par un OEM à des pates thermiques allant du petit prix au très bon produit. Comme on pouvait s’y attendre, la meilleure du lot est également celle qui coûte le plus cher.

Note #3: pour des projets comme celui-ci, il est essentiel de choisir une pâte thermique haut de gamme afin d’avoir une qualité au moins égale à celle employée par le fabricant de la carte graphique. Si les mauvais résultats s’expliquent assez souvent par des problèmes sur les chaines de montage, ils ne tiennent presque jamais à la seule pâte thermique utilisée au niveau industriel.

Sommaire :

  1. Introduction et règles de base
  2. Démonter et réassembler sa carte graphique
  3. Résultats des tests et remarques
  4. Adhésifs thermiques, refroidissement de la backplate et conclusion