Accueil » Actualité » Des investisseurs invitent Intel à se débarrasser de ses activités de fondeur

Des investisseurs invitent Intel à se débarrasser de ses activités de fondeur

Pour eux, entre concevoir et produire, il faut choisir.

Après avoir essuyé l’ire de ses actionnaires à la suite du report du 7 nm, Intel doit maintenant composer avec le mécontentement des membres du fonds d’investissement Third Point ; ces derniers détiennent une participation dans la société d’environ 1 milliard de dollars. Ils ont adressé une lettre à Omar Ishrak, président du conseil d’administration de l’entreprise. Dans celle-ci, ils somment Intel d’envisager de nouvelles « alternatives stratégiques ». Ils suggèrent également à la firme de revoir sa manière de gérer ses employés. Selon eux, les meilleurs éléments seraient « démoralisés par le statu quo ».

Image 1 : Des investisseurs invitent Intel à se débarrasser de ses activités de fondeur

Les investisseurs dressent un portrait peu flatteur de la situation actuelle. Ils accusent notamment la société d’avoir perdu son avance technologique en matière de fabrication et d’accuser désormais un retard sur TSMC ou Samsung. Ils s’inquiètent également de la baisse des parts de marché de la société, au profit d’AMD sur le segment des processeurs grand public et HPC, de NVIDIA dans les domaines relevant de l’intelligence artificielle. Préoccupation également concernant la perte de clients importants : Apple, Amazon, et potentiellement Microsoft. En effet, les équipes de la firme de Redmond travailleraient aussi sur des puces conçues en interne.

Enquête Steam de novembre 2020 : les processeurs d’AMD continuent leur progression

Une éventualité peu probable

Les investisseurs préconisent plusieurs remèdes. Ils suggèrent notamment à Intel de se séparer de ses activités de fondeur.

La société a répondu aux membres de Third Point qu’elle « accueillait favorablement les commentaires de tous les investisseurs concernant l’amélioration de la valeur actionnariale » et qu’elle échangerait avec eux de leurs propositions.

Bon, Intel n’a certainement pas l’intention de se séparer de ses usines, même dans le cadre d’une joint-venture ; au contraire, l’entreprise a récemment publié une vidéo promotionnelle qui relate la manière dont elle est parvenue à doubler sa capacité de production en 3 ans.

En outre, posséder son propre appareil productif est plutôt bénéfique ces derniers temps. Les pénuries auxquelles sont confrontées AMD et NVIDIA depuis plusieurs semaines en témoignent assez bien.

De fait, Intel jouit d’une importante capacité de production ; concrètement, la société produit plus de deux fois plus de semi-conducteurs qu’un géant comme TSMC. C’est d’ailleurs là une des limites à ses possibilités d’externalisation. Aucun groupe n’est en mesure de produire suffisamment pour Intel sans investir massivement dans des lignes supplémentaires. Hormis dans le cadre d’une co-entreprise ou d’un partenariat à long terme, il y aurait sans doute peu de volontaires crédibles.

Or, à ce sujet, si Bob Swan a indiqué qu’Intel déciderait en début d’année prochaine d’une possible externalisation pour le 7 nm, le PDG a bien précisé qu’elle ne serait, le cas échéant, que provisoire.

Maintenant, les inquiétudes des investisseurs sont légitimes : le cours de l’action d’Intel, qui culminait à 68,47 dollars en janvier 2020, est désormais sous les 50 dollars. Nous verrons si la firme réussira à inverser la tendance en 2021.

Source : Reuters