Certains clients ont réservé des capacités de production jusqu’en 2028. En cause : la demande des centres de données dédiés à l’intelligence artificielle.

Alors que l’année 2026 n’en est qu’à ses débuts, Western Digital a déjà écoulé l’intégralité de sa capacité de production de disques durs (HDD) pour les douze prochains mois. C’est ce qu’a révélé le PDG de l’entreprise, Irving Tan, lors de la dernière présentation des résultats trimestriels du groupe.
Une demande tirée par l’intelligence artificielle
Les principaux acheteurs sont les opérateurs de centres de données spécialisés dans l’intelligence artificielle. Ces entreprises acquièrent des unités de stockage qui n’ont pas encore été fabriquées, parfois plusieurs années à l’avance. Selon Irving Tan, la majeure partie de la production est allouée aux sept plus gros clients de l’entreprise. Western Digital a par ailleurs signé des accords à long terme avec deux d’entre eux pour 2027, et avec un troisième pour 2028. Ces sociétés, dont les noms n’ont pas été communiqués, ont collectivement préacheté plusieurs exaoctets de capacité de stockage.

Pour les clients traditionnels, cette situation laisse peu de marge. Aucune amélioration notable de la disponibilité n’est attendue avant au moins deux ans.
Des résultats financiers en hausse
Sur le plan financier, Western Digital affiche un chiffre d’affaires trimestriel de 3,02 milliards de dollars, en progression de 25 % sur un an. Le trimestre suivant devrait poursuivre sur cette lancée, avec une hausse anticipée de 40 % en glissement annuel. Le directeur financier, Kris Sennesael, a indiqué que la demande en solutions de stockage pour centres de données devrait continuer à croître.
Un marché concentré entre trois acteurs
Western Digital figure parmi les trois derniers fabricants de disques durs au monde, aux côtés de Seagate et Toshiba. Le marché du stockage grand public est désormais largement dominé par les SSD et les solutions NVMe. L’entreprise a d’ailleurs récemment quitté le marché des SSD pour se concentrer exclusivement sur les disques durs mécaniques.
Cette spécialisation se reflète dans la répartition de son chiffre d’affaires : les clients cloud représentent désormais 89 % des revenus, tandis que le segment grand public ne pèse plus que 5 %.
Le disque dur, loin de la retraite
Malgré la montée en puissance du stockage flash, le disque dur traditionnel conserve un rôle central dans l’infrastructure des centres de données. Western Digital et Seagate poursuivent leurs travaux pour augmenter la densité de données et les vitesses de transfert de leurs disques mécaniques.
L’appétit des géants technologiques pour les infrastructures liées à l’IA, après avoir déjà mis sous tension les approvisionnements mondiaux en SSD et en composants mémoire, exerce désormais une pression comparable sur le marché du stockage magnétique.